Posé lundi sur un plateau à côté du stade, ce char, un T-55 acheté à un dépôt militaire et retapé, a été imaginé comme "le point culminant de l'exaltation" avant le match retour contre la formation suisse (2-2 à l'aller), explique-t-on sur un site de supporteurs du club (redstarbelgrade.rs).

On ajoute de même source que le char symbolise l'Armée du nord (Severna armija), le nom des supporters du club.

Son installation intervient quelques jours après un incident en Croatie au cours duquel des Serbes ont été agressés dans un village de la région de Knin (centre) alors qu'ils regardaient justement à la télévision le match aller entre l'Etoile rouge et les Young Boys.

Des hommes encagoulés, munis de battes, ont démoli l'intérieur de deux cafés et blessé cinq personnes dans l'un d'entre eux.

Les relations entre les communautés serbe et croate sont toujours fragiles, près de vingt-cinq ans après la fin de la guerre d'indépendance de la Croatie en 1995.

L'installation du char a provoqué de vives réactions de la presse en Croatie, où il a notamment rappelé les bombardements par les forces serbes de la ville tristement célèbre de Vukovar (est), au début du conflit serbo-croate (1991-95).

Ainsi, le quotidien sportif croate Sportske novosti dénonce une "provocation morbide de Belgrade". "Ils veulent jouer en Ligue des champions, alors qu'ils célèbrent un des pires crimes", déplore le journal.

Le site d'information Index.hr affirme que "l'Etoile rouge a exposé devant son stade un char de Vukovar", même si ni le club, ni les supporteurs ne l'ont présenté ainsi.

Le club, qui n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP, a publié sur sa page facebook une quinzaine de photos du char lors de son installation, accompagnées d'une seule phrase: le "Marakana (surnom du stade, ndlr) a désormais une nouvelle attraction".

Cette attraction a également divisé les supporteurs, qui ont laissé des centaines de commentaires sur des réseaux sociaux.

Si Milan Bizic estime, sur facebook, qu'il s'agit d'une "réponse phénoménale à l'attaque contre des sympathisants de Etoile rouge dans la région de Knin", Milos Stancic pense que c'est du "mauvais goût" et qu'un "char n'a rien à voir avec le club".