L'euphorie après la qualification de la Gambie pour la Coupe d'Afrique des Nations a dû être énorme ?

Tom Saintfiet : "Vous n'avez pas idée. Le match décisif (2-0 contre le Gabon, en mars) a eu lieu dans un stade vide, en raison de la corona. Mais à l'extérieur du stade, c'était rempli. Le bus des joueurs est resté bloqué pendant deux heures. Il était entouré d'une horde de supporters en délire. La préparation de ce match a également été très spéciale. La plupart des joueurs évoluent en Europe. Nous étions censés prendre ensemble un avion privé depuis Bruxelles, pour réduire le risque d'infection au coronavirus. Puis on s'est rendu compte qu'aucun vol n'avait été organisé. Trois jours avant le match international le plus important de l'histoire de la Gambie, tout le monde se retrouvait bloqué à Zaventem. Nous sommes donc entrés dans l'hôtel Sheraton, en face de l'entrée de l'aéroport. On s'est entraînés en jeans sur le parking, sous quatre degrés. De nombreux entraîneurs auraient pesté face à de telles conditions, mais je n'ai délibérément pas été en colère. Les joueurs étaient déjà assez stressés comme ça."

Qu'attendent les Gambiens de leur première participation à la CAN ?

Saintfiet : "L'équipe s'est qualifiée pour la première fois, mais chaque Gambien pense avec certitude que nous allons gagner la Coupe d'Afrique. Enthousiasme ou colère, il n'y a pas de juste milieu pour les fans de football africains. Nous avons perdu à domicile contre le Togo, qui est classé 40 places au-dessus de nous dans le classement mondial. 0-1 à la 90ème minute. La police a dû évacuer l'équipe. Nous nous sommes abrités sous des boucliers pare-balles alors qu'il pleuvait des pierres et des bouteilles. Deux matches plus tard, lorsque nous avons partagé contre le Congo, les supporters ont formé une ligne d'honneur. Les gens se sont jetés sur le sol en signe d'adoration. J'ai pensé : ce sont probablement les mêmes hommes que ceux qui nous jetaient des pierres la dernière fois. Si nos résultats devaient être décevants à la CAN, nous devrions déjà organiser une autre escorte policière. Nous sommes dans un groupe avec la Tunisie, la Mauritanie et le Mali. La Tunisie se qualifie régulièrement pour la Coupe du monde, le Mali possède une équipe exceptionnelle qui peut atteindre les demi-finales et la Mauritanie ne doit pas non plus être sous-estimée. Ce serait formidable si nous atteignions le deuxième tour. Je veux gagner tous les matchs, mais il n'est pas réaliste d'exiger que nous le fassions. Nous sommes ici pour apprendre, dans l'espoir de nous qualifier à nouveau pour la Coupe d'Afrique en 2023 puis en 2025 et même d'être présents à la Coupe du monde en 2026".

Est-ce que les joueurs africains les plus connus seront de la partie ? Leurs employeurs européens ne les laisseront pas partir en plein milieu d'une pandémie.

Saintfiet : "Il est écoeurant de voir comment la FIFA, l'UEFA et les grands clubs européens traitent le football africain. Pouvez-vous imaginer que Manchester City dise que Kevin De Bruyne n'a pas le droit de jouer le championnat d'Europe avec les Diables rouges ? L'endroit serait trop petit. Un peu de respect, s'il vous plaît. Je n'ai pas besoin d'expliquer qu'il est très important pour mes internationaux de pouvoir jouer pour leur équipe nationale, tout comme pour tous les supporters africains. Les clubs voient deux arguments pour empêcher leurs joueurs de se rendre à la CAN : la surcharge de travail qui entraîne des risques de blessures et l'omicron. La surcharge, elle se trouve surtout dans le football européen. On aurait pu se contenter de ne jouer une Ligue des Champions qu'avec les champions de chaque pays. Cela aurait permis de sauver beaucoup d'autres matchs. La Coupe d'Afrique des Nations doit-elle payer pour la cupidité du football européen ? Omicron alors. Ce variant a été découvert en Afrique, mais s'est répandue dans le monde entier. Il est insultant de supposer que l'Afrique ne peut pas organiser un tournoi sûr au niveau du respect des normes sanitaires."

