23 août 2016. L'Ajax est en crise. Il vient d'être battu par Rostov au dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions. Le lendemain, les Russes prennent la place des Amstellodamois dans une poule avec l'Atlético Madrid et le Bayern. L'Ajax doit se satisfaire de l'Europa League.

Le club puise profond dans sa poche pour enrôler un joueur qui n'était même pas encore apparu sur son radar quelques jours plus tôt et qui, sans cette élimination douloureuse, aurait sans doute mis le cap sur un autre club.

La panique de l'Ajax torpille les projets du club qui a été victime de Rostov avant lui. Le 3 août, en effet, les Russes ont éliminé Anderlecht au troisième tour de qualification et le Sporting est conscient de manquer de qualité.

Quand l'Ajax est éliminé, le directeur sportif d'Anderlecht, Herman Van Holsbeeck, a déjà discuté deux fois avec Mustapha Nakhli, l'agent de l'avant du FC Twente. Deux ans plus tôt, ce club a payé 3,5 millions à Heerenveen pour Hakim Ziyech, qui préfère l'équipe nationale du Maroc à celle des Pays-Bas en septembre 2015.

Van Holsbeeck sait que Twente a de gros soucis de trésorerie et a donc un besoin urgent de fonds. Son président est prêt à débourser huit millions pour l'avant. Jamais encore les Mauves n'ont dépensé autant pour un footballeur.

"Ziyech était en effet notre première option l'été 2016", confirme Van Holsbeeck. "Nous étions en bonne posture jusqu'à ce que l'Ajax sombre dans la panique et se manifeste, faisant augmenter le prix à plus de dix millions, une somme que nous ne pouvions payer. Mais Ziyech avait certainement le profil requis pour Anderlecht."

Nanti du budget disponible, Van Holsbeeck part à la recherche d'une alternative, qui sera le médian roumain Nicolae Stanciu. C'est lui et non Ziyech qui devient ainsi le transfert le plus cher d'Anderlecht mais alors que le Néerlandais d'origine marocaine casse la baraque, Stanciu s'en va par l'arrière porte après deux petites années.

"Pourtant, il avait également le profil requis", maintient Van Holsbeeck. "Même quand il entrait en cours de jeu, sans être titulaire, le stade frissonnait."

Le 30 août, Ziyech pose, revêtu du maillot de l'Ajax, qui a versé onze millions pour s'assurer ses services. Cette saison-là, l'Ajax dispute la finale de l'Europa League, qu'il perd face à Manchester United. L'été dernier, l'attaquant trouve un accord personnel avec l'AS Rome mais les clubs ne parviennent pas à s'entendre.

"Je devais vraiment progresser sur le plan sportif mais les autres clubs qui s'intéressaient à moi n'étaient pas meilleurs que l'Ajax", explique-t-il en septembre. "Le déclic s'est produit quand nous avons éliminé le Standard de Liège. J'ai réalisé que nous avions des chances de participer aux poules de la Ligue des Champions."

Il trouve l'Ajax actuel encore meilleur que l'équipe qui a perdu la finale d'EL il y a deux ans. "Pour moi, nous ne placerons jamais la latte suffisamment haut."

Par Geert Foutré