Tout commence très tôt pour Vanden Borre. À 16 ans, il est le deuxième joueur le plus jeune à monter sur une pelouse de division 1. Seule la légende mauve, Paul Van Himst, le devance. Les espoirs placés en lui sont énormes. "C'est le plus grand talent que je n'ai jamais vu de ma carrière", dira d'ailleurs Van Himst à propos de lui. C'est qu'en équipes de jeunes, ce n'était pas Kompany, son "pote de toujours" qui était considéré comme le plus grand talent, mais bien lui.

Il ne lui faut que 5 rencontres avec le noyau A pour convaincre Aimé Anthuenis de le reprendre en équipe nationale. Il fait sa première apparition contre la Turquie.

Après un départ tonitruant, il signe une saison en demi-teinte en 2005-2006. La saison suivante, il perd sa place au profit de Marcin Wasilewski. Barré par le Polonais, il signe à la Fiorentina, au mois de mars 2007. Le club de la botte mise 4 millions d'euros sur l'espoir belge. Une expérience qui se solde par un échec. Il part alors à la Genoa où il n'est titulaire qu'à huit reprises.

Une période où il parvient tout de même à livrer une énorme prestation avec l'équipe nationale face à l'Espagne, en 2008, sous les ordres de Vandereycken. L'une de ces dernières rencontres avant une longue période de deux ans sans sélection. C'est ça la carrière de Vanden Borre : quelques hauts, et beaucoup de bas.

Pour tenter de relancer sa carrière, Anthony Vanden Borre fait escale à Portsmouth, en Angleterre. Un échec de plus dans le début de carrière du joueur.
Au mois de mai 2010, il se fait flasher à bord de son Audi S3 à 240km/h. Tout va trop vite, pour Anthony Vanden Borre. A 23 ans, il s'est brûlé les ailes.

Une première main tendue

Six ans après ses débuts en Belgique, tout le monde a oublié Vanden Borre. Le grand espoir du football belge acquiert un nouveau statut, celui de plus grand gâchis. Sauf pour un homme : Franky Vercauteren.

À cette époque celui qui était le "Petit Prince du Parc" entraîne Genk. Il avait déjà révélé Vanden Borre à Anderlecht, et il lui tend la main, lui offre une seconde chance. Il débarque en septembre 2010 à Genk, mais devra attendre le mois de janvier pour jouer, son contrat ayant été signé hors délai. Comme lors de son arrivée à la Fiorentina, il commencera par s'entraîner sans jouer.

Durant la deuxième partie de saison, il laisse entrevoir de belles choses. Après deux ans d'absence en équipe nationale, Goerges Leekens le rappelle pour un match face à la Roumanie. Il fait un bon match, et marque même un but. Avec Genk, le joueur est champion de Belgique. Ça y est, le voilà le vrai départ d'Anthony ?

Mais dans la carrière de Vanden Borre, rien n'est jamais simple. Le joueur a du talent à revendre, mais n'a pas la mentalité adéquate. En janvier 2012, Mario Been le sort lors d'un match face à Zulte Waregem. "Je pense qu'il avait froid. Il n'a pas transpiré outre mesure, parce qu'il n'a pas beaucoup couru. Je reviendrai certainement sur cet incident. Si tu t'en prends constamment à l'arbitre et à ce qu'il se passe autour de toi, tu ne peux pas te concentrer sur le match", déclarera le coach de Genk après le match. La cassure est faite et Genk ne prolongera pas le contrat du joueur en juin 2012.

Changement de mentalité et objectif Brésil

Sans club au début de l'exercice 2012-2013, Anthony Vanden Borre ne baisse pas les bras. Il se prépare, seul, au cas où un club viendrait le chercher. Des stages intensifs dans le Nord de la France, un nouveau régime alimentaire, du travail, du travail et encore du travail. VDB veut mettre toutes les chances de son côté. Le garçon mûri, il devient un bosseur. "J'ai tout recommencé à zéro en me fixant un objectif : le Brésil", expliquera-t-il. Après avoir perdu dix kilos, il déclarera : "Durant cette période, j'ai affiché une nouvelle mentalité, celle d'un gagneur."

Apprécié dans son club de coeur, il saisit une nouvelle main tendue. La seconde de sa carrière, après celle de Franky Vercauteren. "Le club n'oublie pas ses joueurs qui se trouvent en difficulté. C'est pourquoi nous avons décidé de l'aider", expliquera Herman Van Holsbeek.

En janvier 2013, il rejoint donc Anderlecht. Il a six mois pour faire ses preuves, d'abord avec les espoirs, ensuite avec le noyau A. ses tests physiques sont excellents, le joueur a bossé, ça se voit. Pour la troisième fois de sa carrière, Vande, Borre s'entraîne, sans pouvoir être récompensé par des matchs.

Fin du mois de juin, la décision tombe : il reçoit un nouveau contrat à Anderlecht, où il pourra devenir le concurrent de Guillaume Gillet.

Le troisième choix

Il a beau faire partie du noyau, Anthony Vanden Borre reste aux oubliettes. Au début de saison, c'est Guillaume Gillet qui joue arrière droit. Il est suppléé par Mbemba, à Mons. Anthony n'est que le troisième choix de Vanden Borre, qui ne s'en cache pas.

