Jusqu'ici, Kompany a bien plus marqué les esprits comme orateur que comme entraîneur. Il se plaint rarement et il a une explication pour tout. Son équipe est montée sur le terrain de Bruges, dimanche, sans aucun complexe. Le Club a beau être le meilleur onze du pays, ça n'a pas préoccupé le coach. Il voulait gagner ce match. Simplement, il arrive un moment où il faut convertir les paroles en actes.
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Jusqu'ici, Kompany a bien plus marqué les esprits comme orateur que comme entraîneur. Il se plaint rarement et il a une explication pour tout. Son équipe est montée sur le terrain de Bruges, dimanche, sans aucun complexe. Le Club a beau être le meilleur onze du pays, ça n'a pas préoccupé le coach. Il voulait gagner ce match. Simplement, il arrive un moment où il faut convertir les paroles en actes. Dans ce Topper, Anderlecht a été surclassé. Dans tous les domaines. En début de saison, le club a rappelé les grandes lignes de son process et son souhait d'intégrer des jeunes. Mais, jour après jour, il est rattrapé par les erreurs de sa direction et par les conséquences de dépenses XXL. Ici, on ne doit pas pointer du doigt uniquement les actes de Roger Vanden Stock et Herman Van Holsbeeck. On doit aussi mentionner les millions dilapidés par Marc Coucke pour attirer des joueurs qui n'ont rien apporté sur le terrain. Avec une base financière aussi bancale, c'est difficile d'évoquer un projet qu'on avait idéalisé il y a un peu plus d'un an, mais qui a été mis au frigo dès l'arrivée de Franky Vercauteren. La vente (nécessaire) de Jérémy Doku doit aider Anderlecht à retrouver son équilibre financier et permettre au club de conserver plus longtemps son patrimoine. Avant cela, les Mauves ne retrouveront pas leur éclat, quels que soient les plans ambitieux dévoilés par la direction. Et les nouveaux décideurs, Wouter Vandenhaute et Karel Van Eetvelt, ne pourront rien y changer. Anderlecht doit tout recommencer. En attendant, le fossé par rapport au Club Bruges, l'ennemi héréditaire, ne cesse de se creuser. Ainsi, pendant que le Sporting était incapable de conserver Jérémy Doku, le champion en titre prolongeait les contrats de Simon Mignolet et Hans Vanaken jusqu'en 2025. Bien sûr, ça ne veut pas dire que ces deux piliers resteront à Bruges jusqu'à cette date, mais ça prouve une nouvelle fois qu'il y a un monde de différence entre la politique sportive du Club et celle du Sporting. Cette différence était parfaitement visible sur le terrain, dimanche dernier. Bruges était enthousiaste, dominant, à son meilleur niveau après un début de match parfois hésitant. Anderlecht était inférieur, avec quelques gamins qui voulaient, mais ne pouvaient pas, avec une ligne médiane surclassée, avec une défense qui multipliait les erreurs. Autre équipe qui a montré ses limites lors des derniers jours : Charleroi. Après l'élimination aux portes des poules de l'Europa League, c'est le clash wallon contre le Standard qui n'a pas été bien négocié. Le parcours des Liégeois, avec une jeune équipe, vaut le coup d'oeil. Contre Charleroi, il y avait dans l'équipe cinq joueurs âgés de 22 ans ou moins. Et un sixième, Michel-Ange Balikwisha, est entré en cours de match. Philippe Montanier se préoccupe très peu du vécu des joueurs qu'il a sous la main, il fait ses choix en tenant compte du boulot abattu pendant la semaine. On entend régulièrement des entraîneurs belges se plaindre en voyant que nos clubs se tournent aussi facilement vers des confrères (parfois inconnus) venus de l'étranger. Cet été, on en a vu débarquer qui apportent clairement une plus-value à notre championnat. On peut citer Montanier, mais aussi Alexander Blessin, qui a transformé Ostende, et Paul Clement, qui a intégré de nombreux nouveaux joueurs au Cercle à la vitesse de l'éclair. Des coaches qui prônent un football offensif. Et qui ne passent pas leur temps à faire des déclarations tapageuses.