Aline Zeler espérait sans doute mieux pour son retour. C'est pourtant bien par une défaite 5-2 face au Club YLA (Bruges) que la seconde carrière de la défenseuse a débuté. Un score logique, tant les Brugeoises ont dominé le match, physiquement notamment, malgré une baisse de régime en seconde période, alors que le score était de 4-0. Revenues à 4-2 en moins de dix minutes, les Limbourgeoises seront pourtant de nouveau mises la tête sous l'eau.

Pour Genk, l'important cette saison ne se situe pas dans les résultats, mais dans la construction d'une nouvelle équipe compétitive en Super League endéans les trois ans. D'où l'importance de l'apport de Zeler, 37 ans. Une joueuse heureuse de retrouver le rythme et l'adrénaline des matches, et pour qui les vieux réflexes sont vite revenus.

On t'a vue beaucoup coacher, guider tes partenaires. Ça te manquait ?

Le fait d'arriver dans une équipe assez jeune fait que je coache beaucoup plus. Encore plus que lors de ma dernière saison au PSV. À la fin du match, j'étais fatiguée à la fois physiquement et mentalement, à cause de cette concentration sur mon jeu, mais aussi celui des autres. C'est surtout ça qu'on attend de moi, à Genk. On ne va pas regarder le score, mais plutôt analyser ce qui a manqué, ces points sur lesquels on veut avancer.

Le projet genkois, qui s'étale sur trois ans, ça a eu son importance dans ta décision ?

Oui, il manquait de la maturité derrière, quelqu'un qui parle. On ne peut pas attendre qu'une jeune fille de 18 ans, qui figure dans un noyau dont la moyenne d'âge est de 22 ans, ouvre sa bouche directement. Ou alors c'est une perle (rires). Moi aussi, il a fallu que je construise ça tout au long de mon parcours. Mes équipières se sont senties directement bien avec mon coaching. On l'a vu face à Bruges. On aurait peut-être encore plus encaissé sans ces petites corrections, de-ci, de-là. Les Brugeoises n'étaient pas forcément au-dessus du lot. Mais c'est notre deuxième match, il nous manque des automatismes.

Ce n'est pas mon rôle de casser des gens qui sont toujours en pleine phase de développement.

Aline Zeler

Ton expérience de coach t'aide pour ce retour ?

Non, pas spécialement. Je suis vraiment repassée en mode joueuse. C'est à moi de m'intéresser à ce groupe. J'ai loupé la préparation, mais ça va très vite. Je suis quelqu'un de plutôt sociable, qui n'hésite pas à poser des questions. Je pourrai donc vite rattraper ce retard. Ce n'est que du positif, même si on a pris beaucoup de goals. Il n'y a rien de mal fait. Ce n'est pas mon rôle de casser des gens qui sont toujours en pleine phase de développement dans une bonne compétition. D'ici trois ans, on en reparlera.

Tu as un gros bagage international avec tes 111 caps chez les Red Flames et ton expérience en Europe et au PSV. Tu sens du respect de la part de tes équipières ?

Quand on a annoncé que je revenais, elles avaient un grand sourire, on lisait le respect sur leur visage, oui. Je viens juste avec mon expérience et elles savent que ce que je dis n'a qu'un seul but : faire grandir l'équipe. Au tout début, certaines n'osaient pas trop parler. Mais c'est à moi de briser la glace. Je suis quelqu'un de très normal (sourire).

La Super League prend de l'ampleur. Ça a aussi fait partie de ta réflexion ?

Je voulais attacher mon image à Genk, à son projet, sa vision pour les trois prochaines années. C'est un club qui travaille étroitement avec les hommes. Qui chaque année franchit des étapes dans les infrastructures, l'encadrement. Je veux vraiment attirer des sponsors dans un projet dans lequel je crois. De plus, je voulais travailler avec le coach Guido Brepoels, car il vient du monde masculin et veut aller loin au niveau féminin. Je voulais également revenir sans faire 10.000 km pour jouer au foot. Or, je vis dans le Limbourg. À Eindhoven, je passais quatre heures par jour dans ma voiture vu que j'habitais à Wavre.

J'étais amoureuse du fanatisme qui régnait aux Pays-Bas lors de l'EURO 2017.

Aline Zeler

Voir que les gros clubs masculins se lancent ou professionnalisent leur section féminine, ça t'inspire quoi ?

