La cerise devait se poser sur le gâteau, elle a finalement échoué sur l'équerre. Auteur d'une superbe inspiration pour envoyer Jackson Muleka lober Nicolas Penneteau à dix minutes du terme, Selim Amallah aurait pu couronner sa prestation majuscule quand un coup franc plein axe s'est présenté à ses pieds à l'orée des arrêts de jeu. Le gardien français est battu, mais les montants du but carolo décident de priver l'international marocain d'un dixième but cette saison, toutes compétitions confondues. Tout ça n'empêche pas le Standard de réaliser son premier six sur six contre Charleroi en phase classique depuis cinq ans. Pas plus que cela ne prive Amallah d'éloges mérités. Parce que la clé des Rouches version Mbaye Leye, c'est indéniablement lui.
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La cerise devait se poser sur le gâteau, elle a finalement échoué sur l'équerre. Auteur d'une superbe inspiration pour envoyer Jackson Muleka lober Nicolas Penneteau à dix minutes du terme, Selim Amallah aurait pu couronner sa prestation majuscule quand un coup franc plein axe s'est présenté à ses pieds à l'orée des arrêts de jeu. Le gardien français est battu, mais les montants du but carolo décident de priver l'international marocain d'un dixième but cette saison, toutes compétitions confondues. Tout ça n'empêche pas le Standard de réaliser son premier six sur six contre Charleroi en phase classique depuis cinq ans. Pas plus que cela ne prive Amallah d'éloges mérités. Parce que la clé des Rouches version Mbaye Leye, c'est indéniablement lui. En début de saison, l'ancien Hurlu cachait mal sa frustration de se retrouver exilé sur un flanc ou en faux 9, dans le système installé par Philippe Montanier au sein duquel le poste de numéro 10 n'existait pas vraiment. Problématique, parce que le Standard a forcément besoin d'un Amallah bien dans ses chaussures pour nourrir des ambitions. Dans un club toujours en quête de buteur, qui salue avec soulagement les roses plantées par João Klauss et Jackson Muleka dans le choc wallon, le numéro 19 des Standardmen semble être la valeur la plus fiable pour réussir une saison à dix buts en championnat. Mbaye Leye s'en est probablement rendu compte, car le système de jeu asymétrique mis en place par le coach sénégalais donne à Amallah une importance semblable à celle que Michel Preud'homme avait confiée aux pieds d' Hans Vanaken lors de sa période brugeoise, jouée dans un schéma similaire. Dans l'axe et à proximité du but, le Belgo-Marocain peut faire parler son flair par le dribble, la passe ou, surtout, une qualité de frappe qui en fait l'un des meilleurs de Pro League dans l'exercice. Des qualités découvertes par le grand public quand Selim Amallah avait ébloui Sclessin lors d'un partage acquis en terres liégeoises par le très spectaculaire Mouscron de Bernd Storck, et qui avaient alors convaincu Preud'homme d'en faire l'une des priorités de son gargantuesque mercato de l'été 2019. Rapidement installé dans le onze de base de MPH, et décisif à treize reprises pour son premier exercice en Rouche, celui qui est devenu international espérait sans doute décrocher son bon de sortie l'été dernier, quand les rumeurs du mercato l'envoyaient notamment du côté de West Ham. Son départ aurait probablement donné le sourire à la trésorerie du Standard, mais c'est aujourd'hui son séjour prolongé en bords de Meuse qui multiplie les rictus heureux. À commencer par le sien. Le plaisir semble avoir fait son retour dans le football de Selim Amallah. Même les voyages vers le flanc gauche, presque systématiquement imposés en fin de match par Mbaye Leye au fil des changements, ne semblent pas altérer son rendement. Avec trois buts et deux passes décisives lors de ses quatre premières sorties sous les ordres du Sénégalais, qui avait été son équipier à Mouscron, le joueur formé à Anderlecht a retrouvé la confiance, associée indispensable de ses meilleures prestations. "Beaucoup d'ingrédients permettent de dire qu'on est sur le bon chemin", généralise Mbaye Leye après la victoire face aux Zèbres, sans vraiment s'attarder en profondeur sur les individualités. Le discours du nouveau coach envers son groupe a été clair: si les résultats collectifs ne sont pas au rendez-vous, personne ne parlera en bien des individualités du Standard, et tout le monde finira par être perdant. Une vision qui semble avoir produit un certain effet sur Amallah ou sur Samuel Bastien, également méconnaissable lors des dernières semaines sous Philippe Montanier, en partie à cause d'un placement sur le terrain qui mettait plus en évidence ses limites que ses qualités. Le principal apport de Mbaye Leye peut d'ailleurs sans doute se résumer ainsi: les joueurs du Standard les plus aptes à être décisifs régulièrement sont désormais installés dans les meilleures conditions sur le terrain. Simple et efficace.