Dans trois des quatre premiers matches de championnat, le niveau de jeu anderlechtois a diminué de façon dramatique en deuxième mi-temps et les joueurs adverses n'étaient plus pris en charge. Samedi soir, Samir Nasri a réfuté l'hypothèse d'un souci de condition physique. Pour étayer ça, il a fait allusion aux données GPS des Mauves. Si on s'intéresse au nombre de kilomètres parcourus, on ne peut pas lui donner tort. Mais dans le foot moderne, il s'agit de privilégier l'intensité et surtout les sprints à 25 km/h minimum.

Jusqu'à nouvel ordre, le préparateur physique Bram Geers garde la confiance de Vincent Kompany. Ce jeune Limbourgeois, qui est passé près du C4 la saison dernière et était simplement data analitics officer, est même un interlocuteur privilégié de Kompany au moment où il faut composer le groupe pour les matches. Mais à voir l'effondrement chronique en deuxième mi-temps, on peut se demander si les joueurs sont physiquement prêts pour appliquer le style de jeu voulu par Kompany. À Neerpede, on s'est déjà fait une idée : il y a trop d'exercices de courses avec ballon et trop peu d'intensité. Les joueurs auraient peut-être eu besoin de se mettre plus souvent dans le rouge pendant la préparation.

À côté de l'élément physique, on constate aussi, depuis l'ouverture du championnat, un manque de maturité devant le but adverse. Kompany a abordé le problème sur une boutade : " Si on a besoin de dix occasions pour mettre un but, alors il faut qu'on s'en crée une vingtaine par match. " Il manque à Anderlecht un tueur de la trempe de David Okereke, Ally Samatta ou Dieumerci Mbokani. Alors que Bruges, Gand, l'Antwerp et le Standard ont déjà marqué plus de dix buts, Anderlecht cale à trois seulement. Et on a aujourd'hui la confirmation que Vincent Kompany et Michael Verschueren ont pris un gros risque en entamant le championnat sans pointe spécifique. Mais l'essence du message de Kompany n'a pas changé : pas de compromis.

Alors, on peut quelque part comprendre son choix d'évoluer avec un faux numéro 9. Il préfère mettre un Pieter Gerkens qui court et donne tout qu'un vrai 9 qui ne remplirait que la moitié des missions qu'il lui confie. Faire changer Kompany d'avis, c'est mission presque impossible. Il a ses idées, et son entêtement l'empêche d'être flexible. Par exemple, il n'a pas dévié de son idée d'aligner Killian Sardella alors que certaines personnes au club considéraient qu'il était encore trop tendre pour être titulaire.

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