1er février 2020, Madrid ne parle que du derby. Yannick Carrasco (26 ans), le surprenant nouveau venu de l'Atlético, aussi. Il n'a encore qu'une séance dans les jambes avec son nouveau (et ancien) club, mais Diego Simeone le reprend quand même dans son noyau. À la 56e, quand Karim Benzema marque, Carrasco est envoyé à l'échauffement. Il entre au jeu à 19 minutes du terme, mais ne parvient pas à forcer un résultat.

Carrasco est la surprise des derniers jours de la période des transferts. El Cholo voulait en fait un neuf et il espérait obtenir l'Uruguayen Edinson Cavani. Mais les Madrilènes jugent excessives les commissions exigées par l'entourage du Matador, notamment par son frère, et le transfert capote in extremis. Place au plan B : Yannick Carrasco. Il est polyvalent, mais n'est pas un véritable neuf, c'est un ailier. Il veut quitter la Chine, pas seulement parce que le coronavirus y a tout paralysé, mais aussi pour des raisons sportives. L'Atlético trouve rapidement un accord de location avec Dalian et obtient même une option d'achat. On parle de trente millions, un montant que les Colchoneros n'ont jamais confirmé. L'arrivée de Carrasco est également une bonne nouvelle pour le Français Thomas Lemar, qui ne doit plus partir.

Méthodes connues

Carrasco a un avantage : grâce à son passage précédent à l'Atlético, les méthodes de Simeone lui sont familières. Il faut beaucoup courir, être généreux dans l'effort et se placer au service du résultat. Même une star comme Antoine Griezmann a dû le faire. Le départ de Carrasco - sa fuite selon certains - était partiellement dû à des raisons physiques, mais il avait aussi du mal à supporter certains poids lourds du groupe. On a souvent cité les noms de Gabi et de Diego Godin, tous deux partis depuis lors.

À ses débuts, Carrasco accuse un énorme retard, à cause de la longue trêve hivernale en Chine.

Jusqu'à la pause dûe au corona, à partir du 7 mars en Espagne, Carrasco est plutôt pâle. Il base son football sur son physique. Or, il accuse un énorme retard, à cause de la longue trêve hivernale en Chine. Ses statistiques sont médiocres : une seule titularisation, quelques entrées au jeu et peu d'impact sur le jeu. Il est relégué au rang de spectateur dans les deux matches européens contre Liverpool.

Carrasco nouveau

Depuis la reprise de La Liga, à la mi-juin, on a découvert un tout autre Diable. Affûté, costaud, vertical, il a un impact sur le jeu de l'Atlético. Le plan B s'est entraîné d'arrache-pied pendant l'arrêt de la compétition et il est devenu un plan A.

Le mardi 30 juin, au Camp Nou de Barcelone, il se révèle. Ses raids sur le flanc gauche font le désespoir du Barça. Les deux coups de réparation qu'il provoque, tous deux convertis par Saúl, permettent à l'Atlético d'obtenir le point du nul. Le Barça recule encore un peu plus et peut oublier le titre. À l'issue de la confrontation, Simeone complimente notre compatriote : "Le Carrasco d'avant (de 2016, quand son but en finale de la CL avait permis à l'équipe de disputer les prolongations) est en train de revenir : décisif, vertical, crucial dans la dernière partie du terrain. J'en suis très content."

Lors du choc face au Barça d'Arturo Vidal., CORDONPRESS
Lors du choc face au Barça d'Arturo Vidal. © CORDONPRESS

Ce sont des semaines importantes. Sa location à l'Atlético prend fin ce jour-là, mais comme la saison n'est pas achevée, la FIFA décide de prolonger ce genre de contrats. C'est une bonne nouvelle pour Carrasco : il dispose de plus de temps pour convaincre ses patrons de verser le montant requis pour son transfert définitif ou pour tenter d'arracher une nouvelle location au club chinois. Depuis quelques semaines, c'est cette option qui est sur la table, sans que les clubs aient encore trouvé un accord.

Carrasco a continué sur sa lancée en juillet. Il est resté déterminant. Malade, il a loupé le match au Celta, mais il a délivré deux assists contre le Betis et Getafe. L'Atlético a terminé troisième et, notamment grâce à Carrasco, il n'a plus perdu un seul match depuis le fameux duel au Real.

Objectif grandes oreilles

Son club cultive de grandes ambitions pour le tour final de Champions League. Il reste sur 18 matches sans défaite, sur sept victoires et quatre nuls depuis la reprise en juin. Le trident de pointe (João Felix, Diego Costa et Alvaro Morata) est fit. Ajoutez-y un Carrasco ressuscité, qui a reconquis ses galons de titulaire à gauche, et l'Atlético possède de fameux atouts.

L'Atlético ne doit pas redouter la nouvelle formule par élimination directe.

La défense est impeccable, bien qu'elle doive encore le prouver face à un Leipzig rapide et bourré de vitalité. Suite aux départs de Juanfran, Filipe Luis, Godin et Lucas Hernandez, la dernière ligne a soulevé des doutes, mais les nouvelles têtes ont bien écouté Simeone et sont tout aussi inébranlables que les anciennes. L'Atlético a éliminé Liverpool, qui est pourtant une machine, et n'a encaissé que 27 buts en championnat.

