Mbokani constituait un transfert risqué. Il avait l'image d'une vedette repue, se déplaçant dans une Bentley aux sièges recouverts de cuirs bordeaux, une vedette qui avait échoué à l'AS Monaco et au VfL Wolfsbourg. Ironie du sort, il s'était blessé dès son premier entraînement à Bruxelles. Pareil début était plutôt tragico-comique, surtout après un épisode peu glorieux de sa carrière.

Puis le destin l'a frappé, impitoyablement, et la perception qu'on avait de lui a changé du tout au tout : derrière le footballeur nonchalant et parfois arrogant se dissimulait un homme fragile. Ses échecs en France et en Allemagne ont appris à Mbokani la différence qu'il y a entre être soutenu et abandonné à son sort. Jour et nuit, à Anderlecht, quelqu'un a été à sa disposition. Ils ont surmonté ensemble ce chagrin. Jacobs maîtrise, mieux que tout autre, l'art de faire les bons compromis. Il a permis à sa vedette d'être elle-même sans s'isoler du groupe. Un profond respect a uni les deux hommes. Pas plus que Romelu Lukaku, qui entretient toujours des rapports chaleureux avec Jacobs, Mbokani ne l'a oublié.

La nouvelle saison, la deuxième de son retour, avait déjà commencé quand Mbokani a pris contact avec son ancien entraîneur, lui demandant s'il n'avait pas besoin de lui à Copenhague. Quelque chose lui manquait. Ou plutôt quelqu'un qui le comprenne. Ses rapports avec le nouvel entraîneur de Bruxelles n'étaient pas faciles. John van den Brom ne parlait pas un mot de français, il ne connaissait ni le footballeur ni l'homme. La réputation de la vedette anderlechtoise s'arrêtait à la frontière belgo-néerlandaise. Mais, aux yeux de Jacobs, le Danemark ne convenait pas à Dieu. Ni le pays ni le football. Aussi le coach a-t-il convaincu le joueur de continuer à travailler d'arrache-pied, de retenir les leçons de ses aventures à l'étranger et de ne pas renoncer à ses rêves de Premier League.

PAR JAN HAUSPIE

Mbokani constituait un transfert risqué. Il avait l'image d'une vedette repue, se déplaçant dans une Bentley aux sièges recouverts de cuirs bordeaux, une vedette qui avait échoué à l'AS Monaco et au VfL Wolfsbourg. Ironie du sort, il s'était blessé dès son premier entraînement à Bruxelles. Pareil début était plutôt tragico-comique, surtout après un épisode peu glorieux de sa carrière. Puis le destin l'a frappé, impitoyablement, et la perception qu'on avait de lui a changé du tout au tout : derrière le footballeur nonchalant et parfois arrogant se dissimulait un homme fragile. Ses échecs en France et en Allemagne ont appris à Mbokani la différence qu'il y a entre être soutenu et abandonné à son sort. Jour et nuit, à Anderlecht, quelqu'un a été à sa disposition. Ils ont surmonté ensemble ce chagrin. Jacobs maîtrise, mieux que tout autre, l'art de faire les bons compromis. Il a permis à sa vedette d'être elle-même sans s'isoler du groupe. Un profond respect a uni les deux hommes. Pas plus que Romelu Lukaku, qui entretient toujours des rapports chaleureux avec Jacobs, Mbokani ne l'a oublié. La nouvelle saison, la deuxième de son retour, avait déjà commencé quand Mbokani a pris contact avec son ancien entraîneur, lui demandant s'il n'avait pas besoin de lui à Copenhague. Quelque chose lui manquait. Ou plutôt quelqu'un qui le comprenne. Ses rapports avec le nouvel entraîneur de Bruxelles n'étaient pas faciles. John van den Brom ne parlait pas un mot de français, il ne connaissait ni le footballeur ni l'homme. La réputation de la vedette anderlechtoise s'arrêtait à la frontière belgo-néerlandaise. Mais, aux yeux de Jacobs, le Danemark ne convenait pas à Dieu. Ni le pays ni le football. Aussi le coach a-t-il convaincu le joueur de continuer à travailler d'arrache-pied, de retenir les leçons de ses aventures à l'étranger et de ne pas renoncer à ses rêves de Premier League. PAR JAN HAUSPIE