Paul Van Himst à propos...

...d'Anderlecht et l'Europe : "Il faut être réaliste : compte tenu des budgets des clubs en Ligue des Champions, le Sporting ne décrochera jamais la timbale à ce niveau. Ce n'était déjà pas le cas à mon époque, aussi bien comme joueur que comme entraîneur, lorsque les différences en matière de moyens financiers n'étaient pas encore à ce point marquées. Mais en Europa League, l'équivalent de l'ancienne Coupe de l'UEFA, je reste convaincu qu'Anderlecht peut, à terme, nourrir certaines ambitions. Cette saison déjà, il est dans une poule jouable. Reste à voir, évidemment, si à un stade plus avancé, l'équipe actuelle peut ambitionner davantage, étant donné qu'elle est quand même en pleine phase de reconstruction. Mais dans un avenir plus ou moins proche, à condition d'apporter les retouches requises, elle peut voir plus haut. Pour les Mauves, l'exemple à imiter, ce sont des clubs comme le FC Bâle, Porto ou même Séville, qui n'ont pas les budgets les plus astronomiques mais qui parviennent quand même, chaque saison, à se mettre en évidence sur la scène européenne."

...de ce qu'il manque actuellement à Anderlecht : "Je reste sur ma faim concernant la place de régisseur. Un Knowledge Musona, un Ryota Morioka, un Pieter Gerkens peuvent s'y tirer d'affaire mais ils n'ont pas le rayonnement de ceux qui, chez la concurrence, occupent la même fonction. Je songe à Hans Vanaken au Club Bruges, Alejandro Pozuelo à Genk voire un Mehdi Carcela au Standard. À la limite, un Luis Garcia à Eupen serait plus indiqué lui aussi, dans ce même rôle. Dommage qu'il ne soit plus de prime jeunesse. De fait, depuis le retrait de Pär Zetterberg, Anderlecht ne dispose plus d'un régisseur de haut vol. L'Egyptien Ahmed Hassan n'était pas mal non plus mais il n'avait pas le même impact sur ses équipiers et le jeu que le Suédois. En soi, je comprends pourquoi le club a fait le forcing pour enrôler, in extremis, Lazar Markovic. Car celui-là avait le profil d'un véritable numéro 10. Comme moi jadis ? Je crois effectivement qu'un bon Van Himst serait utile dans l'équipe actuelle (il rit). En tant qu'attaquant en retrait, je marquais tout de même facilement. Sans compter que j'amenais pas mal de buts aussi. Tout bien considéré, mon profil se rapprochait de celui de Kevin De Bruyne actuellement. À cette différence près que je trouvais plus facilement l'ouverture que lui. C'est dû à sa position sur le terrain, davantage en retrait que moi. Je préférerais le voir évoluer un cran plus haut chez les Diables. Dans ce cas, il serait encore plus performant à mes yeux."

...de la performance des Diables au Mondial : " Quand on a été aussi proche du but, après voir éliminé le Brésil de surcroît, il y a de quoi se mordre les doigts. Mais il ne faut pas, non plus, jeter la pierre à l'équipe de France. C'est une formation qui sait à la fois bien défendre et bien attaquer, selon les circonstances. Elle est complète. Nous, on ne doit pas faire la fine bouche. Une troisième place, pour un petit pays comme le nôtre, c'est pas mal. Et ce n'est peut-être que le début d'une belle histoire."

...d'Eden Hazard : "On verra ce que le futur réserve mais je n'hésite pas à dire qu'il est aussi bon que moi, même si nos rôles ne sont pas les mêmes. Il n'empêche que je suis fan. Un grand fan, même. J'ose espérer qu'il jouera un jour au Real Madrid, comme lui-même en a toujours rêvé. En réalité, ça fait deux ans qu'il devrait jouer là-bas. Zinédine Zidane aurait dû faire l'impossible pour convaincre Florentino Perez. Eden Hazard, c'est un Paco Gento, icône du club merengue à mon époque, mais plus fort encore. Sans doute Gento était-il plus rapide. Mais les dribbles et la conduite de balle d'Eden feraient chavirer le stade Bernabeu de bonheur."

