Les Allemands n'aiment pas les clubs maintenus en vie par des grandes sociétés. Le Bayer Leverkusen émarge depuis des années à l'élite de la Bundesliga mais la formation soutenue par le géant pharmaceutique ne parvient pas à émerger de l'ombre de clubs de tradition comme le FC Cologne ou le Fortuna Düsseldorf, alors même qu'ils évoluent actuellement en deuxième Bundesliga.

La situation du VfL Wolfsburg, soutenu par Volkswagen, n'est pas différente. Malgré son titre en 2009, il n'est guère parvenu à sortir de l'anonymat. Hanovre 96, situé non loin, attire davantage de monde tout comme l'Eintracht Braunschweig, qui militait alors en D3, jouissait d'une plus grande popularité. Les tentatives assez artificielles entreprises par Wolfsburg pour améliorer son image grâce à ce titre ont échoué, d'autant que le club a rapidement redescendu les échelons, à cause de transferts ratés. Même Felix Magath n'a pu inverser la tendance. L'entraîneur à succès, qui applique une discipline de fer, a rejoint Schalke 04 au terme de la saison mais est revenu à Wolfsburg un an et demi plus tard. Il a retrouvé des joueurs qui ne voulaient plus de ses méthodes et il a été limogé en octobre 2012, laissant derrière lui un noyau trop large et des joueurs surpayés.

Budget illimité

Wolfsburg n'est pas précisément une métropole bruissant d'animation. La ville, qui compte 125.000 habitants, a été fondée en 1938 par les nazis pour loger les travailleurs de l'usine automobile. La ville était morne et cette grisaille se reflète toujours sur le club. Même le titre n'a pas modifié cette image. Pire, il s'est avéré un cadeau empoisonné car le club a perdu son identité. Les permanentes injections financières du sponsor ont nui aux tentatives de charme du club et le capital a primé sur le sport. Le VfL Wolfsburg est un club contrasté: d'un côté, il y a une mauvaise gestion, des querelles intestines et l'incapacité à déterminer une ligne sportive claire et stable. De l'autre, il y a les formidables installations fournies par Volkswagen.

Dans une ultime tentative pour retrouver le calme et initier une certaine continuité, le VfL Wolfsburg a réalisé un coup en or en novembre 2012 : il a recruté Klaus Allofs, le manager du Werder Brême. L'ancien international, qui a travaillé treize ans sur les rives du Weser, a l'art de dénicher les talents et il est redoutable dans les négociations. Il est d'ailleurs considéré comme un des meilleurs managers de Bundesliga. C'est lui qui a loué Kevin De Bruyne à Chelsea, pour le compte du Werder, et qui a maintenant fait preuve de suffisamment de patience pour faire baisser la somme titanesque demandée par le club londonien. Les 21,5 millions finalement payés à Chelsea constituent toutefois un énorme investissement pour un club qui ne joue pas de Coupe d'Europe. En tout cas, la somme a fait reculer des clubs plus prestigieux tels que le Bayer Leverkusen et même le Borussia Dortmund.
Le VfL est accoutumé aux folies financières: il y a quelques années, il a offert un salaire annuel de 8 millions au médian brésilien Diego, une transaction réalisée avec la bénédiction du puissant sponsor. L'été dernier, le club a déboursé 20 millions pour un autre Brésilien, Luiz Gustavo, qui était sur une voie de garage au Bayern. Les possibilités économiques du club semblent illimitées. De tous les clubs de Bundesliga, seul le Bayern a un coût salarial plus élevé que Wolfsburg.

Froideur

Volkswagen trépigne d'impatience. Le constructeur automobile a émergé de la crise l'année dernière et ça doit se voir sur le terrain. À terme, le VfL veut concurrencer le Bayern. Il veut se produire en Ligue des Champions la saison prochaine et ce n'est pas impossible : il est actuellement cinquième, à trois unités du troisième, le Borussia Mönchengladbach. Or, la troisième place octroie un accès direct au bal des champions. D'où l'arrivée de De Bruyne, qui doit permettre à l'équipe de développer le jeu offensif que souhaite l'entraîneur, Dieter Hecking. Ce dernier est un coach passionné, qui peut paraître hargneux et grossier mais qui est en fait très accessible. En début de saison, il a pointé du doigt une lacune de l'équipe: l'absence d'un bon médian défensif. Hecking convoitait Timmy Simons, avec lequel il a travaillé trois ans au FC Nuremberg. Il espère maintenant que Junior Malanda, transféré de Zulte Waregem, comblera ce vide dans l'entrejeu.

