Les joueurs du FC Porto étaient rouges de honte en rentrant au vestiaire l'an dernier, après s'être inclinés 0-5 face à Liverpool en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Comment l'équipe de Sérgio Conceição a-t-elle évolué depuis ?
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Les joueurs du FC Porto étaient rouges de honte en rentrant au vestiaire l'an dernier, après s'être inclinés 0-5 face à Liverpool en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Comment l'équipe de Sérgio Conceição a-t-elle évolué depuis ? Les supporters portugais veulent leur revanche. Selon eux, on ne peut pas comparer la situation actuelle à celle d'il y a un an. En mai 2018, le FC Porto a décroché son premier titre en cinq ans. Le fait de laisser Benfica derrière eux a rendu confiance aux Dragons. Depuis, Conceição n'a cessé de perfectionner son système, gommant les lacunes défensives. L'été dernier, pourtant, Porto a perdu la moitié de sa défense. Le capitaine Iván Marcano est parti à l'AS Roma tandis que l'arrière droit Ricardo Pereira a rejoint Leicester City. Mais l'argent qu'ils ont rapporté a fait du bien au club, qui n'est pas réputé pour ouvrir largement les cordons de la bourse sur le marché des transferts. Les quatre millions dépensés pour s'assurer le transfert du défenseur polyvalent brésilien Éder Militão (21) ont été rapidement amortis puisqu'il est très vite devenu titulaire au détriment de Chancel Mbemba (ex-Anderlecht). Il a même déjà été vendu au Real Madrid, qu'il rejoindra en fin de saison et où il doit devenir, à terme, le remplaçant de Sergio Ramos. Porto encaissera ainsi quarante millions d'euros, soit dix fois son investissement. A droite, l'expérimenté Maxi Pereira (34) a repris sa place tandis que Felipe et AlexTelles ont conservé la leur. Iker Casillas reste plus que jamais le numéro un : il n'a pas encore loupé la moindre seconde en Ligue des Champions. Avec 16 clean sheets et 24 buts encaissés en 34 matches, ses statistiques sont excellentes et lui ont valu une prolongation de contrat de deux ans. Cet hiver, lorsqu'il s'est avéré que Pepe était libre après la rupture de son contrat à Besiktas, Conceição et le président Pintoda Costa n'ont pas hésité à le faire revenir. Militão est passé à droite et l'ancien joueur du Real Madrid a pris place aux côtés de Felipe au coeur de la défense. Cela fait plusieurs années que Porto mène très bien sa barque en matière de transferts. Les Dragons parviennent chaque fois à vendre leurs meilleurs joueurs pour les remplacer par des joueurs moins chers sans que l'équipe perde en qualité. Entre l'ère José Mourinho (2002-2004) et aujourd'hui, le club a vendu des joueurs pour 890 millions d'euros et n'a acheté que pour 440 millions. Le meilleur exemple est le Colombien James Rodríguez, parti à Monaco pour 45 millions d'euros en 2013 alors qu'il n'avait coûté que cinq millions trois ans plus tôt. Militão suit le même chemin. Depuis 1976 ( ! ), le FC Porto n'a jamais terminé en dehors du top 3 de son championnat, ce qui fait de lui un club très régulier en Ligue des Champions. Il a également soulevé trois Coupes d'Europe (2 Coupes UEFA/Europa League, 1 Champions League) au cours des quinze dernières années. Cette année, pour la première fois depuis 2015, il s'est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. A l'époque, il avait battu le Bayern Munich à domicile (3-1) mais il s'était incliné 6-1 à l'Allianz Arena. Si le FC Porto encaisse peu cette saison, c'est aussi grâce à Danilo Pereira. Dans l'entrejeu, cette armoire à glace fait figure d'aspirateur et remplit son rôle à merveille. Il récupère des ballons et est très dangereux sur les phases arrêtées. A ses côtés, le nouveau capitaine aux trois poumons, Héctor Herrera, organise le jeu. Le Mexicain est un des meilleurs box-to-box du marché. Il couvre énormément de terrain et permet à son équipe de jouer haut. De plus, il a suffisamment de technique pour éliminer un défenseur. Il ne lui manque que des statistiques mais Diego Simeone est fou de lui et le veut à l'Atlético. Afin de libérer ses défenseurs latéraux, Conceição demande à ses ailiers de rentrer dans le jeu. Leurs triangles et leurs une-deux jouent un rôle crucial entre les lignes. Sur la gauche, Yacine Brahimi a longtemps été un des meilleurs mais une baisse de régime et une succession de petites blessures lui ont coûté sa place au profit du Brésilien Otávio (24). Sur l'autre flanc, le Mexicain Jesús Corona est une valeur sûre. Contrairement à ce qu'il se passait par le passé, ce n'est plus la ligne d'attaque qui fait la force du FC Porto. Moussa Marega a certes inscrit six buts et délivré trois assists en sept matches de Ligue des Champions mais il n'arrive pas encore à la cheville de Radamel Falcao, Hulk et Jackson Martínez. Depuis la blessure de Vincent Aboubakar, fin septembre, le Malien porte à lui tout seul le poids de la ligne d'attaque. Telles centre comme il respire mais, s'il n'est pas soutenu, Marega aura du mal à lutter contre Virgil van Dijk & Co. Cette carence se reflète en championnat : le FC Porto a marqué pratiquement 20 buts de moins que Benfica. Quatorzième au classement mondial des clubs, le FC Porto fait mieux que tirer son épingle du jeu. L'accès aux quarts de finale de la Ligue des Champions lui permet de gagner neuf places par rapport à l'été dernier. Il est ainsi le club portugais le mieux classé de l'histoire, ce qui ne fait pas plaisir à Lisbonne. Face à Liverpool, Porto ne part pas favori mais il a une petite chance de qualification. Depuis la double confrontation de l'an dernier, il a renforcé son épine dorsale et a assimilé davantage le concept d'un coach motivé. De plus, ses joueurs voudront se mettre en évidence. Les huitièmes de finale ont démontré que, cette saison, tout était possible en Ligue des Champions. Les Dragons sont donc prêts à cracher le feu.