Amené en Lombardie par les réseaux brésiliens de Leonardo, Ricardo Kaká fait figure d'exception. Le Ballon d'or 2007, dernier avant le coup d'envoi d'une décennie marquée par l'hégémonie de Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, ne s'est jamais paré de rayures bleues et rouges. Un diagnostic aux airs d'anomalie, tant le Camp Nou s'est toujours targué d'abriter les pieds les plus agiles du monde, offrant forcément une place de choix aux techniciens auriverdes dans l'équation.

Romario, Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho puis Neymar ont alimenté la tradition de l'excellence technique catalane. Avec le départ du dernier fenomeno brésilien, le Barça perdait l'une de ses marques de fabrique, pas seulement entretenue par les enfants de la samba. Thiago Alcantara et Xavi Hernandez avaient également quitté le club quelques mois ou années plus tôt, et Andrés Iniesta ne devait plus tarder que quelques mois avant de les imiter.

L'un des derniers gardiens de l'élitisme local, Sergio Busquets, fait d'ailleurs retentir l'alarme dans les bureaux catalans, quelques jours après le départ de Neymar pour Paris : " Nous devons essayer de nous renforcer. D'abord au poste de Neymar, parce qu'avec son départ nous avons perdu ses buts et le danger qu'il créait. Mais c'est vrai à tous les postes. Plus on verra arriver de nouveaux joueurs de qualité, mieux ce sera. "

Il est différent de Neymar. Il a plutôt le style d'Iniesta. C'est son successeur naturel. " - Brendan Rodgers

Le mediocentro sorti de la Masia n'est que partiellement exaucé. Au bout de l'été 2017, seuls Paulinho et Ousmane Dembélé sont venus renforcer le noyau catalan. Le Brésilien débarque avec un style de jeu tout en puissance et en infiltration, qui pourrait presque faire penser qu'il a usurpé son passeport. Quant à l'ailier français, il se distingue plus par son activité et sa vitesse que par sa supériorité technique. Sergio Busquets doit attendre quelques mois supplémentaires, et l'arrivée du mercato d'hiver, pour accueillir les pieds ensorcelés de Philippe Coutinho.

RECULER POUR MIEUX GRIMPER

Attiré en Catalogne pour un montant qui peut, bonus compris, atteindre les 160 millions d'euros, Coutinho est le transfert le plus cher de l'histoire du club. Parmi les témoins de la défense, amenés à la barre face aux rangs très fournis d'une accusation qui pointe du doigt un montant exubérant, il y a Ernesto Valverde : " Le modèle du Barça reste le même. Le club est toujours allé chercher de très grands joueurs sur le mercato. Dans le même temps, il compte sur les joueurs issus de la cantera pour maintenir le style et l'idée de jeu de la maison. "

Quelques mois passés sous les ordres de Jürgen Klopp ont donc suffi pour hisser Coutinho au sein de cette caste très fermée des " très grands joueurs. " Le coach allemand, installé à Liverpool, a fait reculer son Brésilien sur l'échiquier pour lui permettre de sauter vers cette catégorie restreinte de joueurs qui gagnent des matches : " En jouant comme numéro 8, il gagne de l'influence sur le jeu. Nous serons plus forts en utilisant sa créativité au milieu, c'est sûr. Il devra s'adapter, mais il est jeune et il a beaucoup de talent. "

Philippe Coutinho devient donc l'un de ces innombrables numéros 10, voire neuf et demi, que le football moderne a fait reculer dans l'entrejeu, là où les coaches aiment pouvoir compter sur des joueurs qui savent se déplacer entre les lignes et ne perdent pas le ballon, même sous pression. Ses actions sont celles que réalisent aussi les Luka Modric ou Kevin De Bruyne : il décroche, porte le ballon de l'autre côté de la ligne médiane, et crée des occasions à la pelle. " Avoir souvent le ballon, ne pas le perdre : il a le style du Barça ", confirme Gerard Piqué.

