Le match au sommet de dimanche entre Bruges et le Standard a mis en lumière la solidité et la parfaite organisation des visiteurs, symbolisées notamment par un Paul-José Mpoku plus défensif qu'à l'habitude, au marquage d'un Hans Vanaken quasi invisible. L'international congolais a répondu sur le terrain aux critiques des dernières semaines. Des critiques qui visaient davantage son rôle en coulisses que ses prestations.

Pour rappel, le mercredi 16 octobre, Mpoku est aperçu dans les bureaux de la maison mauve aux côtés de l'agent Stijn Francis, et de son frère, Albert Sambi Lokonga. La raison de ce déplacement en terrain ennemi ? Des négociations avec Michael Verschueren au sujet de la prolongation du talentueux milieu de terrain anderlechtois.

L'information fuite rapidement (alors que les dirigeants mauves se félicitent ces derniers mois d'une certaine opacité avec le monde extérieur). Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Paul-José Mpoku franchit les grilles de Neerpede, surtout du temps où Sambi évoluait en équipes d'âge afin d'assister aux prestations du petit frère.

Mais la symbolique dérange et fait débat : comment l'un des boss du Standard peut-il s'entretenir avec des dirigeants mauves ? Mais surtout, quel rôle joue-t-il réellement ? Agent de joueur ou soutien et conseiller du frangin ? " Il n'est pas venu discuter en tant que joueur du Standard mais en tant que grand frère qui veille sur moi. Il sait faire la part des choses ", précise Albert Sambi Lokonga.

L'agent, Stijn Francis, qui s'occupe des intérêts du milieu de terrain bruxellois, tempère la polémique sur les réseaux sociaux. " Il est le frère du joueur et Stirr associates représente le joueur. Si la famille souhaite assister aux réunions, je ne peux que m'en réjouir. "

" N'importe quel membre de la famille du joueur peut être présent, que ce soit le père, la mère ou le frère ", précise l'Union Belge au Soir. D'ailleurs, dans le règlement relatif aux agents de joueurs, il n'est stipulé nulle part qu'un joueur, qui a le droit de se représenter lui-même, ne peut pas être l'agent d'un autre.

Du côté du Standard, on est tout de même quelque peu ennuyé par la situation. " Ce qui devait être dit, de la part de la direction, dont je fais partie, mais aussi de l'entraîneur, l'a été, en interne ", précise Michel Preud'homme. " Je dirais qu'il s'agit à mes yeux, dans ce cas-ci, d'un peu de naïveté, tout simplement. Rien d'autre... ".

Il est difficile pour les Liégeois, en revanche, de nier être au courant des activités extra-sportives de leur numéro 40 puisque la société de management sportif PMK Company (initiales de Polo Mpoku) a été constituée par la notaire, Catherine Jadin, épouse de Bruno Venanzi.

L'idée de mettre sur pied cette société trottait dans la tête de l'international congolais depuis quelques années. Elle devait permettre de guider la trajectoire de proches et notamment de répondre à l'appel de la maman de Loïs Openda, du temps où il n'était qu'un espoir du Club, elle qui semblait quelque peu perdue au milieu de ce foot business.

Comment lui donner tort ? Autre motif : mettre au turbin les amis d'enfance de Verviers, attirés comme beaucoup de jeunes par la profession (parfois très lucrative) d'agent de joueurs. Une profession où la confusion des rôles n'est pas neuve.

Combien de joueurs de notre D1 n'ont-ils pas été rémunérés par leur conseiller pour avoir ramené un coéquipier de vestiaire dans l'écurie de leur agent ? Combien sont-ils à troquer la casquette de joueur pour celle d'agent de joueurs ? Si elle n'est pas de notoriété publique, la pratique est loin d'être rarissime. Et souvent rémunératrice.

Au milieu d'un business où des personnes inculpées dans l'un des plus gros scandales du football belge continuent de parader ou presque, il devient difficile de rappeler les joueurs à l'ordre.