Au plus fort des années de règne d'Herman Van Holsbeeck, la cellule de scouting d'Anderlecht était devenue un sujet de moquerie. Dans les tribunes du Parc Astrid, on regardait toujours d'un air circonspect les joueurs débarqués avec l'étiquette de " talent débusqué par le scouting ". Des exceptions à l'heure où Mogi Bayat dominait les allées et venues du mercato mauve, et rarement des réussites. Atterri à Bruxelles avec l'étiquette de sensation du championnat brésilien dénichée par le scouting anderlechtois, le latéral droit Rafael Galhardo était l'un des ultimes exemples en date de cette longue série de fiascos.

Peter Verbeke a amené à Neerpede une liste de plusieurs centaines de profils intéressants. Pour tous les postes, et venus de partout.

Pourtant, dans les coulisses de Neerpede, plusieurs révolutions ont été tentées. Quand il était team manager du Sporting, Gunther Van Handenoven avait ainsi en tête de lancer à Anderlecht une version belge de Moneyball, célèbre livre américain adapté au cinéma avec Brad Pitt en haut de l'affiche. Pour composer une équipe de baseball compétitive avec un budget minime, le manager général des Oakland Athletics se fie alors aux statistiques et monte un noyau qui obtient des résultats exceptionnels.

Dans le bureau d'Herman Van Holsbeeck, un spécialiste de l'analyse de données lui parle notamment de Dario Benedetto, alors attaquant de Boca Juniors et aujourd'hui installé sur le front de l'attaque de Marseille. Le changement de présidence à la tête du Sporting range le projet aux oubliettes, malgré l'intérêt aigu porté aux statistiques par Hein Vanhaezebrouck. Les statisticiens et les minutieux analystes trouvent leur bonheur loin de la capitale, notamment à Bruges ou à Genk, principales places fortes du scouting de qualité en Belgique.

PLACE AU SCOUTING

Embarqué dans sa phase de reconstruction, Anderlecht a d'abord misé sur les jeunes. Dès son arrivée à la tête du club, Marc Coucke a offert des contrats aux jeunes joueurs les plus talentueux de Neerpede, faisant notamment le forcing pour conserver le dynamiteur Jérémy Doku malgré l'intérêt prononcé de Liverpool, ou résistant aux assauts d'Arsenal pour attirer Killian Sardella de l'autre côté de la Manche.

Une fois installé comme figure de proue du projet, Vincent Kompany a insisté sur la qualité de Neerpede, impressionné par les talents qui maniaient le ballon sous ses yeux. L'idée était de les encadrer de routiniers, attirés grâce aux réseaux et au charisme du Prince. Avec des fortunes diverses, notamment dues à la motivation des joueurs en question. Samir Nasri, par exemple, tentait encore de trouver un riche employeur dans les pays du Golfe quelques heures avant d'accepter la proposition bruxelloise.

Vincent Kompany haranguant ses troupes: une scène typique d'avant-match., BELGAIMAGE
Vincent Kompany haranguant ses troupes: une scène typique d'avant-match. © BELGAIMAGE

Puisque les ressources de Neerpede n'étaient pas infinies, Anderlecht devait trouver d'autres viviers dans lesquels alimenter son football renouvelé. Dès son arrivée dans son nouveau rôle de " conseiller externe " du club, Wouter Vandenhaute a ainsi insisté pour que Peter Verbeke rejoigne la capitale. Passé de Bruges à Gand un an plus tôt, avec quelques transferts brillants épinglés à la boutonnière, celui qui était appelé à devenir le successeur de Michel Louwagie à la Ghelamco Arena n'a pas résisté à l'appel du club le plus titré du pays.

Séduit par le discours de Vincent Kompany, qui lui a confirmé son implication à long terme dans le projet bruxellois, Verbeke a donc quitté un club gantois où il se sentait sans doute parfois à l'étroit, bloqué par l'omnipotence de Louwagie à Gand comme il l'avait été par celle de Vincent Mannaert à Bruges.

