42 matches et seize buts en D1B et D1A avec Mouscron, 108 rendez-vous et 36 pions avec Bruges: c'est ça, le bilan belge d' Abdoulay Diaby, d'origine malienne et né près de Paris. Il s'est entre-temps un peu égaré au Sporting Portugal, à Besiktas et Getafe. En tout cas si on regarde son rendement brut, qui dans ces trois championnats, n'a jamais approché ce qu'il réussissait chez nous. Le garçon revient clairement en mode revanche. On a sélectionné ses plus belles perfs de sa première vie sur nos pelouses. Replay.
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42 matches et seize buts en D1B et D1A avec Mouscron, 108 rendez-vous et 36 pions avec Bruges: c'est ça, le bilan belge d' Abdoulay Diaby, d'origine malienne et né près de Paris. Il s'est entre-temps un peu égaré au Sporting Portugal, à Besiktas et Getafe. En tout cas si on regarde son rendement brut, qui dans ces trois championnats, n'a jamais approché ce qu'il réussissait chez nous. Le garçon revient clairement en mode revanche. On a sélectionné ses plus belles perfs de sa première vie sur nos pelouses. Replay. Dernière journée du tour final, et toujours trois équipes en lice pour la montée, mais Mouscron-Péruwelz est moins bien placé qu'Eupen et Saint-Trond. Une soirée de folie où, à trois moments différents, il y aura autant de promus virtuels. Sur le coup de 22 heures, l'équipe de Rachid Chihab passe devant. Abdoulay Diaby n'est clairement pas un gros cube du championnat de deuxième division. Il est prêté par Lille et ne réalise pas une saison de dingue. Seulement trois buts pendant la compétition régulière, ça n'a pas impressionné grand monde. Ses premiers matches du tour final n'ont pas été fous non plus. On apprend vraiment à le connaître quand il marque le but de la délivrance définitive dans les arrêts de jeu. Mouscron, plus petit budget des quatre participants (on retrouve aussi OHL), provoque une surprise énorme. Et Diaby, qui n'a jamais joué plus haut qu'en Ligue 2 (avec Sedan) avant de venir chez nous, va découvrir la D1A. Les Liégeois sont ridicules sur la pelouse du Canonnier. Devant son banc, Guy Luzon est désemparé. En défense, Dino Arslanagic et Laurent Ciman vivent une soirée cauchemardesque. Ils en ont plein les pieds face au duo offensif qui illumine le début de championnat: Abdoulay Diaby et Steeven Langil. Ils ont déjà joué ensemble à Sedan et la paire vient d'être reconstituée - Diaby a eu Langil au téléphone au moment des négociations et lui a chaudement conseillé de signer. Un troisième homme fait des dégâts: Anice Badri. Ils mettent le feu et le marquoir s'affole. Diaby marque deux fois et donne un assist, ça lui fait déjà trois buts et deux passes décisives, alors qu'on n'en est qu'à la quatrième journée. "Regardez ma cheville, je me suis fait allumer par les défenseurs", se plaint Langil après le match. Diaby ne dit pas autre chose. Il y a eu de la frustration et, partant de là, les réactions antisportives qui vont de pair. "C'était le match d'une équipe professionnelle contre une Division d'Honneur": Adrien Trebel est cash après cette raclée historique. Les deux clubs étaient dans le dur: Bruges venait de se faire laminer en préliminaires de Ligue des Champions, 0-4 face à Manchester United. Le Standard avait viré Slavo Muslin quelques heures avant le coup d'envoi, expédiant Eric Deflandre au feu comme T1 dépanneur. Après huit minutes, on sait que c'est terminé. Abdoulay Diaby a déjà débloqué le marquoir. Il le fera encore trois fois. Sifflé par les supporters du Club pendant le match contre United, tellement il était maladroit ce soir-là, il savoure: " Michel Preud'homme n'a jamais arrêté de me défendre, malgré mon manque d'efficacité depuis le début de la saison." Il vient de signer son premier quadruplé en match officiel chez les pros, et emmène maintenant le classement des buteurs. Il récupère le maillot avec le taureau doré qu'il a porté un an plus tôt. Abdoulay Diaby a une relation compliquée avec les matches européens. Il en a disputé quatorze avec Bruges (tours préliminaires et phase de poules en Europa League et en Ligue des Champions) et n'a pas marqué une seule fois. Il a juste délivré un assist. Mais un assist qui a compté. Quand le Club reçoit le Legia Varsovie pour le compte de la quatrième journée, la victoire est impérative pour ne pas être déjà éliminé. Michel Preud'homme a signalé que