Le foot et toi, c'est une longue histoire d'amour, tu nous racontes tes débuts ?

JÉRÔMEDE WARZÉE : En fait, ça a été compliqué. Je viens d'une vraie famille de sportifs, mais pas de footeux. Il faut savoir que mon arrière-grand-père, Willy le maire de Warzée-d'Hermalle, a joué au début du siècle passé une finale de Coupe Davis et deux quarts à Wimbledon. Et que j'ai deux oncles qui ont fait les JO en hockey. En fait, c'est ça mon problème, le vrai sport familial chez nous, c'est le hockey. J'y ai d'ailleurs joué entre mes 6 et mes 13 ans.

Avant de te singulariser et d'opter définitivement pour le foot ?

DE WARZÉE : Oui parce que j'ai toujours été très foot, mais qu'on ne m'y encourageait pas trop. A tort parce que - et même si ça va paraître très prétentieux -, je suis super doué. Techniquement, j'ai vraiment et sincèrement été très bon. J'étais un pur gaucher. S'il m'avait rencontré, Raymond Goethals aurait certainement dit un truc du genre : " Toi, ton pied droit, il ne te sert qu'à monter dans le tram. " Bref, j'étais petit, racé et avec une excellente vista. Et même un bon tir de loin. Il y a une année ou j'ai dû mettre 40 buts. Je pourrais mentir, mais là je t'assure que tout est vrai ! J'ai joué jusqu'en sélection du Brabant, puis avec la première à Uccle-Sport en P1 alors que j'avais 16-17ans. Malheureusement, j'ai très vite dû arrêter à cause d'une spondylose, une dégénérescence de la colonne vertébrale. Je ne me suis remis au foot qu'à 30 ans, mais en salle cette fois.

Entre les deux, tu t'es pris d'amour pour le scrabble, où tu as été trois fois champion de Belgique. Ça a dû te changer de l'ambiance vestiaire de foot ?

DE WARZÉE : Il y a une chose certaine, c'est que quand t'es chauve à 22-23 ans, tu es mieux de faire du scrabble que du foot. Tu imagines que j'ai passé la moitié de ma vie chauve ? Le problème, c'est que j'ai commencé à mes 18 ans quand j'avais encore un casque de Playmobil sur la tête. Et puis, c'est vrai que j'ai fait ça pendant 15 ans, comme un gros pro. Un peu le temps d'une carrière dans le foot, en somme. C'était comme un métier et j'ai beaucoup voyagé grâce à ça. La vraie différence, c'est qu'en foot, tu prends ta douche avec des copains de ton âge et qu'au scrabble, tu te retrouves avec des vieux de 70-80 ans. L'avantage, c'est qu'on ne prend pas de douches du coup...

Tu es né en 1970 comme André Agassi et Emmanuel Petit. C'est quoi tes premiers souvenirs de foot ?

DE WARZÉE : Mon premier souvenir de foot, c'est la tête de Hrubesch en finale de l'EURO 1980 contre la Belgique. Mais ça, c'était à la télé évidemment. Mon premier souvenir de stade, c'est un Anderlecht-Winterslag en 1982. En gros, j'ai commencé à devenir accro au moment de la grande époque du Standard, de cette finale tronquée contre le Barça. Après, ça a mal tourné. Pour te dire à quel point je suis un mordu, je pense que je peux raconter chaque minute de mon mois de juin 1986.

Ta culture foot, ça se limite au Standard et aux Diables ou ça va plus loin ?

DE WARZÉE : C'est vrai que le Standard et moi, on est lié. Pour preuve, le même soir où le Standard a gagné le premier de ses deux titres en 2008, j'ai remporté les trois prix du festival de Bierges. Mais c'est vrai que mon amour du foot dépasse les frontières. Je regardais déjà Match of the Day dans les années 80. C'était tout aussi fou qu'aujourd'hui, avec les grandes cavalcades de Nottingham et Liverpool. Plus globalement et bizarrement, le foot c'est encore la seule chose que je regarde avec un oeil de simple amateur. Tout le reste non, mais le foot, oui, ça reste une vraie passion.

Pourtant, tu as eu l'envie d'en faire aussi une partie de ton métier avec la création du personnage de Kiki l'Innocent ?