Contrairement à ce qu'il s'était produit lors de son passage d'une Flandre à l'autre, Verbeke n'est pas arrivé à Neerpede les mains vides. Dans ses valises digitales, il a amené une liste de plusieurs centaines de profils intéressants. À tous les postes, et venus de partout. Parce que le nouveau patron de la cellule de scouting n'a pas l'habitude de se fixer des frontières. Son credo, c'est que le talent se déniche dans tous les championnats, même ceux que les clubs belges ont moins l'habitude d'observer. Des joueurs peuvent évoluer en Égypte ou en Slovaquie, et tout de même se faire une place dans la base de données.

LE FILTRE DES CHIFFRES

Avec quelques années de retard sur ce que certains espéraient, Moneyball fait donc bien son apparition à Anderlecht. La méthode Verbeke, c'est de se créer une image scientifique d'un joueur grâce à un faisceau de données, fournies par ses analystes qui travaillent sans relâche sur les programmes qui débordent de statistiques en tous genres, sur l'immense majorité des championnats professionnels de la planète.

Si les réussites à mettre à son actif jusqu'à présent sont surtout des profils offensifs, il est également à la base des recrutements gantois aux postes d'arrières latéraux l'été dernier. En ciblant des profils particulièrement en phase avec les exigences du football moderne et de sa dimension physique. Les données de vitesse, d'explosivité et d'agilité sont ainsi surveillées avec un soin particulier à l'heure de cibler des recrues.

Pas question, pour autant, de snober les agents dans ce mode de fonctionnement. Peter Verbeke reçoit une quarantaine de propositions de joueurs chaque jour, et les fait passer au révélateur statistique avant d'éventuellement y donner suite. Il n'hésite même pas à appeler des agents de son propre chef, pour prendre ses renseignements sur l'un ou l'autre joueur.

Parfois, sans donner suite, alors que les agents en question pensaient le club de Verbeke intéressé. S'il n'est généralement pas celui qui met le doigt sur un joueur talentueux, il est ensuite particulièrement doué pour réduire la marge d'erreur quant à sa capacité d'adaptation.

Contrairement à une bonne partie des personnes impliquées dans le monde du recrutement, Peter Verbeke ne se limite pas à un réseau réduit de personnes de confiance. Il s'est construit des relations très étendues, au point d'être en mesure de trouver une oreille qui traîne dans de nombreux vestiaires. Une manière de connaître la façon dont un joueur vit dans un groupe, de screener son caractère et d'ainsi compléter définitivement son profil, après s'être basé sur les statistiques pour dresser ses qualités sur la pelouse.

LE TALENT ET LES DATAS

Au bout du compte, la position sur le terrain importe peu. Au-delà de vouloir se renforcer pour dresser une ossature précise du noyau à chaque poste, le nouvel homme fort du scouting mauve cherche avant tout des talents. Ce n'est pas parce qu'un numéro 6 indéboulonnable est installé devant sa défense qu'il se privera d'en attirer un autre. À Gand, par exemple, il a insisté cet hiver pour débaucher Sulayman Marreh alors que le robuste Elisha Owusu est l'une des révélations de la saison devant la défense des Buffalos. Sa philosophie est simple : s'il y a plusieurs joueurs talentueux au même poste, il suffit de travailler leur polyvalence pour faire en sorte d'en installer le plus possible sur le terrain.

Même si son retour à Gand est une réussite, le transfert de Laurent Depoitre ne correspond pas aux méthodes de Verbeke. C'est un coup typique de Louwagie, parfois nostalgique des réussites du titre et désireux d'obtenir du rendement à court terme. Verbeke, lui, mise plutôt sur le potentiel de développement, et les bénéfices que cela pourra apporter à la revente quelques mois ou années plus tard.