Lire la suite de cette interview (en néerlandais) dans notre zone +

L'euphorie après la qualification de la Gambie pour la Coupe d'Afrique des Nations a dû être énorme ?Tom Saintfiet : "Vous n'avez pas idée. Le match décisif (2-0 contre le Gabon, en mars) a eu lieu dans un stade vide, en raison de la corona. Mais à l'extérieur du stade, c'était rempli. Le bus des joueurs est resté bloqué pendant deux heures. Il était entouré d'une horde de supporters en délire. La préparation de ce match a également été très spéciale. La plupart des joueurs évoluent en Europe. Nous étions censés prendre ensemble un avion privé depuis Bruxelles, pour réduire le risque d'infection au coronavirus. Puis on s'est rendu compte qu'aucun vol n'avait été organisé. Trois jours avant le match international le plus important de l'histoire de la Gambie, tout le monde se retrouvait bloqué à Zaventem. Nous sommes donc entrés dans l'hôtel Sheraton, en face de l'entrée de l'aéroport. On s'est entraînés en jeans sur le parking, sous quatre degrés. De nombreux entraîneurs auraient pesté face à de telles conditions, mais je n'ai délibérément pas été en colère. Les joueurs étaient déjà assez stressés comme ça."Qu'attendent les Gambiens de leur première participation à la CAN ?Saintfiet : "L'équipe s'est qualifiée pour la première fois, mais chaque Gambien pense avec certitude que nous allons gagner la Coupe d'Afrique. Enthousiasme ou colère, il n'y a pas de juste milieu pour les fans de football africains. Nous avons perdu à domicile contre le Togo, qui est classé 40 places au-dessus de nous dans le classement mondial. 0-1 à la 90ème minute. La police a dû évacuer l'équipe. Nous nous sommes abrités sous des boucliers pare-balles alors qu'il pleuvait des pierres et des bouteilles. Deux matches plus tard, lorsque nous avons partagé contre le Congo, les supporters ont formé une ligne d'honneur. Les gens se sont jetés sur le sol en signe d'adoration. J'ai pensé : ce sont probablement les mêmes hommes que ceux qui nous jetaient des pierres la dernière fois. Si nos résultats devaient être décevants à la CAN, nous devrions déjà organiser une autre escorte policière. Nous sommes dans un groupe avec la Tunisie, la Mauritanie et le Mali. La Tunisie se qualifie régulièrement pour la Coupe du monde, le Mali possède une équipe exceptionnelle qui peut atteindre les demi-finales et la Mauritanie ne doit pas non plus être sous-estimée. Ce serait formidable si nous atteignions le deuxième tour. Je veux gagner tous les matchs, mais il n'est pas réaliste d'exiger que nous le fassions. Nous sommes ici pour apprendre, dans l'espoir de nous qualifier à nouveau pour la Coupe d'Afrique en 2023 puis en 2025 et même d'être présents à la Coupe du monde en 2026".Est-ce que les joueurs africains les plus connus seront de la partie ? Leurs employeurs européens ne les laisseront pas partir en plein milieu d'une pandémie.Saintfiet : "Il est écoeurant de voir comment la FIFA, l'UEFA et les grands clubs européens traitent le football africain. Pouvez-vous imaginer que Manchester City dise que Kevin De Bruyne n'a pas le droit de jouer le championnat d'Europe avec les Diables rouges ? L'endroit serait trop petit. Un peu de respect, s'il vous plaît. Je n'ai pas besoin d'expliquer qu'il est très important pour mes internationaux de pouvoir jouer pour leur équipe nationale, tout comme pour tous les supporters africains. Les clubs voient deux arguments pour empêcher leurs joueurs de se rendre à la CAN : la surcharge de travail qui entraîne des risques de blessures et l'omicron. La surcharge, elle se trouve surtout dans le football européen. On aurait pu se contenter de ne jouer une Ligue des Champions qu'avec les champions de chaque pays. Cela aurait permis de sauver beaucoup d'autres matchs. La Coupe d'Afrique des Nations doit-elle payer pour la cupidité du football européen ? Omicron alors. Ce variant a été découvert en Afrique, mais s'est répandue dans le monde entier. Il est insultant de supposer que l'Afrique ne peut pas organiser un tournoi sûr au niveau du respect des normes sanitaires."