L'équipe ne doit pas redouter la nouvelle formule par élimination directe. Les finales, car tous les matches en sont désormais, sont la spécialité de Simeone. Il a gagné six des dix précédentes, remportant notamment deux fois l'Europa League. Et s'il en a perdu quatre, dont deux de Ligue des Champions, l'Atlético de Simeone a forcé les prolongations deux fois et les tirs au but dans les deux autres finales.

1er février 2020, Madrid ne parle que du derby. Yannick Carrasco (26 ans), le surprenant nouveau venu de l'Atlético, aussi. Il n'a encore qu'une séance dans les jambes avec son nouveau (et ancien) club, mais Diego Simeone le reprend quand même dans son noyau. À la 56e, quand Karim Benzema marque, Carrasco est envoyé à l'échauffement. Il entre au jeu à 19 minutes du terme, mais ne parvient pas à forcer un résultat.Carrasco est la surprise des derniers jours de la période des transferts. El Cholo voulait en fait un neuf et il espérait obtenir l'Uruguayen Edinson Cavani. Mais les Madrilènes jugent excessives les commissions exigées par l'entourage du Matador, notamment par son frère, et le transfert capote in extremis. Place au plan B : Yannick Carrasco. Il est polyvalent, mais n'est pas un véritable neuf, c'est un ailier. Il veut quitter la Chine, pas seulement parce que le coronavirus y a tout paralysé, mais aussi pour des raisons sportives. L'Atlético trouve rapidement un accord de location avec Dalian et obtient même une option d'achat. On parle de trente millions, un montant que les Colchoneros n'ont jamais confirmé. L'arrivée de Carrasco est également une bonne nouvelle pour le Français Thomas Lemar, qui ne doit plus partir.Carrasco a un avantage : grâce à son passage précédent à l'Atlético, les méthodes de Simeone lui sont familières. Il faut beaucoup courir, être généreux dans l'effort et se placer au service du résultat. Même une star comme Antoine Griezmann a dû le faire. Le départ de Carrasco - sa fuite selon certains - était partiellement dû à des raisons physiques, mais il avait aussi du mal à supporter certains poids lourds du groupe. On a souvent cité les noms de Gabi et de Diego Godin, tous deux partis depuis lors.Jusqu'à la pause dûe au corona, à partir du 7 mars en Espagne, Carrasco est plutôt pâle. Il base son football sur son physique. Or, il accuse un énorme retard, à cause de la longue trêve hivernale en Chine. Ses statistiques sont médiocres : une seule titularisation, quelques entrées au jeu et peu d'impact sur le jeu. Il est relégué au rang de spectateur dans les deux matches européens contre Liverpool.Depuis la reprise de La Liga, à la mi-juin, on a découvert un tout autre Diable. Affûté, costaud, vertical, il a un impact sur le jeu de l'Atlético. Le plan B s'est entraîné d'arrache-pied pendant l'arrêt de la compétition et il est devenu un plan A.Le mardi 30 juin, au Camp Nou de Barcelone, il se révèle. Ses raids sur le flanc gauche font le désespoir du Barça. Les deux coups de réparation qu'il provoque, tous deux convertis par Saúl, permettent à l'Atlético d'obtenir le point du nul. Le Barça recule encore un peu plus et peut oublier le titre. À l'issue de la confrontation, Simeone complimente notre compatriote : "Le Carrasco d'avant (de 2016, quand son but en finale de la CL avait permis à l'équipe de disputer les prolongations) est en train de revenir : décisif, vertical, crucial dans la dernière partie du terrain. J'en suis très content."Ce sont des semaines importantes. Sa location à l'Atlético prend fin ce jour-là, mais comme la saison n'est pas achevée, la FIFA décide de prolonger ce genre de contrats. C'est une bonne nouvelle pour Carrasco : il dispose de plus de temps pour convaincre ses patrons de verser le montant requis pour son transfert définitif ou pour tenter d'arracher une nouvelle location au club chinois. Depuis quelques semaines, c'est cette option qui est sur la table, sans que les clubs aient encore trouvé un accord.Carrasco a continué sur sa lancée en juillet. Il est resté déterminant. Malade, il a loupé le match au Celta, mais il a délivré deux assists contre le Betis et Getafe. L'Atlético a terminé troisième et, notamment grâce à Carrasco, il n'a plus perdu un seul match depuis le fameux duel au Real.Son club cultive de grandes ambitions pour le tour final de Champions League. Il reste sur 18 matches sans défaite, sur sept victoires et quatre nuls depuis la reprise en juin. Le trident de pointe (João Felix, Diego Costa et Alvaro Morata) est fit. Ajoutez-y un Carrasco ressuscité, qui a reconquis ses galons de titulaire à gauche, et l'Atlético possède de fameux atouts.La défense est impeccable, bien qu'elle doive encore le prouver face à un Leipzig rapide et bourré de vitalité. Suite aux départs de Juanfran, Filipe Luis, Godin et Lucas Hernandez, la dernière ligne a soulevé des doutes, mais les nouvelles têtes ont bien écouté Simeone et sont tout aussi inébranlables que les anciennes. L'Atlético a éliminé Liverpool, qui est pourtant une machine, et n'a encaissé que 27 buts en championnat.L'équipe ne doit pas redouter la nouvelle formule par élimination directe. Les finales, car tous les matches en sont désormais, sont la spécialité de Simeone. Il a gagné six des dix précédentes, remportant notamment deux fois l'Europa League. Et s'il en a perdu quatre, dont deux de Ligue des Champions, l'Atlético de Simeone a forcé les prolongations deux fois et les tirs au but dans les deux autres finales.