La deuxième période des Allemands a été un long cavalier seul et un chemin de croix pour des Spurs totalement dépassés.

Une déroute historique à domicile en coupe d'Europe, la plus lourde jamais subie par un club anglais, qui porte la marque d'un joueur: l'attaquant Serge Gnabry, intenable et auteur d'un quadruplé en deuxième période.

Il a d'abord tué tout suspense d'un doublé en deux minutes au début du second acte (3-1, 53e puis 4-1, 55e), avant de récidiver en toute fin de match, donnant encore plus d'ampleur au naufrage des locaux (5-2, 83e puis 7-2 à la 88e).

Dès la 2e minute, il avait allumé la première mèche d'une course plein axe et une frappe tendue sur laquelle Hugo Lloris avait réussi à intervenir. Ses buts ont été à l'image de cette première occasion, une vitesse et une agilité incroyables et une précision chirurgicale dans les frappes.

Un spectacle d'autant plus pénible pour les supporters de Tottenham qu'il venait d'un ancien joueur du club honni, Arsenal.

En comparaison, l'homme en forme de l'attaque bavaroise, Robert Lewandowski, a presque paru effacé avec "seulement" un doublé (1-2, 45e et 2-6, 87e). Deux buts qui permettent au Polonais de devenir le cinquième meilleur buteur de l'histoire de la C1, à égalité avec Ruud van Nistelrooy, 56 réalisations.

Joshua Kimmich y est lui aussi allé de son très beau but, une frappe enroulée croisée de 22 mètres dans le petit filet de Lloris qui n'a rien pu faire malgré sa belle extension.

Naufrage en seconde période

Après 25 minutes de jeu, on n'aurait pourtant pas parié sur un tel épilogue.

La première période offerte par les deux équipes a été un match de très haut niveau, de ceux que l'on voit généralement plutôt en phase finale qu'en poule.

La première demi-heure particulièrement a été un feu d'artifice d'actions de part et d'autres avec 11 tirs dont 10 cadrés.

Déjà sous pression avec son match nul (2-2) en Grèce pour la première journée, après avoir mené de deux buts, Tottenham a démarré la partie sur les chapeaux de roues, effectuant un pressing étouffant, mais le Bayern a progressivement posé le pied sur le ballon et son succès est des plus logiques.

Les hommes de Mauricio Pochettino pourront regretter leur important déchet face au but. Les Londoniens ont aussi buté sur Manuel Neuer, auteur dès la 6e minute d'une belle parade du pied devant Son Heung-Min, idéalement lancé par Tanguy Ndombele.

Le Coréen avait pourtant trouvé l'ouverture sur une passe de Moussa Sissoko qui avait bien exploité un ballon perdu par Corentin Tolisso sous le pressing blanc (1-0, 12e).

Et les Spurs auraient mérité d'atteindre la pause au moins à égalité, s'il n'y avait eu un sauvetage de Serge Gnabry, décidément partout, devant Harry Kane (18e), ou une nouvelle énorme parade de Neuer sur une frappe de Ndombele (26e).

Mais le Bayern a su faire le dos rond et voir exploser un Tottenham sans doute en sur-régime et qui, avec son départ mitigé en championnat, est maintenant menacé d'une crise assez profonde.