ARME LONGUE PORTÉE

L'arrivée de Coutinho offre une arme flambant neuve au secteur offensif du Barça, fortement déforcé par le départ de Neymar et l'inéluctable déclin de Luis Suárez. Pendant les années de gloire de la " MSN ", les Catalans ont été incapables de planifier l'avenir en attirant des remplaçants d'un assez haut standing. Boulimiques de minutes jouées et de statistiques, les monstres du trident ne laissaient que des miettes de temps de jeu à leurs doublures. Un statut qui n'intéressait donc pas les ténors en puissance du football mondial. Le transfert de Neymar a ouvert une opportunité, et c'est un autre Brésilien que le Barça a choisi pour accompagner ce qui sera sans doute le dernier cycle de Messi.

Malgré sa reconversion chez les Reds, Coutinho reste avant tout une menace offensive. Son atout se niche au bout de son pied droit, dans cette frappe de balle sèche, aux trajectoires illisibles, capable de trouver les lucarnes à distance comme aucune autre. En 2016/2017, lors de sa dernière saison pleine de l'autre côté de la Manche, le Brésilien a trouvé le chemin des filets à six reprises depuis l'extérieur du rectangle. En Premier League, même l'inarrêtable buteur Harry Kane (5) n'a pas soutenu la comparaison, pas plus que des spécialistes de la frappe à distance comme De Bruyne (4), Zlatan Ibrahimovic (4) ou Christian Eriksen (3). En moyenne, depuis le début de sa carrière européenne, Couti trouve l'ouverture hors de la surface une fois tous les sept matches.

En moyenne, depuis le début de sa carrière européenne, Coutinho trouve l'ouverture hors de la surface une fois tous les sept matches.

Les buts sur des frappes à distance restent minoritaires. Depuis le coup d'envoi de la saison espagnole, seuls 17 % des réalisations sont nées d'un tir hors de la surface. Par contre, la palette de Coutinho lui permet de peser dans trois des actions qui génèrent le plus de buts dans le football des années 2010 : si les contre-attaques restent surtout l'apanage de Dembélé, Coutinho a augmenté la puissance catalane sur les phases arrêtées, grâce à l'extrême précision de son pied droit, mais aussi sur ces actions entamées au coin du rectangle, là où les cracks sont en mesure de faire la différence face à une surface surpeuplée par un adversaire regroupé.

ENTRE NEYMAR ET INIESTA

Restait alors à trancher sur l'endroit du terrain où Ernesto Valverde pourrait installer sa coûteuse recrue. Si les premiers mois, marqués par la blessure de Dembélé et la fin de règne d'Iniesta, l'ont plutôt installé sur le flanc, le débat a repris de plus belle - même au sein du club - entre ceux qui voient en Coutinho l'héritier naturel de Don Andrés et ceux qui préfèrent le voir endosser le costume de Neymar.

" Il est différent de Neymar. Il a plutôt le style d'Iniesta. C'est son successeur naturel ", argumente Brendan Rodgers, l'homme qui l'a lancé à Liverpool. Un avis partagé par Gerard Piqué, mais aussi par l'ancien secrétaire technique du Barça, Robert Fernandez : " Coutinho, c'est Andrés. Je l'ai toujours pensé. "

Pourtant, c'est dans le rôle de son compatriote que Coutinho a livré sur la scène européenne ce qui reste jusqu'ici comme sa meilleure prestation catalane. Sur la pelouse de Wembley, face à un Tottenham mené au score après nonante secondes à peine, Coutinho est parti de l'aile gauche, d'où il a décroché, combiné dans l'axe et créé ou conclu des actions dangereuses. Les mots d'Ernesto Valverde l'envoient plutôt vers la ligne de touche : " Il a un style de jeu très vertical, où il cherche beaucoup le un-contre-un. Il a une bonne passe, un bon tir et bouge très bien entre les lignes, ce qui lui permet de jouer aussi bien comme ailier que comme milieu intérieur. " La différence, c'est que la prise de risque inhérente à son jeu pénalise moins sur l'aile un Barça dont la perte de balle est déjà fragilisée par le jeu à très hauts risques d'Ousmane Dembélé.