DE WARZÉE : Kiki, c'est un miracle. Je me souviens très bien, c'était le 13 juin 2013, au lendemain de l'invasion par les supporters du Standard du bureau de Roland Duchâtelet. Je voulais en parler dans ma chronique sur Vivacité, mais c'était très foot comme sujet. Je ne me souviens plus laquelle, mais je sais qu'il y avait une autre grosse actu ce jour-là et que je m'étais donc dit que je n'allais pas traiter du sujet. Et puis finalement, à 23 h et après une heure de boulot sans inspiration, je suis revenu sur Duduche. Normalement, quand il faut faire un accent, j'appelle Kodi. Mais là, pour faire un Liégeois, je me suis dit que j'allais téléphoner à Martin. Ce qui est étrange, c'est qu'en temps normal, c'est le genre de mec qui ne répond jamais à son téléphone et que là, à 23 h, il m'a répondu du premier coup ! C'est lui qui est directement venu avec l'idée de Kiki l'Innocent. J'ai écrit le texte dans la foulée et le lendemain, à 7 h du mat, il était là pour l'interpréter. Quelques heures après, on avait 100.000 vues et c'était parti.

Et depuis, on peut parler d'une histoire qui marche. À tel point qu'après le Mondial 2014, c'est l'EURO 2016 qui va te passer sous le nez. Pas trop dur de devoir travailler deux fois plus dans ces moments-là ?

DE WARZÉE : On va dire que c'est merveilleusement catastrophique, parce que c'est chouette d'être intra muros, mais qu'à côté de ça, on n'en profite pas pleinement. D'autant qu'on va réitérer l'expérience de la Coupe du monde 2014 et qu'en plus de ma chronique du matin, on sera dans le Mag chaque soir pour proposer une petite séquence complémentaire, plus visuelle aussi et avec un maximum d'images. Mais je ne me plains pas, je sais qu'on aura plein de choses à dire pendant trois grosses semaines. Rien qu'avec la 87e blessure de Kompany, je sais qu'il y a déjà de la matière.

