30%

Sur les 43 matches qu'ils ont disputé depuis le retour de leur stage à San Pedro del Pinatar, au mois de janvier dernier, les Carolos n'ont goûté aux joies de la victoire qu'à treize reprises. Un maigre taux de succès de 30% qui explique une bonne partie de leurs souffrances de la défunte année, bien plus souvent rythmée par les défaites (19 au total).
...

Sur les 43 matches qu'ils ont disputé depuis le retour de leur stage à San Pedro del Pinatar, au mois de janvier dernier, les Carolos n'ont goûté aux joies de la victoire qu'à treize reprises. Un maigre taux de succès de 30% qui explique une bonne partie de leurs souffrances de la défunte année, bien plus souvent rythmée par les défaites (19 au total). " Le début d'année 2018 n'a pas été simple ", rembobine Felice Mazzù. " Au mercato de janvier, on a créé du surnombre à certains postes, et les résultats n'ont pas répondu à nos attentes. Toute une association de négatif s'est installée, et c'est encore avec ce sentiment qu'on a démarré la nouvelle saison. D'autant plus que cet été, le mouvement important dans le noyau qui était annoncé est arrivé très tard, avec des joueurs qui étaient de grande qualité, mais pour la plupart en manque de rythme dans leurs clubs précédents. " Au décompte final, Charleroi occupe seulement la neuvième place des matches disputés en phase classique en 2018. Derrière le traditionnel G5, talonné par l'Antwerp, mais aussi dans le sillage de formations comme Courtrai ou Saint-Trond, plus performantes que le Sporting zébré lors de l'année écoulée. Au cours de l'année 2018, les Zèbres n'ont pas pu trouver le chemin des filets à dix reprises. Une panne offensive qui s'explique par la période délicate qu'avait traversée Kaveh Rezaei, buteur attitré de la saison dernière, lors des premiers mois de l'année. Une fois l'Iranien parti à Bruges, il a fallu trouver la bonne dynamique offensive, autour de Victor Osimhen, déjà neuf fois buteur depuis son arrivée - soit autant que Rezaei pour le compte des Carolos en 2018. Le buteur zébré de l'année reste toutefois Cristian Benavente, auteur de douze buts lors des douze derniers mois. " Pourtant, en fin de saison, j'étais un peu moins bien. Comme toute l'équipe, en fait ", reconnaît sans peine le Péruvien. " L'an dernier, j'ai passé la barre des dix buts pour la première fois de ma carrière, c'était beau pour moi. Mais l'objectif, c'est surtout d'aider l'équipe à gagner. De préférence, en marquant encore plus cette saison. " Avec dix réalisations depuis le coup d'envoi de la saison, El Chaval est bien parti pour écraser ses records. Réputée comme une forteresse, un bloc de granit impossible à fissurer, l'organisation défensive zébrée a vécu quelques moments délicats en 2018. Ses deux visites à Bruges se sont conclues avec onze buts encaissés dans les valises, et les 69 buts encaissés (contre 54 marqués) lors des 43 sorties de l'année laissent les Carolos avec une différence de buts de -15. " La marque de Charleroi, ça a toujours été l'organisation défensive ", avance pourtant Nicolas Penneteau, le dernier rempart des Zèbres. " Il faut que ce soit encore le cas. C'est peut-être un peu dur de dire ça, mais on n'a pas le talent individuel suffisant pour jouer des un-contre-un partout. On a une organisation qui nous permet de rattraper des coups, parce qu'on est bien compact, qu'on fait des choses ensemble. Faire les efforts défensifs, c'est dans l'ADN du club. Certains clubs ont des ADN différents, nous on a celui-là. Pour prendre un exemple, on est un peu comme l'Atlético. Ils ont cette particularité d'équipe qui sait très bien s'organiser, très bien défendre en mettant beaucoup de monde dans la phase défensive. " Entre le 19 janvier, date d'un succès à domicile contre Mouscron qui devait lancer l'année en championnat, et le 22 mars, Charleroi n'est plus parvenu à gagner. Une longue série de douze rencontres sans succès, à cheval sur la fin de la phase classique et le début des play-offs, qui a miné le moral des troupes zébrées avant de se lancer dans la lutte pour les places européennes. La victoire décrochée contre Gand mettait fin à 93 jours de chagrin, marqués par une défaite à Eupen, un triste nul à domicile face à Saint-Trond et, surtout, une raclée encaissée au Jan Breydel (6-0) quelques jours plus tôt. La crise s'était installée au Mambour, sur fond de critiques adressées à un Felice Mazzù qui ne cessait de chercher la bonne formule. " Depuis qu'il a été élu Entraîneur de l'année, il change de système à chaque match ", déploraient certains, pendant que d'autres s'acharnaient sur le salaire du coach, revalorisé au coeur de l'hiver et jeté en pâture à la presse locale. Au bout de l'orage, Mazzù avait retrouvé ses principes. Un bloc cohérent, et des reconversions rapides, conclues par des buts de Mamadou Fall et David Pollet pour mettre les Buffalos au tapis. Le début d'année raté et les caprices du supporter carolo lambda (hors groupes ultras), parfois difficiles à comprendre pour le club, ont fait chuter la moyenne, au bout de l'exercice 2017 (10.006) jusqu'aux play-offs 1, où la plupart des rencontres se sont disputées devant des tribunes latérales clairsemées. Le désamour s'est prolongé au début de la nouvelle saison, le public pointant du doigt un mercato pas assez ambitieux à son goût, et grognant carrément à l'encontre de Mehdi Bayat suite à la vente de Kaveh Rezaei, à l'occasion de la venue de Courtrai. Ce soir-là, ils n'étaient que 7.474 dans les travées du Mambour. Si l'année s'est conclue de meilleure manière, la venue du Standard (12.653) venant boucler une série de quatre matches au-dessus des 9.000 spectateurs, la conquête du public reste un dossier épineux dans les bureaux zébrés, et l'année écoulée ressemble à un petit pas en arrière dans ce domaine.