Comme pour les jeunes, l'objectif final est de réaliser une belle plus-value, et donc d'accumuler un maximum de talent. Afin de réduire les coûts de fonctionnement d'un club qui semble vivre au-dessus de ses moyens, comme le montrent les derniers bilans comptables, Anderlecht se prépare à construire une équipe au coût le plus démocratique possible, et à multiplier le prix à travers les performances collectives d'un potentiel développé au sein du club. C'était déjà le but de Marc Coucke, quand il a mis sous contrat ces nombreux jeunes à son arrivée : se baser sur la compétence de Neerpede pour mettre en vitrine les meilleurs talents du Royaume - qui se retrouvent généralement à Anderlecht à un moment de leur formation - et réduire ainsi les frais de transferts qui ont parfois atteint des plafonds déraisonnables ces dernières saisons.

Si les méthodes statistiques et la prolifération des nerds et de leurs batteries de chiffres autour des terrains de football ont parfois fait sourire, les temps et les succès ont joué en la faveur de ceux qui américanisent leur vision du jeu. Du côté de Liverpool, installé confortablement sur le toit de l'Europe, les chiffres scrupuleusement analysés à l'américaine ont notamment aidé au recrutement d'Andy Robertson, alors latéral gauche d'un club de Hull City qui bataillait dans les tréfonds de la Premier League.

D'autres exemples plus modestes, comme celui des Danois de Midtjylland - leader du championnat du Danemark - ou des Anglais de Brighton ou de Brentford (en course pour l'accession en Premier League) confortent les clubs dans leur volonté d'accorder une confiance accrue à l'analyse statistique pour construire leur noyau. Une brèche dans laquelle Peter Verbeke et son crew d'amoureux méthodiques des chiffres se sont infiltrés pour faire franchir un palier au scouting du ballon rond.

Les futurs enfants de Neerpede

Alors que les Mauves affichent déjà la moyenne d'âge la plus jeune de l'élite, Anderlecht ne compte pas arrêter sa course au jeunisme. Cette saison, à Neerpede, la plupart des équipes dont les joueurs sont en âge de se confronter aux adultes ont dû puiser dans les catégories inférieures pour compenser en cascade la promotion incessante de joueurs vers le noyau A.

Derniers joueurs en date à avoir rejoint le groupe professionnel pour les entraînements, Zeno Debast et Chris Kalulika font partie des noms les plus cités quand il s'agit d'évoquer les futures pépites mauves qui feront leur trou au sein de l'élite. Le premier, surtout, défenseur central doté d'une relance impressionnante qui rappelle la palette étalée par Philippe Sandler en début de saison, devrait rapidement gravir les échelons, alors qu'il évoluait encore dans la catégorie U18 en début de saison.

Un cran plus bas, chez les U16, c'est le gaucher Etock Agyei qui émerge au sein d'une génération plus pauvre en talents que les précédentes. Ailier doté d'un dribble déroutant et d'un sens du jeu plutôt développé, il est l'un des derniers noms attendus au Sporting avant la fameuse génération 2006, invincible depuis de longs moins et emmenée par le très coté Rayane Bounida. Malgré le développement du scouting qui semble se préciser à Bruxelles, les talents de la capitale ont encore de beaux jours devant eux.

