Directeur technique du FC Barcelone depuis 2010, Andoni Zubizarreta a connu de nombreuses péripéties avec le club catalan mais son credo est toujours resté le même : "Il faut que Messi soit content".

Comment vous y prenez-vous avec un joueur comme Messi ?

Pep disait déjà que son souci principal était que Messi soit content. Car si c'était le cas, le reste coulait de source. Quand je dis content, je ne veux pas dire qu'il doit rire tout le temps ou être heureux mais qu'il puisse jouer au niveau dont il a besoin. Il n'est pas nécessaire de parler avec lui pendant des heures car ce n'est pas un grand bavard mais plutôt un homme de faits. Il veut jouer dans une équipe compétitive avec des joueurs qui soient aussi capables de marquer lorsqu'il n'est pas dans son meilleur jour.

Votre rôle est donc de composer un noyau qui fonctionne bien avec Messi ?

On peut aussi tourner la question différemment: comment pourrait-on ne pas fonctionner avec Messi ? D'un point de vue professionnel, Leo est très exigeant envers les autres et envers lui-même.

S'entendait-il bien avec Ibrahimovic ?

Il y a eu des problèmes mais on ne les a constatés que plus tard. Au début, quand je n'étais pas encore directeur technique, on disait que Ibra et Henry apportaient de la présence physique et du jeu de tête à notre ligne d'attaque, quelque chose qui nous manquait.

Quand vous engagez un joueur, vous vous posez la question de savoir si son caractère passera au sein du groupe ?

Nous cherchons des joueurs sur base de ce que nous constatons pendant la saison et des entretiens avec le staff technique. Neymar, par exemple, nous apporte de la qualité sur le flanc, ce qui ouvre la défense adverse et crée de l'espace. Je ne voudrais pas d'un joueur dont je sais qu'il ne s'entend pas du tout avec Leo, comme je ne voudrais pas d'un gars qui ne s'arrangerait pas avec Xavi ou avec Busquets. Ceci dit, dans un vestiaire, il y a toujours des affinités et des inimitiés mais il faut pouvoir faire fi de tout cela pour que l'équipe atteigne son meilleur niveau. Johan Cruijff dit qu'un joueur joue d'abord pour lui-même. Il dépend de son corps et il s'agit d'une donnée instable. Il est possible de se déchirer un muscle après deux minutes d'entraînement et de se retrouver sur la touche pendant trois semaines. Cette incertitude fait en sorte qu'un joueur défende d'abord son nom, son prestige et sa carrière... avant de penser à ses équipiers parce qu'il a besoin d'eux.

Par Enric Gonzalez

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Andoni Zubizarreta dans votre Sport/Foot Magazine

Directeur technique du FC Barcelone depuis 2010, Andoni Zubizarreta a connu de nombreuses péripéties avec le club catalan mais son credo est toujours resté le même : "Il faut que Messi soit content".Comment vous y prenez-vous avec un joueur comme Messi ? Pep disait déjà que son souci principal était que Messi soit content. Car si c'était le cas, le reste coulait de source. Quand je dis content, je ne veux pas dire qu'il doit rire tout le temps ou être heureux mais qu'il puisse jouer au niveau dont il a besoin. Il n'est pas nécessaire de parler avec lui pendant des heures car ce n'est pas un grand bavard mais plutôt un homme de faits. Il veut jouer dans une équipe compétitive avec des joueurs qui soient aussi capables de marquer lorsqu'il n'est pas dans son meilleur jour.Votre rôle est donc de composer un noyau qui fonctionne bien avec Messi ? On peut aussi tourner la question différemment: comment pourrait-on ne pas fonctionner avec Messi ? D'un point de vue professionnel, Leo est très exigeant envers les autres et envers lui-même. S'entendait-il bien avec Ibrahimovic ? Il y a eu des problèmes mais on ne les a constatés que plus tard. Au début, quand je n'étais pas encore directeur technique, on disait que Ibra et Henry apportaient de la présence physique et du jeu de tête à notre ligne d'attaque, quelque chose qui nous manquait.Quand vous engagez un joueur, vous vous posez la question de savoir si son caractère passera au sein du groupe ? Nous cherchons des joueurs sur base de ce que nous constatons pendant la saison et des entretiens avec le staff technique. Neymar, par exemple, nous apporte de la qualité sur le flanc, ce qui ouvre la défense adverse et crée de l'espace. Je ne voudrais pas d'un joueur dont je sais qu'il ne s'entend pas du tout avec Leo, comme je ne voudrais pas d'un gars qui ne s'arrangerait pas avec Xavi ou avec Busquets. Ceci dit, dans un vestiaire, il y a toujours des affinités et des inimitiés mais il faut pouvoir faire fi de tout cela pour que l'équipe atteigne son meilleur niveau. Johan Cruijff dit qu'un joueur joue d'abord pour lui-même. Il dépend de son corps et il s'agit d'une donnée instable. Il est possible de se déchirer un muscle après deux minutes d'entraînement et de se retrouver sur la touche pendant trois semaines. Cette incertitude fait en sorte qu'un joueur défende d'abord son nom, son prestige et sa carrière... avant de penser à ses équipiers parce qu'il a besoin d'eux.Par Enric Gonzalez Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Andoni Zubizarreta dans votre Sport/Foot Magazine