UN 10 CONTRARIÉ

Comme tous ces numéros 10 amenés à s'adapter dans le football moderne, où leur rôle n'existe plus vraiment, Philippe Coutinho doit reculer ou s'écarter pour exister. Son évolution est rendue encore plus complexe par le biotope catalan, là où les milieux de terrain doivent apporter un soin tout particulier à la conservation du ballon. Même si le Barça a beaucoup changé ces dernières saisons, s'éloignant progressivement des standards portés aux nues par les années de règne de Pep Guardiola, la maîtrise du ballon au centre du terrain reste la chose la plus difficilement négociable de la métamorphose culé.

" Iniesta a peut-être plus un profil de milieu de terrain. Coutinho est plus offensif, avec plus de tirs au but ", affirmait déjà Ernesto Valverde au mois de janvier, à l'heure de présenter sa recrue. Quelques mois plus tard, le Barça s'est offert les services d'un autre Brésilien, Arthur, encore immature mais plus " milieu " que Coutinho. Sans doute une mesure de transition, le temps de permettre à l'homme le plus cher de l'histoire blaugrana d'atteindre une potentielle maturité de milieu de terrain, comme le lui a promis Jürgen Klopp.

Après tout, avant de s'installer au poste de milieu intérieur gauche du Barça lors de l'arrivée de Neymar, Andrés Iniesta a souvent occupé l'aile gauche des schémas catalans. La comparaison n'est pas près de s'arrêter...

Lieutenant Philippe

Le Lieutenant Philippe doit s'adapter à la vie dans l'équipe du Général Léo., belgaimage
Le Lieutenant Philippe doit s'adapter à la vie dans l'équipe du Général Léo. © belgaimage

Homme fort du projet des Reds depuis que Luis Suárez avait quitté Liverpool, Philippe Coutinho a franchi un palier dans la hiérarchie européenne en signant au Barça. Là, comme son ancien équipier uruguayen ou encore Neymar avant lui, il est devenu le " lieutenant " offensif majeur du projet catalan. Un rôle important, qui doit créer son ratio de danger et de buts, mais qui doit surtout s'acclimater à la vie dans l'équipe du général Lionel Messi.

Ce grade, Coutinho l'endossait déjà en sélection brésilienne, où c'est Neymar qui présente le plus de galons. Chez les Auriverde, après des premiers mois sous Tite où il occupait le côté droit de l'attaque brésilienne, Philippe s'est finalement intégré au triangle du milieu de terrain, repoussant Fernandinho sur le banc pour assumer le poids de la créativité axiale que ne pouvaient produire Paulinho et Casemiro. Installé à la pointe gauche du triangle, Coutinho pouvait combiner avec le général Neymar en compagnie d'un autre lieutenant majeur du système offensif brésilien : Marcelo. En plus, le Blaugrana était en position idéale pour rentrer sur son pied droit et décocher ses frappes paraboliques. Yann Sommer, le gardien suisse, en avait été victime dès les premiers instants d'un Mondial où Coutinho a été le meilleur Brésilien jusqu'au quart de finale face à la Belgique.

À Barcelone, le général est plus éloigné. Malgré sa liberté quasi absolue de déplacement, Messi se promène entre l'axe et le côté droit, et ne peut combiner qu'indirectement avec Coutinho. Le Brésilien s'associe donc avec un autre lieutenant offensif, à savoir Jordi Alba. Le latéral gauche, dont les courses multiples sont souvent à la réception des ballons précis de Lionel Messi, a désormais la possibilité de chercher le pied droit de Coutinho au bout de ses débordements. De quoi rendre le Brésilien efficace : depuis son arrivée en Catalogne, Couti est décisif toutes les 108 minutes, avec treize buts et neuf passes décisives.

