Le site spécialisé The Coaches' Voice est clair : "Si la formation reçue par un footballeur est un facteur déterminant pour son potentiel d'entraîneur, alors Xabi Alonso pourrait devenir un des meilleurs."
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Le site spécialisé The Coaches' Voice est clair : "Si la formation reçue par un footballeur est un facteur déterminant pour son potentiel d'entraîneur, alors Xabi Alonso pourrait devenir un des meilleurs."Xabi Alonso s'était déjà mis en valeur à l'âge de 18 ans avec la Real Sociedad de JoshToshack, avant de remporter la Ligue des Champions avec le Liverpool de Rafael Benitez et de devenir un des meilleurs meneurs de jeu de la planète.En 2009, il est rentré en Espagne pour jouer cinq ans dans les rangs du Real Madrid. Il y a travaillé sous les ordres de Manuel Pellegrini et José Mourinho, et il y a remporté la Décima avec Carlo Ancelotti. En équipe nationale aussi, il a bossé avec du beau linge, Luis Aragonés et Vicente Del Bosque. Bilan : deux championnats d'Europe (2008, 2012) et une Coupe du monde (2010).Des coaches de grand talent donc, mais aussi des styles différents. Alonso a expliqué un jour : "Au Real, on mettait l'accent sur les transitions rapides, sans multiplier inutilement les passes. À Liverpool avec Benitez, je jouais dans un 4-2-3-1, en numéro 6 avec Steven Gerrard près de moi. Ça m'a obligé à corriger mon jeu défensif. Avec Javier Mascherano dans l'équipe, j'évoluais un peu plus haut, près du numéro 10 et de Fernando Torres. C'était intense et direct."Mais ça ne suffisait toujours pas à son apprentissage. Il voulait apprendre à jouer dans une équipe dominante, continuellement en possession. "Je suis allé au Bayern pour apprendre les secrets de Pep Guardiola et son enthousiasme sans limite. On avait l'impression de mieux connaître l'adversaire qu'il se connaissait lui-même." Il a aimé gagner des trophées avec le Bayern, mais ce qui l'intéressait surtout pendant les dernières années de sa carrière, c'était l'apprentissage aux côtés de l'un des meilleurs entraîneurs du monde, un des plus téméraires aussi.À Munich, il jouait en unique 6, avec deux médians offensifs devant lui. "Il fallait former un bon trio avec les deux défenseurs centraux au moment de la construction et de la recherche d'espaces. Comprendre et lire le jeu de position, c'est important. À 32 ans, j'apprenais encore beaucoup de choses."Guardiola donnait à ses joueurs le maximum d'informations sur les adversaires, ce qui a permis à Alonso d'apprendre des choses intéressantes sur d'autres entraîneurs. "Jürgen Klopp voulait nous enfermer dans une cage en nous bloquant dans le carré entre ses attaquants et ses médians. Je n'aimais pas ça."En 2018, après avoir obtenu ses diplômes, il a suivi quelques entraînements de Manchester City. Puis il s'est vraiment mis au boulot. D'abord à la tête des U14 du Real, puis il a repris la Real Sociedad B, en troisième division. "Je veux une équipe offensive qui prend l'initiative et réclame le ballon. On évolue généralement en 4-3-3 mais ça peut aussi être avec trois défenseurs dans un 3-2-2-3. J'essaie de transmettre des stimuli différents à mes joueurs pour qu'ils soient capables de reconnaître différentes situations de jeu. Quand on répète ça souvent, quand on insiste, quand on leur montre ce qui fonctionne bien, ils apprennent plus vite que je le pensais."Au bout de sa première saison, l'équipe de Xabi Alonso a terminé à une belle cinquième place. Aujourd'hui, après 19 matches, elle est en tête avec la meilleure différence de buts et le moins de goals encaissés. Des résultats qui attirent les regards, d'autant qu'il sera en fin de contrat cet été.Ce lundi, le journal allemand Bild affirmait que Xabi Alonso remplacerait presque à coup sûr Marco Rose au Borussia Mönchengladbach. Le lendemain, le concurrent Kicker démentait l'info. Bref, on ne sait toujours pas où l'Espagnol va atterrir. Ce qui est sûr, c'est qu'un destin intéressant l'attend. "Il dégage de l'autorité et il parle plusieurs langues. Il sera une option intéressante pour le Bayern dans le futur." C'est signé Karl-Heinz Rummenigge, CEO du géant bavarois. Carrément.Xabi Alonso n'est pas le seul ex-joueur espagnol à pouvoir faire une grande carrière d'entraîneur. Quand il a obtenu son diplôme en 2018, il était dans la même promotion que Xavi, Raúl, Victor Valdés et Joan Capdevila. Et la même année, Guti a signé un triplé historique avec les U19 du Real.Raúl et Valdés coachent des jeunes du Real et de Barcelone. Xavi fait jouer Al-Sadd à la Cruijff et domine le championnat qatari. On l'a même cité pour entraîner le Barça. Mikel Arteta a côtoyé le professeur Arsène Wenger à Arsenal lors de ses dernières années de joueur puis, comme Alonso, il a emmagasiné de l'expérience auprès de Guardiola, comme adjoint. Il est le T1 des Gunners depuis fin 2019.Par Sebastiaan Van Praet