Tout simplement parfait. Dans le sillage d'un Lionel Messi auteur d'un triplé et porté par son sixième Ballon d'Or, le FC Barcelone, brillant, a déroulé samedi contre Majorque (5-2) pour la 16e journée de Liga, et reste premier devant le Real Madrid.

La leçon blaugrana a débuté par un joli ballon piqué d'Antoine Griezmann (7e), avant un triplé de Messi sur deux sublimes frappes enroulées de l'extérieur de la surface (17e et 41e), et une reprise du gauche (84e), et une superbe talonnade de Luis Suarez (43e), sans doute déjà un des buts de la saison, pour sceller la victoire catalane... malgré le beau doublé d'Ante Budimir (35e, 64e) pour Majorque.

Messi et Suarez brillent

Toute l'équipe a brillé. La MSG (Messi-Suarez-Griezmann) a marqué. Et les mots manquent pour qualifier le nouveau récital de Leo Messi. Après avoir présenté son sixième Ballon d'Or au Camp Nou en présence de ses trois enfants, la "Pulga" (Puce) a signé un nouveau chef-d'oeuvre samedi.

Auteur de son 35e triplé en Liga (un record, devant les 34 de son rival Cristiano Ronaldo), l'Argentin, excellent tout le mois de novembre quand le Barça tergiversait, a encore évolué à son meilleur niveau samedi, devant un Camp Nou conquis.

"Incroyable, non ? Ça a été une belle célébration de son Ballon d'Or", a sobrement souligné Ernesto Valverde, le coach du Barça, après le match.

Majorque n'a rien pu faire face à un tel déluge de talent pur, malgré les deux buts opportunistes de Budimir, sur une belle frappe et de la tête, devant un Marc-André Ter Stegen fautif.

Messi a presque éclipsé le bijou de Suarez, une talonnade qui a "surpris" Valverde: "Je pensais qu'il voulait la passer à un partenaire. Finalement, ça donne un but extraordinaire", a encensé le technicien.

"Je savais que j'avais une fenêtre réduite. Mon dernier recours était de tenter une talonnade, et j'ai cherché à frapper le ballon vers le sol pour trouver un rebond. Ça a donné un beau but", a souri Suarez.

Le score aurait pu être bien plus lourd, mais le Barça a cherché la qualité plus que la quantité.

Et le sextuple Ballon d'Or (un record, un autre), a capté toute la lumière, devenant grâce à son triplé meilleur buteur du championnat espagnol (12 buts), devant Karim Benzema (11).

L'avant-centre français, associé aux jeunes Vinicius et Rodrygo en attaque du fait des nombreux blessés côté madrilène, a pourtant permis au Real Madrid de glaner un 9e match de rang sans défaite avec un but (80e) et une passe décisive à son compatriote Raphaël Varane (37e).

Seul bémol à Madrid: l'exclusion de Ferland Mendy pour deux cartons jaunes (82e), qui sera donc suspendu pour le prochain match à Valence et laissera les Madrilènes sans arrière gauche, car Marcelo est blessé lui aussi.

Un Clasico au sommet

La tâche n'était pas aisée pour Zidane, qui a dû composer son onze sans Eden Hazard, Gareth Bale ou Marcelo, annoncés blessés dans la semaine, ni Asensio, Lucas Vazquez ou James Rodriguez, blessés de longue date.

Mais les choix de "Zizou" se sont avérés payants, particulièrement en attaque. Avec six changements par rapport à l'équipe qui avait débuté lors de la victoire à Alaves (2-1) le week-end précédent, ce Real Madrid remodelé a aligné les jeunes pépites brésiliennes Vinicius et Rodrygo aux côtés de l'indéboulonnable avant-centre Benzema.

Pour apporter du piquant dans un secteur offensif dépeuplé, Vinicius (19 ans), à qui l'on promettait le meilleur en début de saison mais qui a peu joué depuis la montée en puissance d'Hazard sur le couloir gauche, a multiplié les tentatives, avec toutefois un manque de précision dans le dernier geste.

A quelques jours de la dernière journée de la phase de poules de Ligue des champions (contre Bruges pour Madrid mercredi, chez l'Inter Milan pour le Barça mardi), Merengues et Blaugranas ont gonflé leur capital confiance, pour arriver dans la meilleure des formes au Clasico, dans deux semaines au Camp Nou (18 décembre).