Par Alain Eliasy et Guillaume Gautier

Au plus fort des années de règne d'Herman Van Holsbeeck, la cellule de scouting d'Anderlecht était devenue un sujet de moquerie. Dans les tribunes du Parc Astrid, on regardait toujours d'un air circonspect les joueurs débarqués avec l'étiquette de " talent débusqué par le scouting ". Des exceptions à l'heure où Mogi Bayat dominait les allées et venues du mercato mauve, et rarement des réussites. Atterri à Bruxelles avec l'étiquette de sensation du championnat brésilien dénichée par le scouting anderlechtois, le latéral droit Rafael Galhardo était l'un des ultimes exemples en date de cette longue série de fiascos. Pourtant, dans les coulisses de Neerpede, plusieurs révolutions ont été tentées. Quand il était team manager du Sporting, Gunther Van Handenoven avait ainsi en tête de lancer à Anderlecht une version belge de Moneyball, célèbre livre américain adapté au cinéma avec Brad Pitt en haut de l'affiche. Pour composer une équipe de baseball compétitive avec un budget minime, le manager général des Oakland Athletics se fie alors aux statistiques et monte un noyau qui obtient des résultats exceptionnels. Dans le bureau d'Herman Van Holsbeeck, un spécialiste de l'analyse de données lui parle notamment de Dario Benedetto, alors attaquant de Boca Juniors et aujourd'hui installé sur le front de l'attaque de Marseille. Le changement de présidence à la tête du Sporting range le projet aux oubliettes, malgré l'intérêt aigu porté aux statistiques par Hein Vanhaezebrouck. Les statisticiens et les minutieux analystes trouvent leur bonheur loin de la capitale, notamment à Bruges ou à Genk, principales places fortes du scouting de qualité en Belgique. Embarqué dans sa phase de reconstruction, Anderlecht a d'abord misé sur les jeunes. Dès son arrivée à la tête du club, Marc Coucke a offert des contrats aux jeunes joueurs les plus talentueux de Neerpede, faisant notamment le forcing pour conserver le dynamiteur Jérémy Doku malgré l'intérêt prononcé de Liverpool, ou résistant aux assauts d'Arsenal pour attirer Killian Sardella de l'autre côté de la Manche. Une fois installé comme figure de proue du projet, Vincent Kompany a insisté sur la qualité de Neerpede, impressionné par les talents qui maniaient le ballon sous ses yeux. L'idée était de les encadrer de routiniers, attirés grâce aux réseaux et au charisme du Prince. Avec des fortunes diverses, notamment dues à la motivation des joueurs en question. Samir Nasri, par exemple, tentait encore de trouver un riche employeur dans les pays du Golfe quelques heures avant d'accepter la proposition bruxelloise. Puisque les ressources de Neerpede n'étaient pas infinies, Anderlecht devait trouver d'autres viviers dans lesquels alimenter son football renouvelé. Dès son arrivée dans son nouveau rôle de " conseiller externe " du club, Wouter Vandenhaute a ainsi insisté pour que Peter Verbeke rejoigne la capitale. Passé de Bruges à Gand un an plus tôt, avec quelques transferts brillants épinglés à la boutonnière, celui qui était appelé à devenir le successeur de Michel Louwagie à la Ghelamco Arena n'a pas résisté à l'appel du club le plus titré du pays. Séduit par le discours de Vincent Kompany, qui lui a confirmé son implication à long terme dans le projet bruxellois, Verbeke a donc quitté un club gantois où il se sentait sans doute parfois à l'étroit, bloqué par l'omnipotence de Louwagie à Gand comme il l'avait été par celle de Vincent Mannaert à Bruges. Contrairement à ce qu'il s'était produit lors de son passage d'une Flandre à l'autre, Verbeke n'est pas arrivé à Neerpede les mains vides. Dans ses valises digitales, il a amené une liste de plusieurs centaines de profils intéressants. À tous les postes, et venus de partout. Parce que le nouveau patron de la cellule de scouting n'a pas l'habitude de se fixer des frontières. Son credo, c'est que le talent se déniche dans tous les championnats, même ceux que les clubs belges ont moins l'habitude d'observer. Des joueurs peuvent évoluer en Égypte ou en Slovaquie, et tout de même se faire une place dans la base de données. Avec quelques années de retard sur ce que certains espéraient, Moneyball fait donc bien son apparition à Anderlecht. La méthode Verbeke, c'est de se créer une image scientifique d'un joueur grâce à un faisceau de données, fournies par ses analystes qui travaillent sans relâche sur les programmes qui débordent de statistiques en tous genres, sur l'immense majorité des championnats professionnels de la planète. Si les réussites à mettre