C'est lors d'un match face au Standard que l'un des "chouchous" du public, aura l'occasion de saisir sa chance. Le 27 octobre, Guillaume Gillet se blesse au genou. La seule alternative s'appelle Anthony Vanden Borre. Le joueur fait un bon match. Il conserve sa place les matchs suivant, délivre des assists et devient petit à petit un titulaire indiscutable. Au point que ses prestations le replacent dans la course à une sélection en tant que back droit des Diables, un poste qui souffre d'un cruel manque de concurrence. Alors qu'il y a plus d'un an, tout le monde le prenait pour un fou quand il parlait de Brésil, il n'est plus le seul à croire en son rêve.

Un Come-Back de plus chez les Diables

Le 27 février, Marc Wilmots dévoile sa liste pour le match face à la Côté d'Ivoir. Anthony Vanden Borre y figure. "Durant les dernières rencontres amicales (contre la Colombie et le Japon), j'avais décidé de prendre Thomas Meunier, maintenant c'est au tour d'Anthony. Il est actuellement en bonne forme et je veux voir comment il se débrouille en sélection sur le flanc droit. Il a vécu une période difficile, mais maintenant tout cela est derrière lui. Je suis particulièrement curieux de savoir s'il peut maintenir le bon équilibre et la bonne organisation dans l'équipe", justifiera Marc Wilmots.

Anthony retrouve une sélection qu'il connaît bien, avec qui il a été à Pékin en 2008 et dont il a été l'un des premiers à intégrer l'équipe A, avant de se perdre. S'il ne veut pas planer, il est tout de même en passe de réussir son pari fou. " La Coupe du Monde est mon objectif, mais il n'est qu'à moitié atteint. Ma présence dans le groupe n'est pas une garantie. Je vais continuer à afficher la même mentalité qui m'a permis de revenir à mon meilleur niveau."

Dix ans après ces débuts prometteurs, Anthony Vanden Borre va peut-être enfin se montrer à la hauteur de son talent. Après des années d'égarements, c'est finalement là où tout a commencé qu'il pourrait éclore définitivement : chez lui, à Anderlecht, et avec ses amis d'enfance des Diables Rouges.

Si le Brésil est son objectif, le plus dur n'est sans doute pas là. Pour Anthony Vanden Borre, il faudra arriver pour la première fois de sa carrière à afficher la mentalité adéquate pour rester en haut de l'affiche. Il se situe peut-être là, son véritable challenge.