Un des buts de l'année pour Son

Détendu, modeste, attentionné presque... L'opération séduction de José Mourinho pour convaincre qu'il a changé bat son plein et s'il faudra du temps pour juger vraiment, son impact sur Tottenham, qualifié mardi pour les huitièmes de la Ligue des Champions, est déjà palpable.

"La première chose que je voudrais dire c'est m'excuser auprès de Eric Dier", le joueur qu'il a sorti après 29 minutes de jeu seulement pour faire entre Christian Eriksen, a lancé Mourinho au début de son interview d'après-match par BT Sport.

"Je l'ai fait pour l'équipe", a-t-il plaidé, comme si un entraîneur avait besoin de justifier ses choix lorsque son équipe est menée 0-2 dans un match décisif après 20 minutes. Surtout lorsque le remplacement s'accompagne d'une réorganisation tactique impossible à effectif constant...

Mais c'est cela, le "nouveau Mourinho", celui qui assurait à son arrivée à Tottenham avoir appris de ses erreurs.

Sans doute marqué pas son échec à Manchester United et davantage encore par les 11 mois d'éloignement du banc - une première pour lui depuis qu'il entraîne des équipes professionnelles -, le Portugais a décidé de soigner son image.

Quasi sans-faute pour le moment

Toujours la plaisanterie à la bouche - il a félicité un ramasseur de balle pour sa "passe décisive" parce qu'il avait permis à Serge Aurier de jouer rapidement une touche sur l'égalisation à 2-2 -, mesuré dans son expression, il s'évertue à gommer les aspérités de son caractère parfois volcanique.

Mourinho savait qu'il n'arrivait pas en terrain conquis. Si la direction du club, tout particulièrement le président Daniel Levy, était persuadée qu'il était l'homme de la situation, le grand public et surtout les supporters des Spurs étaient plus réservés.

Malgré un palmarès qui parle pour lui, son passé à Chelsea pesait lourd, de même que le soupçon d'être un peu "has been", inutilement déplaisant avec les médias et manipulateur avec ses joueurs.

Mourinho ne pouvait pas se permettre de rater son entrée et pour le moment, il frise le sans-faute.

La victoire à West Ham (3-2) en championnat samedi, 10 mois après leur dernier succès à l'extérieur, et le succès renversant de mardi contre l'Olympiakos (4-2), avec qualification pour les huitièmes de finale de C1 à la clé, lui donnent de l'air.

Ses détracteurs pourront toujours dire que l'incroyable boulette de Yassine Meriah qui a permis aux Spurs de retourner aux vestiaires à 1-2 au lieu de 0-2, a davantage pesé mardi que les subtilités tactiques de "Mou". Mais il est à peu près certain que le Tottenham d'il y a une semaine n'aurait pas levé les bras à la fin du match.

Mourinho a modernisé son jeu

L'arrivée d'un nouvel entraîneur a redonné de la confiance et de l'ambition à l'équipe. Il a responsabilisé et valorisé des joueurs comme Lucas Moura, Dele Alli ou Serge Aurier, délaissés par un Mauricio Pochettino blasé.

L'animation offensive de Tottenham aussi semble indiquer que ses idées ont évolué.

Positionné dans un 4-2-3-1 des plus classiques sans la balle, les Spurs passent en 3-2-5 avec.

L'arrière gauche - Ben Davies ou Danny Rose - se recentre en position de troisième central, les deux milieux défensifs restent bas pour assurer l'équilibre, et Serge Aurier s'intègre à la ligne d'attaque à droite, avec Dele Alli en 10, Son-Heung Min et Lucas Moura en électrons libres autour d'Harry Kane, point de fixation dans l'axe.

Une façon beaucoup plus "moderne" d'attaquer qui se rapproche des standards développés par les équipes dominantes actuellement en Premier League que ce qu'il proposait jusqu'alors.

On verra si cela va au-delà d'un "choc psychologique" éphémère. Son successeur à Manchester, Ole Gunnar Solskjaer, irrésistible pendant 12 matches à son arrivée et beaucoup plus laborieux depuis est là pour rappeler, à qui l'oublierait, que la fortune est capricieuse. Mais José Mourinho est parti du bon pied.