à son actif jusqu'à présent sont surtout des profils offensifs, il est également à la base des recrutements gantois aux postes d'arrières latéraux l'été dernier. En ciblant des profils particulièrement en phase avec les exigences du football moderne et de sa dimension physique. Les données de vitesse, d'explosivité et d'agilité sont ainsi surveillées avec un soin particulier à l'heure de cibler des recrues. Pas question, pour autant, de snober les agents dans ce mode de fonctionnement. Peter Verbeke reçoit une quarantaine de propositions de joueurs chaque jour, et les fait passer au révélateur statistique avant d'éventuellement y donner suite. Il n'hésite même pas à appeler des agents de son propre chef, pour prendre ses renseignements sur l'un ou l'autre joueur. Parfois, sans donner suite, alors que les agents en question pensaient le club de Verbeke intéressé. S'il n'est généralement pas celui qui met le doigt sur un joueur talentueux, il est ensuite particulièrement doué pour réduire la marge d'erreur quant à sa capacité d'adaptation. Contrairement à une bonne partie des personnes impliquées dans le monde du recrutement, Peter Verbeke ne se limite pas à un réseau réduit de personnes de confiance. Il s'est construit des relations très étendues, au point d'être en mesure de trouver une oreille qui traîne dans de nombreux vestiaires. Une manière de connaître la façon dont un joueur vit dans un groupe, de screener son caractère et d'ainsi compléter définitivement son profil, après s'être basé sur les statistiques pour dresser ses qualités sur la pelouse. Au bout du compte, la position sur le terrain importe peu. Au-delà de vouloir se renforcer pour dresser une ossature précise du noyau à chaque poste, le nouvel homme fort du scouting mauve cherche avant tout des talents. Ce n'est pas parce qu'un numéro 6 indéboulonnable est installé devant sa défense qu'il se privera d'en attirer un autre. À Gand, par exemple, il a insisté cet hiver pour débaucher Sulayman Marreh alors que le robuste Elisha Owusu est l'une des révélations de la saison devant la défense des Buffalos. Sa philosophie est simple : s'il y a plusieurs joueurs talentueux au même poste, il suffit de travailler leur polyvalence pour faire en sorte d'en installer le plus possible sur le terrain. Même si son retour à Gand est une réussite, le transfert de Laurent Depoitre ne correspond pas aux méthodes de Verbeke. C'est un coup typique de Louwagie, parfois nostalgique des réussites du titre et désireux d'obtenir du rendement à court terme. Verbeke, lui, mise plutôt sur le potentiel de développement, et les bénéfices que cela pourra apporter à la revente quelques mois ou années plus tard. Comme pour les jeunes, l'objectif final est de réaliser une belle plus-value, et donc d'accumuler un maximum de talent. Afin de réduire les coûts de fonctionnement d'un club qui semble vivre au-dessus de ses moyens, comme le montrent les derniers bilans comptables, Anderlecht se prépare à construire une équipe au coût le plus démocratique possible, et à multiplier le prix à travers les performances collectives d'un potentiel développé au sein du club. C'était déjà le but de Marc Coucke, quand il a mis sous contrat ces nombreux jeunes à son arrivée : se baser sur la compétence de Neerpede pour mettre en vitrine les meilleurs talents du Royaume - qui se retrouvent généralement à Anderlecht à un moment de leur formation - et réduire ainsi les frais de transferts qui ont parfois atteint des plafonds déraisonnables ces dernières saisons. Si les méthodes statistiques et la prolifération des nerds et de leurs batteries de chiffres autour des terrains de football ont parfois fait sourire, les temps et les succès ont joué en la faveur de ceux qui américanisent leur vision du jeu. Du côté de Liverpool, installé confortablement sur le toit de l'Europe, les chiffres scrupuleusement analysés à l'américaine ont notamment aidé au recrutement d'Andy Robertson, alors latéral gauche d'un club de Hull City qui bataillait dans les tréfonds de la Premier League. D'autres exemples plus modestes, comme celui des Danois de Midtjylland - leader du championnat du Danemark - ou des Anglais de Brighton ou de Brentford (en course pour l'accession en Premier League) confortent les clubs dans leur volonté d'accorder une confiance accrue à l'analyse statistique pour construire leur noyau. Une brèche dans laquelle Peter Verbeke et son crew d'amoureux méthodiques des chiffres se sont infiltrés pour faire franchir un palier au scouting du ballon rond.