Reste à voir si ces transferts conduiront au succès escompté. Pour la première fois depuis longtemps, le club où Ivan Perisic fait surtout banquette a un concept. La foule n'a toutefois pas encore pris le chemin de la Volkswagen-Arena. Le VfL Wolfsburg a une assistance moyenne de 28.500 personnes et quelques centaines seulement l'accompagnent en déplacement. Eric Gerets a ressenti cette froideur quand il entraînait le club, durant la saison 2004-2005, de même que Peter Van Der Heyden, qui y a joué de 2005 à 2008.

La solution KDB

Wolfsburg entame le second tour le week-end prochain contre son voisin, Hanovre 96. Il alignera certainement Kevin De Bruyne et peut-être aussi Junior Malanda. En renforçant son noyau, le VfL Wolfsburg a voulu rendre l'équipe plus régulière. Il n'a plus essuyé de revers depuis début octobre mais la qualité du jeu laisse à désirer.
À côté de transferts comme celui de Kevin De Bruyne, le VfL Wolfsburg joue la carte des jeunes. Le complexe qui leur est réservé a été agrandi. Dieter Hecking et Klaus Allofs s'y rendent fréquemment pour jauger leur patrimoine. Wolfsburg possède un des plus grands talents du football allemand: Maximilian Arnold, un médian de 19 ans. Avec Diego, Luis Gustavo et De Bruyne, il doit former un entrejeu technique et ultra offensif dont Junior Malanda est le verrou. L'attaque manque encore de puissance de feu. Le Néerlandais Bas Dost, qui intéresse Vitesse, et le Croate Ivicar Olic trouvent difficilement le chemin des filets. Le recrutement d'un avant constitue la priorité absolue du club l'été prochain. L'argent n'a pas d'importance car cet avant doit être le dernier maillon de la chaîne.