Tout commence très tôt pour Vanden Borre. À 16 ans, il est le deuxième joueur le plus jeune à monter sur une pelouse de division 1. Seule la légende mauve, Paul Van Himst, le devance. Les espoirs placés en lui sont énormes. "C'est le plus grand talent que je n'ai jamais vu de ma carrière", dira d'ailleurs Van Himst à propos de lui. C'est qu'en équipes de jeunes, ce n'était pas Kompany, son "pote de toujours" qui était considéré comme le plus grand talent, mais bien lui.Il ne lui faut que 5 rencontres avec le noyau A pour convaincre Aimé Anthuenis de le reprendre en équipe nationale. Il fait sa première apparition contre la Turquie.Après un départ tonitruant, il signe une saison en demi-teinte en 2005-2006. La saison suivante, il perd sa place au profit de Marcin Wasilewski. Barré par le Polonais, il signe à la Fiorentina, au mois de mars 2007. Le club de la botte mise 4 millions d'euros sur l'espoir belge. Une expérience qui se solde par un échec. Il part alors à la Genoa où il n'est titulaire qu'à huit reprises. Une période où il parvient tout de même à livrer une énorme prestation avec l'équipe nationale face à l'Espagne, en 2008, sous les ordres de Vandereycken. L'une de ces dernières rencontres avant une longue période de deux ans sans sélection. C'est ça la carrière de Vanden Borre : quelques hauts, et beaucoup de bas. Pour tenter de relancer sa carrière, Anthony Vanden Borre fait escale à Portsmouth, en Angleterre. Un échec de plus dans le début de carrière du joueur. Au mois de mai 2010, il se fait flasher à bord de son Audi S3 à 240km/h. Tout va trop vite, pour Anthony Vanden Borre. A 23 ans, il s'est brûlé les ailes.Une première main tendue Six ans après ses débuts en Belgique, tout le monde a oublié Vanden Borre. Le grand espoir du football belge acquiert un nouveau statut, celui de plus grand gâchis. Sauf pour un homme : Franky Vercauteren. À cette époque celui qui était le "Petit Prince du Parc" entraîne Genk. Il avait déjà révélé Vanden Borre à Anderlecht, et il lui tend la main, lui offre une seconde chance. Il débarque en septembre 2010 à Genk, mais devra attendre le mois de janvier pour jouer, son contrat ayant été signé hors délai. Comme lors de son arrivée à la Fiorentina, il commencera par s'entraîner sans jouer. Durant la deuxième partie de saison, il laisse entrevoir de belles choses. Après deux ans d'absence en équipe nationale, Goerges Leekens le rappelle pour un match face à la Roumanie. Il fait un bon match, et marque même un but. Avec Genk, le joueur est champion de Belgique. Ça y est, le voilà le vrai départ d'Anthony ? Mais dans la carrière de Vanden Borre, rien n'est jamais simple. Le joueur a du talent à revendre, mais n'a pas la mentalité adéquate. En janvier 2012, Mario Been le sort lors d'un match face à Zulte Waregem. "Je pense qu'il avait froid. Il n'a pas transpiré outre mesure, parce qu'il n'a pas beaucoup couru. Je reviendrai certainement sur cet incident. Si tu t'en prends constamment à l'arbitre et à ce qu'il se passe autour de toi, tu ne peux pas te concentrer sur le match", déclarera le coach de Genk après le match. La cassure est faite et Genk ne prolongera pas le contrat du joueur en juin 2012. Changement de mentalité et objectif Brésil Sans club au début de l'exercice 2012-2013, Anthony Vanden Borre ne baisse pas les bras. Il se prépare, seul, au cas où un club viendrait le chercher. Des stages intensifs dans le Nord de la France, un nouveau régime alimentaire, du travail, du travail et encore du travail. VDB veut mettre toutes les chances de son côté. Le garçon mûri, il devient un bosseur. "J'ai tout recommencé à zéro en me fixant un objectif : le Brésil", expliquera-t-il. Après avoir perdu dix kilos, il déclarera : "Durant cette période, j'ai affiché une nouvelle mentalité, celle d'un gagneur." Apprécié dans son club de coeur, il saisit une nouvelle main tendue. La seconde de sa carrière, après celle de Franky Vercauteren. "Le club n'oublie pas ses joueurs qui se trouvent en difficulté. C'est pourquoi nous avons décidé de l'aider", expliquera Herman Van Holsbeek. En janvier 2013, il rejoint donc Anderlecht. Il a six mois pour faire ses preuves, d'abord avec les espoirs, ensuite avec le noyau A. ses tests physiques sont excellents, le joueur a bossé, ça se voit. Pour la troisième fois de sa carrière, Vande, Borre s'entraîne, sans pouvoir être récompensé par des matchs. Fin du mois de juin, la décision tombe : il reçoit un nouveau contrat à Anderlecht, où il pourra devenir le concurrent de Guillaume Gillet. Le troisième choixIl a beau faire partie du noyau, Anthony Vanden Borre reste aux oubliettes. Au début de saison, c'est Guillaume Gillet qui joue arrière droit. Il est suppléé par Mbemba, à Mons. Anthony n'est que le troisième choix de Vanden Borre, qui ne s'en cache pas. C'est lors d'un match face au Standard que l'un des "chouchous" du public, aura l'occasion de saisir sa chance. Le 27 octobre, Guillaume Gillet se blesse au genou. La seule alternative s'appelle Anthony Vanden Borre. Le joueur fait un bon match. Il conserve sa place les matchs suivant, délivre des assists et devient petit à petit un titulaire indiscutable. Au point que ses prestations le replacent dans la course à une sélection en tant que back droit des Diables, un poste qui souffre d'un cruel manque de concurrence. Alors qu'il y a plus d'un an, tout le monde le prenait pour un fou quand il parlait de Brésil, il n'est plus le seul à croire en son rêve.Un Come-Back de plus chez les Diables Le 27 février, Marc Wilmots dévoile sa liste pour le match face à la Côté d'Ivoir. Anthony Vanden Borre y figure. "Durant les dernières rencontres amicales (contre la Colombie et le Japon), j'avais décidé de prendre Thomas Meunier, maintenant c'est au tour d'Anthony. Il est actuellement en bonne forme et je veux voir comment il se débrouille en sélection sur le flanc droit. Il a vécu une période difficile, mais maintenant tout cela est derrière lui. Je suis particulièrement curieux de savoir s'il peut maintenir le bon équilibre et la bonne organisation dans l'équipe", justifiera Marc Wilmots. Anthony retrouve une sélection qu'il connaît bien, avec qui il a été à Pékin en 2008 et dont il a été l'un des premiers à intégrer l'équipe A, avant de se perdre. S'il ne veut pas planer, il est tout de même en passe de réussir son pari fou. " La Coupe du Monde est mon objectif, mais il n'est qu'à moitié atteint. Ma présence dans le groupe n'est pas une garantie. Je vais continuer à afficher la même mentalité qui m'a permis de revenir à mon meilleur niveau." Dix ans après ces débuts prometteurs, Anthony Vanden Borre va peut-être enfin se montrer à la hauteur de son talent. Après des années d'égarements, c'est finalement là où tout a commencé qu'il pourrait éclore définitivement : chez lui, à Anderlecht, et avec ses amis d'enfance des Diables Rouges. Si le Brésil est son objectif, le plus dur n'est sans doute pas là. Pour Anthony Vanden Borre, il faudra arriver pour la première fois de sa carrière à afficher la mentalité adéquate pour rester en haut de l'affiche. Il se situe peut-être là, son véritable challenge.