Tout simplement parfait. Dans le sillage d'un Lionel Messi auteur d'un triplé et porté par son sixième Ballon d'Or, le FC Barcelone, brillant, a déroulé samedi contre Majorque (5-2) pour la 16e journée de Liga, et reste premier devant le Real Madrid.La leçon blaugrana a débuté par un joli ballon piqué d'Antoine Griezmann (7e), avant un triplé de Messi sur deux sublimes frappes enroulées de l'extérieur de la surface (17e et 41e), et une reprise du gauche (84e), et une superbe talonnade de Luis Suarez (43e), sans doute déjà un des buts de la saison, pour sceller la victoire catalane... malgré le beau doublé d'Ante Budimir (35e, 64e) pour Majorque.Toute l'équipe a brillé. La MSG (Messi-Suarez-Griezmann) a marqué. Et les mots manquent pour qualifier le nouveau récital de Leo Messi. Après avoir présenté son sixième Ballon d'Or au Camp Nou en présence de ses trois enfants, la "Pulga" (Puce) a signé un nouveau chef-d'oeuvre samedi.Auteur de son 35e triplé en Liga (un record, devant les 34 de son rival Cristiano Ronaldo), l'Argentin, excellent tout le mois de novembre quand le Barça tergiversait, a encore évolué à son meilleur niveau samedi, devant un Camp Nou conquis."Incroyable, non ? Ça a été une belle célébration de son Ballon d'Or", a sobrement souligné Ernesto Valverde, le coach du Barça, après le match.Majorque n'a rien pu faire face à un tel déluge de talent pur, malgré les deux buts opportunistes de Budimir, sur une belle frappe et de la tête, devant un Marc-André Ter Stegen fautif.Messi a presque éclipsé le bijou de Suarez, une talonnade qui a "surpris" Valverde: "Je pensais qu'il voulait la passer à un partenaire. Finalement, ça donne un but extraordinaire", a encensé le technicien. "Je savais que j'avais une fenêtre réduite. Mon dernier recours était de tenter une talonnade, et j'ai cherché à frapper le ballon vers le sol pour trouver un rebond. Ça a donné un beau but", a souri Suarez.Le score aurait pu être bien plus lourd, mais le Barça a cherché la qualité plus que la quantité. Et le sextuple Ballon d'Or (un record, un autre), a capté toute la lumière, devenant grâce à son triplé meilleur buteur du championnat espagnol (12 buts), devant Karim Benzema (11).L'avant-centre français, associé aux jeunes Vinicius et Rodrygo en attaque du fait des nombreux blessés côté madrilène, a pourtant permis au Real Madrid de glaner un 9e match de rang sans défaite avec un but (80e) et une passe décisive à son compatriote Raphaël Varane (37e).Seul bémol à Madrid: l'exclusion de Ferland Mendy pour deux cartons jaunes (82e), qui sera donc suspendu pour le prochain match à Valence et laissera les Madrilènes sans arrière gauche, car Marcelo est blessé lui aussi.La tâche n'était pas aisée pour Zidane, qui a dû composer son onze sans Eden Hazard, Gareth Bale ou Marcelo, annoncés blessés dans la semaine, ni Asensio, Lucas Vazquez ou James Rodriguez, blessés de longue date.Mais les choix de "Zizou" se sont avérés payants, particulièrement en attaque. Avec six changements par rapport à l'équipe qui avait débuté lors de la victoire à Alaves (2-1) le week-end précédent, ce Real Madrid remodelé a aligné les jeunes pépites brésiliennes Vinicius et Rodrygo aux côtés de l'indéboulonnable avant-centre Benzema.Pour apporter du piquant dans un secteur offensif dépeuplé, Vinicius (19 ans), à qui l'on promettait le meilleur en début de saison mais qui a peu joué depuis la montée en puissance d'Hazard sur le couloir gauche, a multiplié les tentatives, avec toutefois un manque de précision dans le dernier geste.A quelques jours de la dernière journée de la phase de poules de Ligue des champions (contre Bruges pour Madrid mercredi, chez l'Inter Milan pour le Barça mardi), Merengues et Blaugranas ont gonflé leur capital confiance, pour arriver dans la meilleure des formes au Clasico, dans deux