Dans la Principauté, non loin d'un Carré qui sert de capitale nationale des amours éphémères, même les rancoeurs ont leur date de péremption. C'est ainsi que, plus de deux ans après avoir rencontré Razvan Marin dans une Académie qui a depuis changé de nom, Sport/Foot Magazine pousse les portes du Standard. Celles de Sclessin, en l'occurrence, où le bureau d'Alexandre Grosjean est niché au bout d'un couloir tortueux.

Le CEO reçoit sans regarder sa montre, avec la prolixité de ceux qui ont aménagé leur agenda pour l'occasion. Le cadre idéal pour mettre un terme à 847 jours sans interview rouche dans les pages de notre magazine. Parce que dans un club où les péripéties se conjuguent toujours au pluriel, une si longue période de silence permet forcément d'accumuler un sacré paquet de questions. Entre ses murs où trônent fanions et trophées, comme autant de souvenirs de voyages, Alexandre Grosjean se charge longuement des réponses.

Avec un peu de recul, quel bilan tirez-vous de cette saison ?

ALEXANDRE GROSJEAN : C'est une saison maudite. Avec le covid, on savait que ça allait être compliqué. Mais ce n'est pas une excuse, tout le monde a dû composer avec les mêmes difficultés. On a été frappé au pire moment, avec neuf cas positifs juste avant les poules de l'Europa League. Ensuite, il y a eu un premier tournant avec la blessure de Zinho Vanheusden. C'était terrible pour le gamin, terrible aussi pour le club. Si on y ajoute une paire d'attaquants absolument pas productive, pas mal d'éléments ont complexifié le travail de Philippe Montanier et après les défaites contre Saint-Trond et Mouscron, on restait sur un 4/24 qui devenait très difficile à gérer. L'arrivée de Mbaye Leye a redonné des couleurs à tout le monde, jusqu'à la finale de la Coupe, où on a fait un très beau parcours. La défaite a été très dure à avaler, et elle explique en partie nos play-offs ratés. Au bout du compte, on termine huitième, ce qui est évidemment indigne d'un club comme le Standard.

Qu'est-ce qui, dans ce bilan très mitigé, vous a convaincu de poursuivre l'aventure avec Mbaye Leye?

GROSJEAN : D'abord, il y a ce parcours assez formidable en Coupe de Belgique. Ensuite, ce n'est pas évident pour un coach de prendre une équipe au milieu de la saison et de devoir commencer son boulot sans avoir pu le préparer en amont avec la direction. Ici, on voit clairement son intention d'apporter sa pierre à l'édifice.

C'est un homme qui s'implique dans le club, et pas seulement dans le travail de son équipe ?

GROSJEAN : Il a cette abnégation, cette combativité propre au club. Même si ça peut parfois lui jouer des tours ou être mal interprété, je suis content d'avoir quelqu'un qui s'exprime comme j'aimerais qu'on s'exprime depuis longtemps. Il y a six ans que je suis arrivé ici, je ne viens pas du foot et beaucoup de personnes me l'ont reproché. J'ai mis trop souvent mes poings en poche. Maintenant, je vais aller dans l'arène avec Mbaye, et montrer aux joueurs ce que ça représente de jouer pour le Standard. D'ailleurs avec désormais Mbaye, Patrick Asselman, Eric Deflandre et Jean-François Gillet, nous avons un staff presque entièrement composé d'anciens joueurs du club qui sont marqués au fer rouche. À tous les étages du club, ce sont des fondus du Standard. Ça ne veut pas dire qu'on ne fera plus d'erreur mais notre unique objectif, c'est le bien du club.

Malgré la suite des évènements, vous n'avez donc pas regretté d'annoncer la prolongation de Leye avant les play-offs ?

GROSJEAN : Nous l'avons volontairement prolongé avant, parce qu'on ne savait pas comment le groupe allait réagir à la défaite en finale de la Coupe. La stratégie, c'était de dire que nous avons confiance dans le travail de Mbaye et que nous voulions continuer avec lui, quoi qu'il arrive dans les derniers matches. Nous sommes contents de l'avoir fait parce que si on avait annoncé sa prolongation après les play-offs, la nouvelle n'aurait pas été accueillie de la même manière, alors que notre stratégie aurait été strictement la même.

Que doit-on espérer du Standard la saison prochaine ?

GROSJEAN : Nous avons trois objectifs principaux : revenir à l'équilibre financier le plus vite possible, continuer à former nos jeunes tout en en faisant éclore certains en équipe première, et décrocher un ticket européen le plus vite possible. Le Standard doit retrouver la scène européenne et y être le plus souvent possible.

