Ça reste un mystère après cette série de matches de qualification qui n'étaient en fait que des matches amicaux améliorés. Même l'obstacle le plus difficile sur papier, le déplacement en Russie, n'a finalement été qu'une promenade de santé.
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Ça reste un mystère après cette série de matches de qualification qui n'étaient en fait que des matches amicaux améliorés. Même l'obstacle le plus difficile sur papier, le déplacement en Russie, n'a finalement été qu'une promenade de santé. Ça en dit long sur la force de cette équipe nationale qui ne perd guère de panache, est frivole et maîtresse du ballon. Elle s'est jouée avec une aisance incroyable de la Russie à Saint-Pétersbourg. 0-3 au repos, puis elle a quelque peu levé le pied, bien qu'ensuite, Kevin De Bruyne ait estimé qu'elle aurait dû mieux jouer. Ce groupe est ambitieux et son parcours imposant le place parmi les grands favoris au titre européen. L'optimisme transperce de toutes parts. L'été 2020 doit être à nouveau mémorable, comme ceux de 2014, 2016 et 2018. Chaque fois, les attentes ont été élevées et les Diables Rouges ont suscité la liesse de la population à plusieurs reprises, sans jamais franchir l'ultime pas, au moment crucial. Cet échec a été encore plus amer au Mondial 2018. L'équipe croulait sous les compliments, en Belgique comme à l'étranger et beaucoup craignaient que ce ne soit la dernière chance de cette génération en or. Deux ans plus tard, les Diables Rouges n'ont pas perdu leur puissance. Roberto Martinez entretient une excellente ambiance de travail. Les internationaux semblent heureux comme des gosses quand ils retrouvent l'équipe. Jamais ils n'ont été aussi unis. Certains ont énormément progressé, comme Youri Tielemans, qui va encore s'épanouir davantage à Leicester City, en Premier League, ou comme Thorgan Hazard, très fort en Russie. Comme la plupart des autres Diables Rouges, il est parti à l'étranger au bon moment et surtout, il y a changé de club à temps. Il y a un monde de différence entre jouer au Borussia Mönchengladbach ou sous le stress étouffant du Borussia Dortmund. Un footballeur ne peut qu'en sortir plus fort. Pourtant, il y a encore des questions. Sur la force de l'axe défensif central, par exemple. On doit encore attendre pour savoir si Vincent Kompany retrouvera son ancien niveau. Pour cela aussi, un match de préparation contre une grande nation aurait constitué un test instructif avant le tournoi. Un match au rythme et à la pression plus conséquents. Étrangement, le sélectionneur ne trouve pas que c'est nécessaire. Il ne pense pas que ce genre de matches procure de réelles indications mais c'est évidemment le cas de tous les matches amicaux. Quoi qu'il en soit, le noyau a envie d'affronter un adversaire de format. À Genk, l'embauche surprenante de Hannes Wolf doit ramener au club sa sérénité. Il était grand temps. On a déjà trop parlé. Comme Peter Croonen, qui ne voyait pas en quoi débaucher un entraîneur d'un autre club posait problème. Il a déclaré être avant tout président d'un club, avant d'être celui de la Pro League. Une déclaration malheureuse car avant d'accepter deux casquettes, on doit réfléchir aux conséquences. On a opéré le même constat quand Mehdi Bayat a accédé à la présidence de la fédération. Plusieurs personnes sont responsables de l'erreur de casting ayant débouché sur l'engagement de Felice Mazzù à Genk, alors qu'on pointe surtout du doigt le directeur technique, Dimitri de Condé. On dirait que d'un coup, celui-ci n'y connaît plus rien et qu'on a oublié tous les excellents transferts qu'il a réalisés. Mais c'est typique du monde du football, qui brûle très vite ceux qu'il a adorés.