C'est positif, tout comme le fait d'avoir maintenant dix équipes au lieu de six. Ça permet d'avoir plus de matches dans les jambes. Après, il faut respecter le rythme de chacun. Le Standard et Anderlecht sont là depuis des années. Genk, Gand et OHL font de belles choses et les arrivées de Charleroi, du White Star et de Zulte en première division sont positives. Il faut respecter leur engagement en Super League. Il y avait du public au match de Charleroi, tout comme à Bruges, Eleven diffuse les matches et les highlights. Il faut vraiment suivre le modèle néerlandais. J'étais amoureuse du fanatisme qui régnait aux Pays-Bas lors de l'EURO 2017. Quand je jouais au PSV, il y avait entre 500 et 2000 personnes pour chaque match de championnat. La Pro League va reprendre les rênes de la Super League, ce qui est une bonne chose. Il reste à poursuivre le développement vers la professionnalisation, pour arriver à monter quelque chose qui puisse ramener les gens dans les stades, comme aux États-Unis, par exemple. On voit que ça joue depuis la Coupe du monde 2015 au Canada, l'édition 2019 en France, l'EURO. La Belgique fait aussi partie de ce monde-là. Beaucoup de Flames jouent à l'étranger, certaines sont revenues en ramenant l'expérience acquise là-bas, ce qui est une bonne chose pour notre championnat.

Et toi, quel a été le déclic pour revenir ?

Je n'en pouvais plus après le PSV. Mentalement et physiquement, ne serait-ce qu'en raison des trajets, car j'avais un boulot à côté. Mi-2019, je ne me voyais pas reprendre en tant que joueuse pour quasi un an. Je me suis donc engagée comme entraîneuse au PSV, mais le corona a fait que j'ai pu me reposer à la maison correctement. Quand tu es coach, tu vois toujours la balle et tu es tentée de jouer. On a fait les tests physiques à Genk qui étaient bons, mais c'est à moi de me remettre à niveau. Je voulais en tout cas revenir en Super League (que ça soit un an ou deux, rien n'est encore décidé) pour faire les choses correctement. Je voulais prendre du plaisir, guider les autres et faire les choses bien, mais pas dans le foot récréatif. On a encore besoin de moi ici.

Tu es dispo pour Ives Serneels ?

Ça dépend de mon retour, de comment je me sens, de mon premier tour. On verra au jour le jour, mais il n'y a pas de non définitif.

SUPER LEAGUE - J2

Vendredi :