Les Allemands n'aiment pas les clubs maintenus en vie par des grandes sociétés. Le Bayer Leverkusen émarge depuis des années à l'élite de la Bundesliga mais la formation soutenue par le géant pharmaceutique ne parvient pas à émerger de l'ombre de clubs de tradition comme le FC Cologne ou le Fortuna Düsseldorf, alors même qu'ils évoluent actuellement en deuxième Bundesliga. La situation du VfL Wolfsburg, soutenu par Volkswagen, n'est pas différente. Malgré son titre en 2009, il n'est guère parvenu à sortir de l'anonymat. Hanovre 96, situé non loin, attire davantage de monde tout comme l'Eintracht Braunschweig, qui militait alors en D3, jouissait d'une plus grande popularité. Les tentatives assez artificielles entreprises par Wolfsburg pour améliorer son image grâce à ce titre ont échoué, d'autant que le club a rapidement redescendu les échelons, à cause de transferts ratés. Même Felix Magath n'a pu inverser la tendance. L'entraîneur à succès, qui applique une discipline de fer, a rejoint Schalke 04 au terme de la saison mais est revenu à Wolfsburg un an et demi plus tard. Il a retrouvé des joueurs qui ne voulaient plus de ses méthodes et il a été limogé en octobre 2012, laissant derrière lui un noyau trop large et des joueurs surpayés. Budget illimité Wolfsburg n'est pas précisément une métropole bruissant d'animation. La ville, qui compte 125.000 habitants, a été fondée en 1938 par les nazis pour loger les travailleurs de l'usine automobile. La ville était morne et cette grisaille se reflète toujours sur le club. Même le titre n'a pas modifié cette image. Pire, il s'est avéré un cadeau empoisonné car le club a perdu son identité. Les permanentes injections financières du sponsor ont nui aux tentatives de charme du club et le capital a primé sur le sport. Le VfL Wolfsburg est un club contrasté: d'un côté, il y a une mauvaise gestion, des querelles intestines et l'incapacité à déterminer une ligne sportive claire et stable. De l'autre, il y a les formidables installations fournies par Volkswagen. Dans une ultime tentative pour retrouver le calme et initier une certaine continuité, le VfL Wolfsburg a réalisé un coup en or en novembre 2012 : il a recruté Klaus Allofs, le manager du Werder Brême. L'ancien international, qui a travaillé treize ans sur les rives du Weser, a l'art de dénicher les talents et il est redoutable dans les négociations. Il est d'ailleurs considéré comme un des meilleurs managers de Bundesliga. C'est lui qui a loué Kevin De Bruyne à Chelsea, pour le compte du Werder, et qui a maintenant fait preuve de suffisamment de patience pour faire baisser la somme titanesque demandée par le club londonien. Les 21,5 millions finalement payés à Chelsea constituent toutefois un énorme investissement pour un club qui ne joue pas de Coupe d'Europe. En tout cas, la somme a fait reculer des clubs plus prestigieux tels que le Bayer Leverkusen et même le Borussia Dortmund. Le VfL est accoutumé aux folies financières: il y a quelques années, il a offert un salaire annuel de 8 millions au médian brésilien Diego, une transaction réalisée avec la bénédiction du puissant sponsor. L'été dernier, le club a déboursé 20 millions pour un autre Brésilien, Luiz Gustavo, qui était sur une voie de garage au Bayern. Les possibilités économiques du club semblent illimitées. De tous les clubs de Bundesliga, seul le Bayern a un coût salarial plus élevé que Wolfsburg. Froideur Volkswagen trépigne d'impatience. Le constructeur automobile a émergé de la crise l'année dernière et ça doit se voir sur le terrain. À terme, le VfL veut concurrencer le Bayern. Il veut se produire en Ligue des Champions la saison prochaine et ce n'est pas impossible : il est actuellement cinquième, à trois unités du troisième, le Borussia Mönchengladbach. Or, la troisième place octroie un accès direct au bal des champions. D'où l'arrivée de De Bruyne, qui doit permettre à l'équipe de développer le jeu offensif que souhaite l'entraîneur, Dieter Hecking. Ce dernier est un coach passionné, qui peut paraître hargneux et grossier mais qui est en fait très accessible. En début de saison, il a pointé du doigt une lacune de l'équipe: l'absence d'un bon médian défensif. Hecking convoitait Timmy Simons, avec lequel il a travaillé trois ans au FC Nuremberg. Il espère maintenant que Junior Malanda, transféré de Zulte Waregem, comblera ce vide dans l'entrejeu. Reste à voir si ces transferts conduiront au succès escompté. Pour la première fois depuis longtemps, le club où Ivan Perisic fait surtout banquette a un concept. La foule n'a toutefois pas encore pris le chemin de la Volkswagen-Arena. Le VfL Wolfsburg a une assistance moyenne de 28.500 personnes et quelques centaines seulement l'accompagnent en déplacement. Eric Gerets a ressenti cette froideur quand il entraînait le club, durant la saison 2004-2005, de même que Peter Van Der Heyden, qui y a joué de 2005 à 2008. La solution KDB Wolfsburg entame le second tour le week-end prochain contre son voisin, Hanovre 96. Il alignera certainement Kevin De Bruyne et peut-être aussi Junior Malanda. En renforçant son noyau, le VfL Wolfsburg a voulu rendre l'équipe plus régulière. Il n'a plus essuyé de revers depuis début octobre mais la qualité du jeu laisse à désirer. À côté de transferts comme celui de Kevin De Bruyne, le VfL Wolfsburg joue la carte des jeunes. Le complexe qui leur est réservé a été agrandi. Dieter Hecking et Klaus Allofs s'y rendent fréquemment pour jauger leur patrimoine. Wolfsburg possède un des plus grands talents du football allemand: Maximilian Arnold, un médian de 19 ans. Avec Diego, Luis Gustavo et De Bruyne, il doit former un entrejeu technique et ultra offensif dont Junior Malanda est le verrou. L'attaque manque encore de puissance de feu. Le Néerlandais Bas Dost, qui intéresse Vitesse, et le Croate Ivicar Olic trouvent difficilement le chemin des filets. Le recrutement d'un avant constitue la priorité absolue du club l'été prochain. L'argent n'a pas d'importance car cet avant doit être le dernier maillon de la chaîne.