Alexander Scholz (22 ans) commet peu de fautes, il s'infiltre aisément, il joue des deux pieds, sa vitesse lui permet de rattraper ses adversaires et il est efficace devant le but. Il est aux avant-postes de la plupart des classements des meilleurs défenseurs.

Il n'en est pourtant qu'à sa deuxième saison pro : à 18 ans, alors qu'il allait émerger au BK Velje, un club de D1 danoise, il est parti découvrir le monde avec son sac à dos. Il a travaillé dans une usine en Allemagne, s'est rendu à pied à St-Jacques de Compostelle, a visité l'Inde et le Népal puis escaladé le Kilimandjaro.

Tu es arrivé à Daknam il y a deux ans. As-tu changé ?

Alexander Scholz : Je quittais à peine l'adolescence. Je me suis apaisé et je suis content de mes choix. Pour la première fois de ma vie, je sais ce que je suis : footballeur pro. La première année, j'ai dû me faire à la vie, apprendre à me reposer, à me concentrer sur les matches.

Tu as étudié la philosophie, tu roules dans une petite Nissan Micra, tu n'as pas de manager. Bref, tu es alternatif dans le milieu. Comment fais-tu pour conserver ton identité tout en t'intégrant dans un groupe ?

Trouver un équilibre n'est pas facile. En plus, mes coéquipiers me charrient pas mal, comme Killian Overmeire, qui se moque de ce que je raconte dans mes interviews. J'aime la lutte intérieure que je dois mener chaque jour. J'ai appris qu'il fallait respecter une certaine hiérarchie, ne pas exiger trop de place au sein du groupe, sous peine de n'arriver à rien.

Tu as étudié la philosophie au Danemark puis à la KUL. Est-ce compatible avec le foot ?

Non et c'est pour ça que j'ai abandonné. J'étais trop critique, pas sur le jeu mais sur ce qui l'entoure. Or, en arrivant, j'ai décidé de vivre pour mon sport, avec tout ce que ça implique. J'aime jouer, j'ai l'esprit de compétition. Mon père a été footballeur pro au Danemark et j'ai toujours été repris par les meilleures équipes. Quand j'ai décidé de faire le tour du monde, je savais que je pouvais revenir.

C'est rassurant.

Oui. Je voulais voir si d'autres choses ne me plaisaient pas plus. Le foot était mon plan B. Pourtant, je n'aurais jamais imaginé jouer en Europa League. Le succès est relatif. Est-ce jouer au Real, à Lokeren ? Je ne jouerai jamais pour le Real mais je peux réussir une chouette carrière.

Lokeren a passé trois jours à Varsovie sans rien voir de la ville. Ça a dû te démanger ?

Oui ! J'ai ouvert grands mes yeux dans le car. J'ai aussi cherché des infos sur la Pologne, avec des coéquipiers, et puis nous les avons échangées en nous amusant.

Tu es copain avec Georgios Galitsios. Or, il aime la mode et est un footballeur plutôt typique...

J'aime la mode aussi. J'ai plusieurs facettes. Il m'arrive de me détendre en faisant du shopping mais parfois, j'ai envie de lire un bouquin.

Qu'as-tu appris de tes voyages ?

Je voulais voir l'impact de la liberté sur moi et appréhender la manière de vivre en sportif sans être frustré. J'ai découvert des cultures, des visions de la vie. Ça m'a ouvert l'esprit et ça m'a libéré de ma timidité. Je ne vis pas avec l'idée d'avoir raté quelque chose et ça m'aide à me concentrer sur le football.

Comme Hans Vanaken, ton début de saison a été difficile. A cause des bruits de transfert ? Genk, le Standard, Anderlecht, Bâle...

Je n'avais encore jamais suscité l'intérêt de grands clubs. Je suis heureux à Lokeren mais je veux aussi découvrir un niveau supérieur. J'ai voulu montrer que je méritais cette attention et je me suis crispé. Ça ne m'arrivera plus. Je ne vais plus m'occuper des ragots. Je travaille sans manager et des tas de gens me promettent monts et merveilles depuis mon arrivée à Daknam. Généralement, ce n'est pas concret. J'ai appris à dire immédiatement que quelque chose ne m'intéresse pas alors qu'avant, je ne voulais décevoir personne.

Tu es un produit.

Oui. En moi, il y a l'homme et le footballeur. Comme je veux que le second s'épanouisse, j'essaie de bien me vendre.

Tu es réputé aimable et accessible. Tu bavardes souvent avec les supporters, sur le parking. Pourrais-tu rester comme ça dans un grand club ?

Je me suis déjà posé la question. Rien que pour ça, j'ai envie de progresser : comment vais-je gérer tout ça ? J'ai déjà appris qu'il valait mieux s'isoler de temps en temps. Récemment, mon téléphone a été bloqué deux semaines et j'avoue que j'ai apprécié ce calme.

Tu as dit : "Les footballeurs ont beaucoup de temps libre mais peu de liberté." Comment combles-tu tes loisirs ?

Meubler ma vie a été le plus difficile la première année. Je voulais entreprendre trop de choses. Je suis souvent allé à Paris, parfois pour un après-midi. Mon corps a protesté. Surtout avec l'auto que j'ai... J'ai appris à me reposer, d'autant qu'avec la Coupe d'Europe et l'équipe nationale, j'ai peu de temps.

En fait, plus un footballeur gravit d'échelons, plus sa vie est simple.

Exactement . C'est comme ça que je le vis. Tout semble couler de source et ça ne peut qu'aller encore mieux car je veux continuer à grimper les échelons.

La concurrence est rude, en haut de l'échelle.

Je croyais que ce serait le cas ici mais tout le monde a été gentil. Je m'étais préparé à la solitude et à la concurrence mais finalement, ce n'est pas si terrible.