Charleroi 1 - 1 Fémina White Star

Gent Ladies 3 - 0 Eendracht Alost

Samedi

Club YLA 5 - 2 Genk Ladies

Standard Fémina 6 - 2 OHL

Zulte Waregem 0 - 11 RSCA Women

Aline Zeler espérait sans doute mieux pour son retour. C'est pourtant bien par une défaite 5-2 face au Club YLA (Bruges) que la seconde carrière de la défenseuse a débuté. Un score logique, tant les Brugeoises ont dominé le match, physiquement notamment, malgré une baisse de régime en seconde période, alors que le score était de 4-0. Revenues à 4-2 en moins de dix minutes, les Limbourgeoises seront pourtant de nouveau mises la tête sous l'eau. Pour Genk, l'important cette saison ne se situe pas dans les résultats, mais dans la construction d'une nouvelle équipe compétitive en Super League endéans les trois ans. D'où l'importance de l'apport de Zeler, 37 ans. Une joueuse heureuse de retrouver le rythme et l'adrénaline des matches, et pour qui les vieux réflexes sont vite revenus. On t'a vue beaucoup coacher, guider tes partenaires. Ça te manquait ? Le fait d'arriver dans une équipe assez jeune fait que je coache beaucoup plus. Encore plus que lors de ma dernière saison au PSV. À la fin du match, j'étais fatiguée à la fois physiquement et mentalement, à cause de cette concentration sur mon jeu, mais aussi celui des autres. C'est surtout ça qu'on attend de moi, à Genk. On ne va pas regarder le score, mais plutôt analyser ce qui a manqué, ces points sur lesquels on veut avancer.Le projet genkois, qui s'étale sur trois ans, ça a eu son importance dans ta décision ?Oui, il manquait de la maturité derrière, quelqu'un qui parle. On ne peut pas attendre qu'une jeune fille de 18 ans, qui figure dans un noyau dont la moyenne d'âge est de 22 ans, ouvre sa bouche directement. Ou alors c'est une perle (rires). Moi aussi, il a fallu que je construise ça tout au long de mon parcours. Mes équipières se sont senties directement bien avec mon coaching. On l'a vu face à Bruges. On aurait peut-être encore plus encaissé sans ces petites corrections, de-ci, de-là. Les Brugeoises n'étaient pas forcément au-dessus du lot. Mais c'est notre deuxième match, il nous manque des automatismes. Ton expérience de coach t'aide pour ce retour ?Non, pas spécialement. Je suis vraiment repassée en mode joueuse. C'est à moi de m'intéresser à ce groupe. J'ai loupé la préparation, mais ça va très vite. Je suis quelqu'un de plutôt sociable, qui n'hésite pas à poser des questions. Je pourrai donc vite rattraper ce retard. Ce n'est que du positif, même si on a pris beaucoup de goals. Il n'y a rien de mal fait. Ce n'est pas mon rôle de casser des gens qui sont toujours en pleine phase de développement dans une bonne compétition. D'ici trois ans, on en reparlera. Tu as un gros bagage international avec tes 111 caps chez les Red Flames et ton expérience en Europe et au PSV. Tu sens du respect de la part de tes équipières ?Quand on a annoncé que je revenais, elles avaient un grand sourire, on lisait le respect sur leur visage, oui. Je viens juste avec mon expérience et elles savent que ce que je dis n'a qu'un seul but : faire grandir l'équipe. Au tout début, certaines n'osaient pas trop parler. Mais c'est à moi de briser la glace. Je suis quelqu'un de très normal (sourire).La Super League prend de l'ampleur. Ça a aussi fait partie de ta réflexion ?Je voulais attacher mon image à Genk, à son projet, sa vision pour les trois prochaines années. C'est un club qui travaille étroitement avec les hommes. Qui chaque année franchit des étapes dans les infrastructures, l'encadrement. Je veux vraiment attirer des sponsors dans un projet dans lequel je crois. De plus, je voulais travailler avec le coach Guido Brepoels, car il vient du monde masculin et veut aller loin au niveau féminin. Je voulais également revenir sans faire 10.000 km pour jouer au foot. Or, je vis dans le Limbourg. À Eindhoven, je passais quatre heures par jour dans ma voiture vu que j'habitais à Wavre.Voir que les gros clubs masculins se lancent ou professionnalisent leur section féminine, ça t'inspire quoi ?C'est positif, tout comme le fait d'avoir maintenant dix équipes au lieu de six. Ça permet d'avoir plus de matches dans les jambes. Après, il faut respecter le rythme de chacun. Le Standard et Anderlecht sont là depuis des années. Genk, Gand et OHL font de belles choses et les arrivées de Charleroi, du White Star et de Zulte en première division sont positives. Il faut respecter leur engagement en Super League. Il y avait du public au match de Charleroi, tout comme à Bruges, Eleven diffuse les matches et les highlights. Il faut vraiment suivre le modèle néerlandais. J'étais amoureuse du fanatisme qui régnait aux Pays-Bas lors de l'EURO 2017. Quand je jouais au PSV, il y avait entre 500 et 2000 personnes pour chaque match de championnat. La Pro League va reprendre les rênes de la Super League, ce qui est une bonne chose. Il reste à poursuivre le développement vers la professionnalisation, pour arriver à monter quelque chose qui puisse ramener les gens dans les stades, comme aux États-Unis, par exemple. On voit que ça joue depuis la Coupe du monde 2015 au Canada, l'édition 2019 en France, l'EURO. La Belgique fait aussi partie de ce monde-là. Beaucoup de Flames jouent à l'étranger, certaines sont revenues en ramenant l'expérience acquise là-bas, ce qui est une bonne chose pour notre championnat.Et toi, quel a été le déclic pour revenir ?Je n'en pouvais plus après le PSV. Mentalement et physiquement, ne serait-ce qu'en raison des trajets, car j'avais un boulot à côté. Mi-2019, je ne me voyais pas reprendre en tant que joueuse pour quasi un an. Je me suis donc engagée comme entraîneuse au PSV, mais le corona a fait que j'ai pu me reposer à la maison correctement. Quand tu es coach, tu vois toujours la balle et tu es tentée de jouer. On a fait les tests physiques à Genk qui étaient bons, mais c'est à moi de me remettre à niveau. Je voulais en tout cas revenir en Super League (que ça soit un an ou deux, rien n'est encore décidé) pour faire les choses correctement. Je voulais prendre du plaisir, guider les autres et faire les choses bien, mais pas dans le foot récréatif. On a encore besoin de moi ici.Tu es dispo pour Ives Serneels ?Ça dépend de mon retour, de comment je me sens, de mon premier tour. On verra au jour le jour, mais il n'y a pas de non définitif.