À la Toussaint, alors qu'Anderlecht restait sur un bilan de 1 sur 6 face à Eupen et Lokeren, Marc Coucke s'exprimait sur Twitter : " J'avoue que cette équipe ne produit pas ce qu'on attendait d'elle. Continuons à travailler dur pour rendre du plaisir aux fans de ce club formidable. Désolé mais ne baissons pas les bras, nous devons y arriver. "
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À la Toussaint, alors qu'Anderlecht restait sur un bilan de 1 sur 6 face à Eupen et Lokeren, Marc Coucke s'exprimait sur Twitter : " J'avoue que cette équipe ne produit pas ce qu'on attendait d'elle. Continuons à travailler dur pour rendre du plaisir aux fans de ce club formidable. Désolé mais ne baissons pas les bras, nous devons y arriver. " Une semaine plus tard, Anderlecht s'inclinait 2-0 à Fenerbahçe et était le premier des 48 participants de l'Europa League à être officiellement éliminé. Le Sporting a eu 59 % de possession de balle et a accumulé près de 300 passes de plus que les Turcs, avec un taux de réussite de 90 %. Mais il n'a rien fait de ces ballons : huit tirs au but, tous hors cadre ! Les matches d'Anderlecht font parfois figure de film de série B : un mauvais scénario, des scènes manquant de subtilité et une fin trop prévisible. Ce qui s'est passé en Turquie, on le sentait venir depuis des semaines. Anderlecht manque de vitesse, d'imagination, de leaders et de buteurs. C'est surtout ce dernier point qui inquiète Hein Vanhaezebrouck. Cette saison, seuls huit joueurs ont marqué et le duo Ivan Santini- Landry Dimata, désormais démantelé, a inscrit 61 % des 31 buts. Voici peu, un joueur a admis qu'avec le 3-4-3, toutes les attaques devaient finir dans les pieds de Santini ou Dimata. Vanhaezebrouck place pourtant quatre hommes dans le rectangle et un à l'entrée de celui-ci mais ceux-ci manquent de présence ou ratent lamentablement. " Les actions sont là ", dit Adrien Trebel. " Le meilleur exemple, c'est Francis Amuzu : à l'entraînement, il marque comme il respire. Mais en match, il a peur de tenter sa chance. Je crois qu'il doit tirer dans toutes les positions. Ça vaut d'ailleurs pour tout le monde, ça ne peut nous faire que du bien. " Les changements tactiques prouvent que Vanhaezebrouck n'est pas aussi têtu qu'on veut bien le dire. Jusqu'à fin octobre, il a tenu bon avec sa défense à trois mais lors des trois derniers matches, Anderlecht a rejoué à quatre derrière. HVH a des principes mais il commence à comprendre que ça vaut parfois la peine de tenter autre chose, même si les joueurs n'ont rien demandé. " Pourquoi demanderais-je à changer alors qu'avec Hein, j'ai toujours joué devant une défense à trois ", disait Sven Kums après le match à Waasland-Beveren. " L'entraîneur a estimé que c'était mieux de rejouer à quatre. Ça facilite le travail de la défense. " Malgré les éliminations en Coupe de Belgique et en Coupe d'Europe, malgré un parcours chaotique en championnat, Coucke assure que la place de Vanhaezebrouck n'est pas remise en cause. L'entraîneur n'a pas besoin du soutien public du boss pour aller de l'avant. La sérénité et le calme dont il fait preuve étonnent. Il parle beaucoup, parfois trop, et ne montre pas qu'il est sous pression. Ou alors, il cache bien son jeu. Selon certains collaborateurs du club, la seule chose qui compte pour lui, c'est le bien du club. C'est lui qui a demandé à ce que tout le noyau A assiste au match de Youth League contre Kiev avant le déplacement à Istanbul. Les joueurs ont suivi la rencontre depuis les loges puis sont partis au vert dans les environs de Zaventem. Pour le moment, les résultats ne plaident pas en sa faveur mais les habitués de Neerpede disent qu'il y a des années que l'ambiance n'a plus été aussi bonne. La relation entre les entraîneurs de l'équipe A et des espoirs est excellente et les joueurs s'entendent bien. On l'a vu dimanche contre Gand car, trois jours après l'élimination européenne, Anderlecht a montré un tout autre visage. Avec un peu de chance et en étant diminué -le voyage en Turquie a coûté cher à la moitié des joueurs- les Bruxellois ont battu leur bête noire à domicile. Deux constats : Yevhen Makarenko, Trebel et Kums sont capables de bien plus que de se faire des passes latérales et Thomas Didillon a rentré sa troisième clean sheet de la saison. Après le match, il est allé embrasser ses défenseurs centraux, Bubacarr Sanneh et James Lawrence. Tout le monde était heureux pour lui. Le Français est un des leaders de l'équipe et tout le monde sait qu'il travaille dur. Anderlecht termine la première moitié de la phase classique à un point du Club Bruges et la balle est désormais dans le camp de Coucke. Au printemps, l'homme d'affaire a fait campagne pour ramener de l'ambiance au stade et il a été entendu. Mais ces dernières semaines, sa cote de popularité a chuté et il a de la chance que Luc Devroe soit considéré comme le grand responsable du malaise actuel. Ses tweets lui sont revenus en pleine figure, comme un boomerang. Quelques heures après la clôture du marché des transferts, il ne cachait pas sa joie : " 16 arrivées, 16 départs, 3 contrats essentiels prolongés, 12 premiers contrats pros pour les jeunes. L'attaque et la défense sont renforcées, le milieu de terrain a été conservé. Les fans sont là ! Nous sommes prêts. " Ce tweet prouve que Coucke a largement surestimé le noyau. Il l'a d'ailleurs reconnu après le match à Fenerbahçe. " Il y a trop de points faibles. " Cela l'incitera peut-être à engager un attaquant, un médian créatif et un défenseur. Car un homme de son standing ne veut pas passer pour le président de l'équipe d'Anderlecht la plus faible du siècle.