Alexander Scholz (22 ans) commet peu de fautes, il s'infiltre aisément, il joue des deux pieds, sa vitesse lui permet de rattraper ses adversaires et il est efficace devant le but. Il est aux avant-postes de la plupart des classements des meilleurs défenseurs.Il n'en est pourtant qu'à sa deuxième saison pro : à 18 ans, alors qu'il allait émerger au BK Velje, un club de D1 danoise, il est parti découvrir le monde avec son sac à dos. Il a travaillé dans une usine en Allemagne, s'est rendu à pied à St-Jacques de Compostelle, a visité l'Inde et le Népal puis escaladé le Kilimandjaro.Tu es arrivé à Daknam il y a deux ans. As-tu changé ?Alexander Scholz : Je quittais à peine l'adolescence. Je me suis apaisé et je suis content de mes choix. Pour la première fois de ma vie, je sais ce que je suis : footballeur pro. La première année, j'ai dû me faire à la vie, apprendre à me reposer, à me concentrer sur les matches.Tu as étudié la philosophie, tu roules dans une petite Nissan Micra, tu n'as pas de manager. Bref, tu es alternatif dans le milieu. Comment fais-tu pour conserver ton identité tout en t'intégrant dans un groupe ?Trouver un équilibre n'est pas facile. En plus, mes coéquipiers me charrient pas mal, comme Killian Overmeire, qui se moque de ce que je raconte dans mes interviews. J'aime la lutte intérieure que je dois mener chaque jour. J'ai appris qu'il fallait respecter une certaine hiérarchie, ne pas exiger trop de place au sein du groupe, sous peine de n'arriver à rien.Tu as étudié la philosophie au Danemark puis à la KUL. Est-ce compatible avec le foot ?Non et c'est pour ça que j'ai abandonné. J'étais trop critique, pas sur le jeu mais sur ce qui l'entoure. Or, en arrivant, j'ai décidé de vivre pour mon sport, avec tout ce que ça implique. J'aime jouer, j'ai l'esprit de compétition. Mon père a été footballeur pro au Danemark et j'ai toujours été repris par les meilleures équipes. Quand j'ai décidé de faire le tour du monde, je savais que je pouvais revenir.C'est rassurant.Oui. Je voulais voir si d'autres choses ne me plaisaient pas plus. Le foot était mon plan B. Pourtant, je n'aurais jamais imaginé jouer en Europa League. Le succès est relatif. Est-ce jouer au Real, à Lokeren ? Je ne jouerai jamais pour le Real mais je peux réussir une chouette carrière.Lokeren a passé trois jours à Varsovie sans rien voir de la ville. Ça a dû te démanger ?Oui ! J'ai ouvert grands mes yeux dans le car. J'ai aussi cherché des infos sur la Pologne, avec des coéquipiers, et puis nous les avons échangées en nous amusant.Tu es copain avec Georgios Galitsios. Or, il aime la mode et est un footballeur plutôt typique...J'aime la mode aussi. J'ai plusieurs facettes. Il m'arrive de me détendre en faisant du shopping mais parfois, j'ai envie de lire un bouquin.Qu'as-tu appris de tes voyages ?Je voulais voir l'impact de la liberté sur moi et appréhender la manière de vivre en sportif sans être frustré. J'ai découvert des cultures, des visions de la vie. Ça m'a ouvert l'esprit et ça m'a libéré de ma timidité. Je ne vis pas avec l'idée d'avoir raté quelque chose et ça m'aide à me concentrer sur le football.Comme Hans Vanaken, ton début de saison a été difficile. A cause des bruits de transfert ? Genk, le Standard, Anderlecht, Bâle...Je n'avais encore jamais suscité l'intérêt de grands clubs. Je suis heureux à Lokeren mais je veux aussi découvrir un niveau supérieur. J'ai voulu montrer que je méritais cette attention et je me suis crispé. Ça ne m'arrivera plus. Je ne vais plus m'occuper des ragots. Je travaille sans manager et des tas de gens me promettent monts et merveilles depuis mon arrivée à Daknam. Généralement, ce n'est pas concret. J'ai appris à dire immédiatement que quelque chose ne m'intéresse pas alors qu'avant, je ne voulais décevoir personne.Tu es un produit.Oui. En moi, il y a l'homme et le footballeur. Comme je veux que le second s'épanouisse, j'essaie de bien me vendre.Tu es réputé aimable et accessible. Tu bavardes souvent avec les supporters, sur le parking. Pourrais-tu rester comme ça dans un grand club ?Je me suis déjà posé la question. Rien que pour ça, j'ai envie de progresser : comment vais-je gérer tout ça ? J'ai déjà appris qu'il valait mieux s'isoler de temps en temps. Récemment, mon téléphone a été bloqué deux semaines et j'avoue que j'ai apprécié ce calme.Tu as dit : "Les footballeurs ont beaucoup de temps libre mais peu de liberté." Comment combles-tu tes loisirs ?Meubler ma vie a été le plus difficile la première année. Je voulais entreprendre trop de choses. Je suis souvent allé à Paris, parfois pour un après-midi. Mon corps a protesté. Surtout avec l'auto que j'ai... J'ai appris à me reposer, d'autant qu'avec la Coupe d'Europe et l'équipe nationale, j'ai peu de temps.En fait, plus un footballeur gravit d'échelons, plus sa vie est simple.Exactement . C'est comme ça que je le vis. Tout semble couler de source et ça ne peut qu'aller encore mieux car je veux continuer à grimper les échelons.La concurrence est rude, en haut de l'échelle.Je croyais que ce serait le cas ici mais tout le monde a été gentil. Je m'étais préparé à la solitude et à la concurrence mais finalement, ce n'est pas si terrible.