Par Bruno Govers

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Paul Van Himst dans votre Sport/Foot Magazine

Paul Van Himst à propos......d'Anderlecht et l'Europe : "Il faut être réaliste : compte tenu des budgets des clubs en Ligue des Champions, le Sporting ne décrochera jamais la timbale à ce niveau. Ce n'était déjà pas le cas à mon époque, aussi bien comme joueur que comme entraîneur, lorsque les différences en matière de moyens financiers n'étaient pas encore à ce point marquées. Mais en Europa League, l'équivalent de l'ancienne Coupe de l'UEFA, je reste convaincu qu'Anderlecht peut, à terme, nourrir certaines ambitions. Cette saison déjà, il est dans une poule jouable. Reste à voir, évidemment, si à un stade plus avancé, l'équipe actuelle peut ambitionner davantage, étant donné qu'elle est quand même en pleine phase de reconstruction. Mais dans un avenir plus ou moins proche, à condition d'apporter les retouches requises, elle peut voir plus haut. Pour les Mauves, l'exemple à imiter, ce sont des clubs comme le FC Bâle, Porto ou même Séville, qui n'ont pas les budgets les plus astronomiques mais qui parviennent quand même, chaque saison, à se mettre en évidence sur la scène européenne."...de ce qu'il manque actuellement à Anderlecht : "Je reste sur ma faim concernant la place de régisseur. Un Knowledge Musona, un Ryota Morioka, un Pieter Gerkens peuvent s'y tirer d'affaire mais ils n'ont pas le rayonnement de ceux qui, chez la concurrence, occupent la même fonction. Je songe à Hans Vanaken au Club Bruges, Alejandro Pozuelo à Genk voire un Mehdi Carcela au Standard. À la limite, un Luis Garcia à Eupen serait plus indiqué lui aussi, dans ce même rôle. Dommage qu'il ne soit plus de prime jeunesse. De fait, depuis le retrait de Pär Zetterberg, Anderlecht ne dispose plus d'un régisseur de haut vol. L'Egyptien Ahmed Hassan n'était pas mal non plus mais il n'avait pas le même impact sur ses équipiers et le jeu que le Suédois. En soi, je comprends pourquoi le club a fait le forcing pour enrôler, in extremis, Lazar Markovic. Car celui-là avait le profil d'un véritable numéro 10. Comme moi jadis ? Je crois effectivement qu'un bon Van Himst serait utile dans l'équipe actuelle (il rit). En tant qu'attaquant en retrait, je marquais tout de même facilement. Sans compter que j'amenais pas mal de buts aussi. Tout bien considéré, mon profil se rapprochait de celui de Kevin De Bruyne actuellement. À cette différence près que je trouvais plus facilement l'ouverture que lui. C'est dû à sa position sur le terrain, davantage en retrait que moi. Je préférerais le voir évoluer un cran plus haut chez les Diables. Dans ce cas, il serait encore plus performant à mes yeux."...de la performance des Diables au Mondial : " Quand on a été aussi proche du but, après voir éliminé le Brésil de surcroît, il y a de quoi se mordre les doigts. Mais il ne faut pas, non plus, jeter la pierre à l'équipe de France. C'est une formation qui sait à la fois bien défendre et bien attaquer, selon les circonstances. Elle est complète. Nous, on ne doit pas faire la fine bouche. Une troisième place, pour un petit pays comme le nôtre, c'est pas mal. Et ce n'est peut-être que le début d'une belle histoire."...d'Eden Hazard : "On verra ce que le futur réserve mais je n'hésite pas à dire qu'il est aussi bon que moi, même si nos rôles ne sont pas les mêmes. Il n'empêche que je suis fan. Un grand fan, même. J'ose espérer qu'il jouera un jour au Real Madrid, comme lui-même en a toujours rêvé. En réalité, ça fait deux ans qu'il devrait jouer là-bas. Zinédine Zidane aurait dû faire l'impossible pour convaincre Florentino Perez. Eden Hazard, c'est un Paco Gento, icône du club merengue à mon époque, mais plus fort encore. Sans doute Gento était-il plus rapide. Mais les dribbles et la conduite de balle d'Eden feraient chavirer le stade Bernabeu de bonheur."Par Bruno GoversRetrouvez l'intégralité de l'interview de Paul Van Himst dans votre Sport/Foot Magazine