semaines au Camp Nou (18 décembre).Détendu, modeste, attentionné presque... L'opération séduction de José Mourinho pour convaincre qu'il a changé bat son plein et s'il faudra du temps pour juger vraiment, son impact sur Tottenham, qualifié mardi pour les huitièmes de la Ligue des Champions, est déjà palpable."La première chose que je voudrais dire c'est m'excuser auprès de Eric Dier", le joueur qu'il a sorti après 29 minutes de jeu seulement pour faire entre Christian Eriksen, a lancé Mourinho au début de son interview d'après-match par BT Sport."Je l'ai fait pour l'équipe", a-t-il plaidé, comme si un entraîneur avait besoin de justifier ses choix lorsque son équipe est menée 0-2 dans un match décisif après 20 minutes. Surtout lorsque le remplacement s'accompagne d'une réorganisation tactique impossible à effectif constant...Mais c'est cela, le "nouveau Mourinho", celui qui assurait à son arrivée à Tottenham avoir appris de ses erreurs.Sans doute marqué pas son échec à Manchester United et davantage encore par les 11 mois d'éloignement du banc - une première pour lui depuis qu'il entraîne des équipes professionnelles -, le Portugais a décidé de soigner son image.Toujours la plaisanterie à la bouche - il a félicité un ramasseur de balle pour sa "passe décisive" parce qu'il avait permis à Serge Aurier de jouer rapidement une touche sur l'égalisation à 2-2 -, mesuré dans son expression, il s'évertue à gommer les aspérités de son caractère parfois volcanique.Mourinho savait qu'il n'arrivait pas en terrain conquis. Si la direction du club, tout particulièrement le président Daniel Levy, était persuadée qu'il était l'homme de la situation, le grand public et surtout les supporters des Spurs étaient plus réservés.Malgré un palmarès qui parle pour lui, son passé à Chelsea pesait lourd, de même que le soupçon d'être un peu "has been", inutilement déplaisant avec les médias et manipulateur avec ses joueurs.Mourinho ne pouvait pas se permettre de rater son entrée et pour le moment, il frise le sans-faute.La victoire à West Ham (3-2) en championnat samedi, 10 mois après leur dernier succès à l'extérieur, et le succès renversant de mardi contre l'Olympiakos (4-2), avec qualification pour les huitièmes de finale de C1 à la clé, lui donnent de l'air.Ses détracteurs pourront toujours dire que l'incroyable boulette de Yassine Meriah qui a permis aux Spurs de retourner aux vestiaires à 1-2 au lieu de 0-2, a davantage pesé mardi que les subtilités tactiques de "Mou". Mais il est à peu près certain que le Tottenham d'il y a une semaine n'aurait pas levé les bras à la fin du match.L'arrivée d'un nouvel entraîneur a redonné de la confiance et de l'ambition à l'équipe. Il a responsabilisé et valorisé des joueurs comme Lucas Moura, Dele Alli ou Serge Aurier, délaissés par un Mauricio Pochettino blasé.L'animation offensive de Tottenham aussi semble indiquer que ses idées ont évolué.Positionné dans un 4-2-3-1 des plus classiques sans la balle, les Spurs passent en 3-2-5 avec.L'arrière gauche - Ben Davies ou Danny Rose - se recentre en position de troisième central, les deux milieux défensifs restent bas pour assurer l'équilibre, et Serge Aurier s'intègre à la ligne d'attaque à droite, avec Dele Alli en 10, Son-Heung Min et Lucas Moura en électrons libres autour d'Harry Kane, point de fixation dans l'axe.Une façon beaucoup plus "moderne" d'attaquer qui se rapproche des standards développés par les équipes dominantes actuellement en Premier League que ce qu'il proposait jusqu'alors.On verra si cela va au-delà d'un "choc psychologique" éphémère. Son successeur à Manchester, Ole Gunnar Solskjaer, irrésistible pendant 12 matches à son arrivée et beaucoup plus laborieux depuis est là pour rappeler, à qui l'oublierait, que la fortune est capricieuse. Mais José Mourinho est parti du bon pied.