Amené en Lombardie par les réseaux brésiliens de Leonardo, Ricardo Kaká fait figure d'exception. Le Ballon d'or 2007, dernier avant le coup d'envoi d'une décennie marquée par l'hégémonie de Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, ne s'est jamais paré de rayures bleues et rouges. Un diagnostic aux airs d'anomalie, tant le Camp Nou s'est toujours targué d'abriter les pieds les plus agiles du monde, offrant forcément une place de choix aux techniciens auriverdes dans l'équation. Romario, Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho puis Neymar ont alimenté la tradition de l'excellence technique catalane. Avec le départ du dernier fenomeno brésilien, le Barça perdait l'une de ses marques de fabrique, pas seulement entretenue par les enfants de la samba. Thiago Alcantara et Xavi Hernandez avaient également quitté le club quelques mois ou années plus tôt, et Andrés Iniesta ne devait plus tarder que quelques mois avant de les imiter. L'un des derniers gardiens de l'élitisme local, Sergio Busquets, fait d'ailleurs retentir l'alarme dans les bureaux catalans, quelques jours après le départ de Neymar pour Paris : " Nous devons essayer de nous renforcer. D'abord au poste de Neymar, parce qu'avec son départ nous avons perdu ses buts et le danger qu'il créait. Mais c'est vrai à tous les postes. Plus on verra arriver de nouveaux joueurs de qualité, mieux ce sera. " Le mediocentro sorti de la Masia n'est que partiellement exaucé. Au bout de l'été 2017, seuls Paulinho et Ousmane Dembélé sont venus renforcer le noyau catalan. Le Brésilien débarque avec un style de jeu tout en puissance et en infiltration, qui pourrait presque faire penser qu'il a usurpé son passeport. Quant à l'ailier français, il se distingue plus par son activité et sa vitesse que par sa supériorité technique. Sergio Busquets doit attendre quelques mois supplémentaires, et l'arrivée du mercato d'hiver, pour accueillir les pieds ensorcelés de Philippe Coutinho. Attiré en Catalogne pour un montant qui peut, bonus compris, atteindre les 160 millions d'euros, Coutinho est le transfert le plus cher de l'histoire du club. Parmi les témoins de la défense, amenés à la barre face aux rangs très fournis d'une accusation qui pointe du doigt un montant exubérant, il y a Ernesto Valverde : " Le modèle du Barça reste le même. Le club est toujours allé chercher de très grands joueurs sur le mercato. Dans le même temps, il compte sur les joueurs issus de la cantera pour maintenir le style et l'idée de jeu de la maison. " Quelques mois passés sous les ordres de Jürgen Klopp ont donc suffi pour hisser Coutinho au sein de cette caste très fermée des " très grands joueurs. " Le coach allemand, installé à Liverpool, a fait reculer son Brésilien sur l'échiquier pour lui permettre de sauter vers cette catégorie restreinte de joueurs qui gagnent des matches : " En jouant comme numéro 8, il gagne de l'influence sur le jeu. Nous serons plus forts en utilisant sa créativité au milieu, c'est sûr. Il devra s'adapter, mais il est jeune et il a beaucoup de talent. " Philippe Coutinho devient donc l'un de ces innombrables numéros 10, voire neuf et demi, que le football moderne a fait reculer dans l'entrejeu, là où les coaches aiment pouvoir compter sur des joueurs qui savent se déplacer entre les lignes et ne perdent pas le ballon, même sous pression. Ses actions sont celles que réalisent aussi les Luka Modric ou Kevin De Bruyne : il décroche, porte le ballon de l'autre côté de la ligne médiane, et crée des occasions à la pelle. " Avoir souvent le ballon, ne pas le perdre : il a le style du Barça ", confirme Gerard Piqué. L'arrivée de Coutinho offre une arme flambant neuve au secteur offensif du Barça, fortement déforcé par le départ de Neymar et l'inéluctable déclin de Luis Suárez. Pendant les années de gloire de la " MSN ", les Catalans ont été incapables de planifier l'avenir en attirant des remplaçants d'un assez haut standing. Boulimiques de minutes jouées et de statistiques, les monstres du trident ne laissaient que des miettes de temps de jeu à leurs doublures. Un statut qui n'intéressait donc pas les ténors en puissance du football mondial. Le transfert de Neymar a ouvert une opportunité, et c'est un autre Brésilien que le Barça a choisi pour accompagner ce qui sera sans doute le dernier cycle de Messi. Malgré sa reconversion chez les