Par Martin Grimberghs

Le foot et toi, c'est une longue histoire d'amour, tu nous racontes tes débuts ?JÉRÔMEDE WARZÉE : En fait, ça a été compliqué. Je viens d'une vraie famille de sportifs, mais pas de footeux. Il faut savoir que mon arrière-grand-père, Willy le maire de Warzée-d'Hermalle, a joué au début du siècle passé une finale de Coupe Davis et deux quarts à Wimbledon. Et que j'ai deux oncles qui ont fait les JO en hockey. En fait, c'est ça mon problème, le vrai sport familial chez nous, c'est le hockey. J'y ai d'ailleurs joué entre mes 6 et mes 13 ans. Avant de te singulariser et d'opter définitivement pour le foot ?DE WARZÉE : Oui parce que j'ai toujours été très foot, mais qu'on ne m'y encourageait pas trop. A tort parce que - et même si ça va paraître très prétentieux -, je suis super doué. Techniquement, j'ai vraiment et sincèrement été très bon. J'étais un pur gaucher. S'il m'avait rencontré, Raymond Goethals aurait certainement dit un truc du genre : " Toi, ton pied droit, il ne te sert qu'à monter dans le tram. " Bref, j'étais petit, racé et avec une excellente vista. Et même un bon tir de loin. Il y a une année ou j'ai dû mettre 40 buts. Je pourrais mentir, mais là je t'assure que tout est vrai ! J'ai joué jusqu'en sélection du Brabant, puis avec la première à Uccle-Sport en P1 alors que j'avais 16-17ans. Malheureusement, j'ai très vite dû arrêter à cause d'une spondylose, une dégénérescence de la colonne vertébrale. Je ne me suis remis au foot qu'à 30 ans, mais en salle cette fois. Entre les deux, tu t'es pris d'amour pour le scrabble, où tu as été trois fois champion de Belgique. Ça a dû te changer de l'ambiance vestiaire de foot ?DE WARZÉE : Il y a une chose certaine, c'est que quand t'es chauve à 22-23 ans, tu es mieux de faire du scrabble que du foot. Tu imagines que j'ai passé la moitié de ma vie chauve ? Le problème, c'est que j'ai commencé à mes 18 ans quand j'avais encore un casque de Playmobil sur la tête. Et puis, c'est vrai que j'ai fait ça pendant 15 ans, comme un gros pro. Un peu le temps d'une carrière dans le foot, en somme. C'était comme un métier et j'ai beaucoup voyagé grâce à ça. La vraie différence, c'est qu'en foot, tu prends ta douche avec des copains de ton âge et qu'au scrabble, tu te retrouves avec des vieux de 70-80 ans. L'avantage, c'est qu'on ne prend pas de douches du coup... Tu es né en 1970 comme André Agassi et Emmanuel Petit. C'est quoi tes premiers souvenirs de foot ?DE WARZÉE : Mon premier souvenir de foot, c'est la tête de Hrubesch en finale de l'EURO 1980 contre la Belgique. Mais ça, c'était à la télé évidemment. Mon premier souvenir de stade, c'est un Anderlecht-Winterslag en 1982. En gros, j'ai commencé à devenir accro au moment de la grande époque du Standard, de cette finale tronquée contre le Barça. Après, ça a mal tourné. Pour te dire à quel point je suis un mordu, je pense que je peux raconter chaque minute de mon mois de juin 1986. Ta culture foot, ça se limite au Standard et aux Diables ou ça va plus loin ?DE WARZÉE : C'est vrai que le Standard et moi, on est lié. Pour preuve, le même soir où le Standard a gagné le premier de ses deux titres en 2008, j'ai remporté les trois prix du festival de Bierges. Mais c'est vrai que mon amour du foot dépasse les frontières. Je regardais déjà Match of the Day dans les années 80. C'était tout aussi fou qu'aujourd'hui, avec les grandes cavalcades de Nottingham et Liverpool. Plus globalement et bizarrement, le foot c'est encore la seule chose que je regarde avec un oeil de simple amateur. Tout le reste non, mais le foot, oui, ça reste une vraie passion. Pourtant, tu as eu l'envie d'en faire aussi une partie de ton métier avec la création du personnage de Kiki l'Innocent ? DE WARZÉE : Kiki, c'est un miracle. Je me souviens très bien, c'était le 13 juin 2013, au lendemain de l'invasion par les supporters du Standard du bureau de Roland Duchâtelet. Je voulais en parler dans ma chronique sur Vivacité, mais c'était très foot comme sujet. Je ne me souviens plus laquelle, mais je sais qu'il y avait une autre grosse actu ce jour-là et que je m'étais donc dit que je n'allais pas traiter du sujet. Et puis finalement, à 23 h et après une heure de boulot sans inspiration, je suis revenu sur Duduche. Normalement, quand il faut faire un accent, j'appelle Kodi. Mais là, pour faire un Liégeois, je me suis dit que j'allais téléphoner à Martin. Ce qui est étrange, c'est qu'en temps normal, c'est le genre de mec qui ne répond jamais à son téléphone et que là, à 23 h, il m'a répondu du premier coup ! C'est lui qui est directement venu avec l'idée de Kiki l'Innocent. J'ai écrit le texte dans la foulée et le lendemain, à 7 h du mat, il était là pour l'interpréter. Quelques heures après, on avait 100.000 vues et c'était parti. Et depuis, on peut parler d'une histoire qui marche. À tel point qu'après le Mondial 2014, c'est l'EURO 2016 qui va te passer sous le nez. Pas trop dur de devoir travailler deux fois plus dans ces moments-là ? DE WARZÉE : On va dire que c'est merveilleusement catastrophique, parce que c'est chouette d'être intra muros, mais qu'à côté de ça, on n'en profite pas pleinement. D'autant qu'on va réitérer l'expérience de la Coupe du monde 2014 et qu'en plus de ma chronique du matin, on sera dans le Mag chaque soir pour proposer une petite séquence complémentaire, plus visuelle aussi et avec un maximum d'images. Mais je ne me plains pas, je sais qu'on aura plein de choses à dire pendant trois grosses semaines. Rien qu'avec la 87e blessure de Kompany, je sais qu'il y a déjà de la matière.Par Martin Grimberghs