seuls les trois points comptaient, peu importe la manière. Ses joueurs appliquent la recette. Ce soir-là, Bruges n'est pas beau, mais il est concret. Et donc, Diaby donne sa seule passe décisive européenne avec un maillot belge sur le dos. Une passe en direction de Thomas Meunier, qui conclut et marque de gros points en vue d'un transfert vers un autre championnat. Au final, cette victoire ne sera quand même pas suffisante pour passer l'hiver sur la scène de l'Europa League. "Ce sera ma première finale au niveau professionnel, ce sera donc forcément un moment magique." Abdoulay Diaby prononce ces mots après la qualification face à La Gantoise, bête noire des Brugeois cette année-là. Il ajoute: "Il faut répondre présent dans les grands moments. Je suis content de mes statistiques, mais il reste un match." Un match, une finale que le Club perdra contre le Standard. Mais Diaby est le grand bonhomme du parcours flandrien. À ce moment-là, il est co-meilleur buteur du championnat, mais aussi le meilleur réalisateur en Coupe. Il a mis deux buts en quarts de finale, un autre lors de la demi-finale aller à Gand, puis celui-ci décisif au retour. Dans la presse du lendemain, on lit notamment qu'il ne faut plus se poser la question de savoir si le montant de son transfert (2,5 millions) était justifié ou pas. Il conclut son laïus d'après-qualif' par un imparable "C'est pour marquer des buts que Bruges est venu me chercher." Les données sont limpides au coup d'envoi de ce Topper: si le Club bat Anderlecht, il sera à nouveau champion, pour la première fois depuis onze ans et l'époque Trond Sollied. L'ambiance au Jan Breydel est torride, avec les fumigènes et tout le reste. Au moment où le public applaudit en hommage à François Sterchele, à la 23e minute, Diaby fait le boulot en trompant Silvio Proto d'une reprise de la tête. Le stade explose. Cinq minutes plus tard, il refait le coup: 2-0, il ne peut plus rien arriver aux Brugeois. Ils en mettront deux de plus dans la cage mauve. Diaby vient de mettre la cerise sur le gâteau d'une saison pleine: vingt buts marqués, toutes compétitions confondues. Et aussi neuf passes décisives. Il est l'un des grands héros de la journée. Après le match, il se lâche. Dans un premier temps, les supporters de Bruges restent assis, comme on le leur a demandé. Mais dès que les joueurs soulèvent ce trophée tellement attendu, l'envahissement de la pelouse devient inévitable. "Sans les play-offs, on serait déjà champions. Malheureusement, il y a ce système." C'est l'analyse d'Abdoulay Diaby après une nouvelle démonstration contre les Mauves, relégués à déjà treize points du Club avant les fêtes de fin d'année. Bruges n'avait jamais signé un score pareil contre Anderlecht. Et Diaby confirme que le Sporting est l'une de ses victimes privilégiées en championnat de Belgique. Cette fois, il marque deux buts dans le temps complémentaire de la première mi-temps, il donne ensuite un assist, avant d'avoir un petit mouvement d'humeur au moment où Bruges hérite d'un penalty. Il aurait voulu en mettre un troisième, mais c'est finalement Jelle Vossen qui se charge de la conversion. On entend que cette saison pourrait bien être la sienne, il tempère: "Je ne me prends pas la tête avec ça." Et pendant qu'il livre son analyse de la démonstration, un équipier enfonce le clou: "Est-ce que c'était le plus mauvais Anderlecht contre lequel on a joué? Peut-être bien." Bruges a survolé la phase classique, mais là, en pleins play-offs, il y a un peu le feu quand même parce que le Standard de Ricardo Sa Pinto est en train de signer une remontée historique. Le lendemain de ce rendez-vous, la presse évoquera une "propagande pour le football offensif", un "spectacle de haut vol." Et deux hommes dans les rôles principaux: Junior Edmilson côté liégeois, Diaby côté brugeois. Tous deux signent un doublé. On ne le sait pas encore à ce moment-là, mais le Franco-Malien est occupé à boucler sa tournée d'adieu sur nos pelouses - son transfert à Lisbonne sera officialisé durant l'été. Après ce rendez-vous, il ne jouera plus que deux matches avec Bruges, loupant les trois derniers, dont celui du titre, à Sclessin, pour cause de blessure. Deux matches d'adieu dont il profitera encore pour marquer une fois contre Anderlecht. Au moment de dresser son bilan, c'est contre le Standard et Anderlecht qu'il a marqué le plus de buts.