Reds, Coutinho reste avant tout une menace offensive. Son atout se niche au bout de son pied droit, dans cette frappe de balle sèche, aux trajectoires illisibles, capable de trouver les lucarnes à distance comme aucune autre. En 2016/2017, lors de sa dernière saison pleine de l'autre côté de la Manche, le Brésilien a trouvé le chemin des filets à six reprises depuis l'extérieur du rectangle. En Premier League, même l'inarrêtable buteur Harry Kane (5) n'a pas soutenu la comparaison, pas plus que des spécialistes de la frappe à distance comme De Bruyne (4), Zlatan Ibrahimovic (4) ou Christian Eriksen (3). En moyenne, depuis le début de sa carrière européenne, Couti trouve l'ouverture hors de la surface une fois tous les sept matches. Les buts sur des frappes à distance restent minoritaires. Depuis le coup d'envoi de la saison espagnole, seuls 17 % des réalisations sont nées d'un tir hors de la surface. Par contre, la palette de Coutinho lui permet de peser dans trois des actions qui génèrent le plus de buts dans le football des années 2010 : si les contre-attaques restent surtout l'apanage de Dembélé, Coutinho a augmenté la puissance catalane sur les phases arrêtées, grâce à l'extrême précision de son pied droit, mais aussi sur ces actions entamées au coin du rectangle, là où les cracks sont en mesure de faire la différence face à une surface surpeuplée par un adversaire regroupé. Restait alors à trancher sur l'endroit du terrain où Ernesto Valverde pourrait installer sa coûteuse recrue. Si les premiers mois, marqués par la blessure de Dembélé et la fin de règne d'Iniesta, l'ont plutôt installé sur le flanc, le débat a repris de plus belle - même au sein du club - entre ceux qui voient en Coutinho l'héritier naturel de Don Andrés et ceux qui préfèrent le voir endosser le costume de Neymar. " Il est différent de Neymar. Il a plutôt le style d'Iniesta. C'est son successeur naturel ", argumente Brendan Rodgers, l'homme qui l'a lancé à Liverpool. Un avis partagé par Gerard Piqué, mais aussi par l'ancien secrétaire technique du Barça, Robert Fernandez : " Coutinho, c'est Andrés. Je l'ai toujours pensé. " Pourtant, c'est dans le rôle de son compatriote que Coutinho a livré sur la scène européenne ce qui reste jusqu'ici comme sa meilleure prestation catalane. Sur la pelouse de Wembley, face à un Tottenham mené au score après nonante secondes à peine, Coutinho est parti de l'aile gauche, d'où il a décroché, combiné dans l'axe et créé ou conclu des actions dangereuses. Les mots d'Ernesto Valverde l'envoient plutôt vers la ligne de touche : " Il a un style de jeu très vertical, où il cherche beaucoup le un-contre-un. Il a une bonne passe, un bon tir et bouge très bien entre les lignes, ce qui lui permet de jouer aussi bien comme ailier que comme milieu intérieur. " La différence, c'est que la prise de risque inhérente à son jeu pénalise moins sur l'aile un Barça dont la perte de balle est déjà fragilisée par le jeu à très hauts risques d'Ousmane Dembélé. Comme tous ces numéros 10 amenés à s'adapter dans le football moderne, où leur rôle n'existe plus vraiment, Philippe Coutinho doit reculer ou s'écarter pour exister. Son évolution est rendue encore plus complexe par le biotope catalan, là où les milieux de terrain doivent apporter un soin tout particulier à la conservation du ballon. Même si le Barça a beaucoup changé ces dernières saisons, s'éloignant progressivement des standards portés aux nues par les années de règne de Pep Guardiola, la maîtrise du ballon au centre du terrain reste la chose la plus difficilement négociable de la métamorphose culé. " Iniesta a peut-être plus un profil de milieu de terrain. Coutinho est plus offensif, avec plus de tirs au but ", affirmait déjà Ernesto Valverde au mois de janvier, à l'heure de présenter sa recrue. Quelques mois plus tard, le Barça s'est offert les services d'un autre Brésilien, Arthur, encore immature mais plus " milieu " que Coutinho. Sans doute une mesure de transition, le temps de permettre à l'homme le plus cher de l'histoire blaugrana d'atteindre une potentielle maturité de milieu de terrain, comme le lui a promis Jürgen Klopp. Après tout, avant de s'installer au poste de milieu intérieur gauche du Barça lors de l'arrivée de Neymar, Andrés Iniesta a souvent occupé l'aile gauche des schémas catalans. La comparaison n'est pas près de s'arrêter...