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Comment expliquer ce magnifique début de saison d'OHL ?AMBER TYSIAK: OHL, c'est un super mix entre des joueuses d'expérience comme Lenie Onzia ou encore Charlotte Cranshoff, et des jeunes comme moi qui évoluent bien. C'est un club très familial. Quand les choses ne sont pas au top, le staff nous parle beaucoup. L'objectif, c'est de nous aider à devenir meilleures et d'encadrer les jeunes au mieux. Louvain veut atteindre le top, devenir l'Anderlecht du futur. Tout ça génère de la pression, car on devient la cible à abattre, mais il ne faut pas oublier que nous sommes jeunes. C'est lors du succès contre le RSCA lors de la cinquième journée qu'on a senti qu'il y avait un "truc" à jouer. On était menées à la pause. On a dû se calmer et se remettre sur les bons rails pour l'emporter. Là, on a vraiment pris confiance. Et conscience qu'on pouvait battre n'importe qui en Belgique. Ceci dit, je ne m'attendais pas à ce que ce projet connaisse de tels résultats aussi vite, car à mon arrivée en 2020, le club sortait d'une saison à un point !Parmi les jeunes, quelles équipières t'impressionnent le plus ?TYSIAK: Hannah Eurlings. Elle a une technique incroyable. Elle est capable de sortir de superbes actions à chaque match. En plus, elle n'a que 18 ans. Elle joue comme si elle ne connaissait pas le mot pression. Contre la Pologne, elle a même été élue Flame of the Game (l'ailière a marqué trois buts et délivré deux passes décisives lors de la dernière trêve internationale, ndlr). Peut-être que la prochaine Louvaniste à nous rejoindre, ce sera Luna Vanzeir. Elle est plus technique que Hannah, mais elle a moins de vitesse. Elle va moins percuter, mais être plus utile pour distribuer le jeu. Pour l'instant, il y a déjà d'autres joueuses qui ont le même profil en sélection. Elle doit se développer encore un peu pour atteindre les Red Flames.Cette année aurait dû accueillir l'EURO, mais le Covid a frappé. Au lieu de cela, vous avez disputé des matches amicaux et entamé les qualifs pour le Mondial 2023, au cours desquelles tu es devenue indiscutable. N'es-tu pas la grande gagnante de 2021 ?TYSIAK: Quelque part, le corona a été positif pour moi. L'EURO serait arrivé trop tôt s'il s'était joué comme prévu durant l'été 2021, car je n'ai été reprise pour la première fois qu'en février. Aujourd'hui, je compte une dizaine de caps et j'ai énormément appris. Tout est plus rapide : tu dois jouer, courir, penser plus vite, car face à des pays comme la Norvège ou les Pays-Bas, la plus petite erreur se paie. J'étais très stressée lors mes deux premières rencontres. Mais j'ai appris à gérer cette pression. C'est aussi grâce à ça que je suis restée dans le onze. Évoluer aux côtés de joueuses du calibre de Tessa Wullaert ou Janice Cayman, ça aide énormément.Ta génération semble mieux formée que la précédente. Et peut-être plus ambitieuse ? TYSIAK: On bénéficie d'un meilleur accompagnement. Maintenant, on a des performance trainers, des entraîneurs dédiés à la technique,... Je pense que ça nous rend plus ambitieuses, car ça nous prépare mieux à l'étranger. La route est encore longue pour la compétition belge. J'espère qu'on va aller rapidement vers un véritable professionnalisme, mais ça va prendre du temps. Or, même si je n'ai que 21 ans, je n'en ai pas.Tu as été nommée avec sept autres joueuses pour le Soulier d'Or. Une première. Quel effet ça fait ?TYSIAK: Je n'arrive toujours pas à y croire ! Le CEO, Peter Willems, m'a demandé : "Hé, tu fais quoi le 12 janvier ?" J'ai répondu que je ne savais pas, et il m'a dit : "Ah, eh bien on va au Soulier d'Or, tu es nommée." (Elle rit). J'ai connu une super année avec OHL et les Red Flames, c'est vrai, mais quand même... Je suis évidemment super fière et ma famille aussi. Se dire que je peux être le nouveau visage du foot féminin belge, c'est bien sûr très agréable, même si je ne me mets pas la pression.