Découvrez l'intégralité de cette interview dans notre magazine du 9 juin.

Dans la Principauté, non loin d'un Carré qui sert de capitale nationale des amours éphémères, même les rancoeurs ont leur date de péremption. C'est ainsi que, plus de deux ans après avoir rencontré Razvan Marin dans une Académie qui a depuis changé de nom, Sport/Foot Magazine pousse les portes du Standard. Celles de Sclessin, en l'occurrence, où le bureau d'Alexandre Grosjean est niché au bout d'un couloir tortueux.Le CEO reçoit sans regarder sa montre, avec la prolixité de ceux qui ont aménagé leur agenda pour l'occasion. Le cadre idéal pour mettre un terme à 847 jours sans interview rouche dans les pages de notre magazine. Parce que dans un club où les péripéties se conjuguent toujours au pluriel, une si longue période de silence permet forcément d'accumuler un sacré paquet de questions. Entre ses murs où trônent fanions et trophées, comme autant de souvenirs de voyages, Alexandre Grosjean se charge longuement des réponses.Avec un peu de recul, quel bilan tirez-vous de cette saison ?ALEXANDRE GROSJEAN : C'est une saison maudite. Avec le covid, on savait que ça allait être compliqué. Mais ce n'est pas une excuse, tout le monde a dû composer avec les mêmes difficultés. On a été frappé au pire moment, avec neuf cas positifs juste avant les poules de l'Europa League. Ensuite, il y a eu un premier tournant avec la blessure de Zinho Vanheusden. C'était terrible pour le gamin, terrible aussi pour le club. Si on y ajoute une paire d'attaquants absolument pas productive, pas mal d'éléments ont complexifié le travail de Philippe Montanier et après les défaites contre Saint-Trond et Mouscron, on restait sur un 4/24 qui devenait très difficile à gérer. L'arrivée de Mbaye Leye a redonné des couleurs à tout le monde, jusqu'à la finale de la Coupe, où on a fait un très beau parcours. La défaite a été très dure à avaler, et elle explique en partie nos play-offs ratés. Au bout du compte, on termine huitième, ce qui est évidemment indigne d'un club comme le Standard.Qu'est-ce qui, dans ce bilan très mitigé, vous a convaincu de poursuivre l'aventure avec Mbaye Leye?GROSJEAN : D'abord, il y a ce parcours assez formidable en Coupe de Belgique. Ensuite, ce n'est pas évident pour un coach de prendre une équipe au milieu de la saison et de devoir commencer son boulot sans avoir pu le préparer en amont avec la direction. Ici, on voit clairement son intention d'apporter sa pierre à l'édifice.C'est un homme qui s'implique dans le club, et pas seulement dans le travail de son équipe ?GROSJEAN : Il a cette abnégation, cette combativité propre au club. Même si ça peut parfois lui jouer des tours ou être mal interprété, je suis content d'avoir quelqu'un qui s'exprime comme j'aimerais qu'on s'exprime depuis longtemps. Il y a six ans que je suis arrivé ici, je ne viens pas du foot et beaucoup de personnes me l'ont reproché. J'ai mis trop souvent mes poings en poche. Maintenant, je vais aller dans l'arène avec Mbaye, et montrer aux joueurs ce que ça représente de jouer pour le Standard. D'ailleurs avec désormais Mbaye, Patrick Asselman, Eric Deflandre et Jean-François Gillet, nous avons un staff presque entièrement composé d'anciens joueurs du club qui sont marqués au fer rouche. À tous les étages du club, ce sont des fondus du Standard. Ça ne veut pas dire qu'on ne fera plus d'erreur mais notre unique objectif, c'est le bien du club.Malgré la suite des évènements, vous n'avez donc pas regretté d'annoncer la prolongation de Leye avant les play-offs ?GROSJEAN : Nous l'avons volontairement prolongé avant, parce qu'on ne savait pas comment le groupe allait réagir à la défaite en finale de la Coupe. La stratégie, c'était de dire que nous avons confiance dans le travail de Mbaye et que nous voulions continuer avec lui, quoi qu'il arrive dans les derniers matches. Nous sommes contents de l'avoir fait parce que si on avait annoncé sa prolongation après les play-offs, la nouvelle n'aurait pas été accueillie de la même manière, alors que notre stratégie aurait été strictement la même.Que doit-on espérer du Standard la saison prochaine ?GROSJEAN : Nous avons trois objectifs principaux : revenir à l'équilibre financier le plus vite possible, continuer à former nos jeunes tout en en faisant éclore certains en équipe première, et décrocher un ticket européen le plus vite possible. Le Standard doit retrouver la scène européenne et y être le plus souvent possible.