Les ballons pleuvent sur la surface belge, mais les fronts nationaux ressemblent à des boomerangs. Dans les 45 dernières minutes, les Portugais centrent seize fois, sans presque jamais parvenir à se montrer dangereux dans les airs.
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Les ballons pleuvent sur la surface belge, mais les fronts nationaux ressemblent à des boomerangs. Dans les 45 dernières minutes, les Portugais centrent seize fois, sans presque jamais parvenir à se montrer dangereux dans les airs. La gestion du trafic aérien se fait depuis Anvers. Si Toby Alderweireld, toujours plus enclin à miser sur son placement qu'à s'aventurer dans le hasard d'un duel incertain, préfère défendre avec le frein à main, Thomas Vermaelen et Jan Vertonghen s'en donnent à coeur joie. L'épreuve est pourtant de taille, et est autant une question d'abdominaux que de personnalité. Car pour résister à la Seleção, championne d'Europe en titre, il faut remporter la bataille des airs face à Cristiano Ronaldo, référence mondiale en la matière. "On n'a pas beaucoup joué ensemble ces dernières années, mais on a eu la même éducation avec le GBA, l'Ajax et l'Angleterre", résume Jan Vertonghen au micro de la RTBF après la rencontre. Chacun dans son style, mais tous les trois sur la même voie qui relie Anvers à Londres via Amsterdam, même si Alderweireld l'empruntera via quelques déviations. Les trois défenseurs belges se connaissent par coeur, et leurs registres se complètent à merveille, avec ou sans le ballon. En perte de balle, il y a le placement et le sang-froid de Toby Alderweireld, longtemps considéré comme l'un des défenseurs les plus propres de Premier League grâce au peu de fautes qu'il commettait au sommet de son art. On ajoute le sens de l'anticipation de Verminator, fruit d'un gabarit presque modeste pour un arrière central, qui l'a très vite contraint à sauter mieux que les autres, ou à intercepter le ballon avant qu'il atteigne le front de l'attaquant adverse. Pour compléter, la force et l'abnégation de Jan Vertonghen en font un défenseur certes parfois fébrile dans les grands espaces, mais particulièrement précieux quand il faut faire parler les muscles dans sa propre surface. Moins rapides qu'au temps de leur splendeur, les anciens Ajacides brillent plus que jamais quand il s'agit de fermer les portes de leurs filets à double tour. La dernière défaite de leur association sur une pelouse internationale remonte déjà à cinq ans, quand les Diables jouaient encore dans une défense à quatre qui exilait l'un des gauchers dans un couloir où il se sentait forcément à l'étroit. Avec la possession, les profils ressemblent aussi à des pièces de puzzle. Il y a les passes entre les lignes de Vertonghen, sèches et précieuses pour combiner, et les célèbres diagonales d'Alderweireld. Au milieu de tout ça, Vermaelen n'a plus qu'à orienter la circulation nationale. Les costumes sont taillés avec précision et semblent idéaux pour les tapis rouges de l'été européen.