Évoquer les Spurs revient forcément à regarder dans le rétroviseur. Pas seulement pour évoquer la gloire passée du club, référence londonienne des eighties, mais aussi pour revenir sur des dates qui marquent inévitablement les esprits. L'année 2008, d'abord, lors de laquelle Tottenham soulève la League Cup, coup d'envoi d'une période de dix ans sans trophée qui n'a toujours pas pris fin.

Janvier 2018, ensuite, moment où Lucas Moura quitte le PSG pour renforcer le secteur offensif des Spurs. Depuis, en deux mercatos, le club n'a plus réalisé le moindre transfert. Dans le même temps, les 19 autres clubs de Premier League ont enregistré 139 transactions, soit une moyenne supérieure à sept transferts par club. Septembre 2018, enfin, date prévue de l'emménagement dans le nouveau stade de 62.000 places censé remplacer White Hart Lane. Sans cesse repoussée, la date de l'inauguration n'aura pas lieu avant le 17 mars prochain, pour le pronostic le plus optimiste.

Locataire d'un Wembley qui ne lui convient pas toujours à merveille, Tottenham semble donc en stand-by. Sorti de la League Cup par le Chelsea d' Eden Hazard, éliminé sans gloire de la FA Cup par Crystal Palace, le club n'a plus que la Ligue des Champions à se mettre sous la dent, en dehors d'une course-poursuite derrière Manchester City et Liverpool pour un titre qui semble néanmoins toujours hors de leur portée.

Privés d'Harry Kane et de Dele Alli dans le money-time de la saison, fragilisés dès que certains cadres manquent à l'appel en raison d'un noyau moins riche que leurs concurrents, les Spurs ont accueilli avec un large sourire le retour d' Heung-min Son de la Coupe d'Asie. Déjà auteur de dix buts en championnat cette saison, le Coréen a repris le rôle d'Alli en devenant le principal écuyer de Kane, qui reste le spécialiste de la maison (14 buts en 22 matches).

Avec un groupe pratiquement inchangé depuis plusieurs saisons, Mauricio Pochettino continue à tenir le rythme des ténors et de leurs dépenses folles. Non sans s'agacer du manque de coup de pouce venu des bureaux : " Vous ne pouvez pas garder la même équipe pendant cinq ans, c'est difficile de garder la motivation. C'est pour ça que notre travail réalisé depuis cet été est incroyable : on a réussi à garder de la motivation sans avoir recruté. On verra si on peut continuer comme ça, mais je ne pense pas. "

Déjà annoncé au Real Madrid l'été dernier, le coach argentin pourrait à nouveau être dragué par la Casa Blanca au terme de la saison. Certains en font également le manager idéal pour succéder à l'intérimaire Ole Gunnar Solskjaer à Old Trafford. Les offres ne manqueront pas, tout comme celles pour Kane ou Christian Eriksen, véritable maître à jouer de l'équipe.

Pour un titre, c'est peut-être l'année ou jamais. Mais même en tête à 90 minutes de la fin, personne ne serait vraiment confiant pour les Spurs. Parce que comme l'a un jour dit Sir Alex Ferguson dans un speech d'avant-match, rappelant ainsi la tradition de l'échec qui plane dans le quartier londonien : "Come on lads, it's Tottenham."