Liverpool rêve d'Istanbul

En battant Tottenham en finale à Madrid en juin dernier (2-0), Liverpool a acté la prise de pouvoir anglaise sur la C1 après cinq années de domination espagnole (2014-2018).

Mais "ce n'est qu'un début", a déclaré l'entraîneur des "Reds" Jürgen Klopp. Et le tirage au sort organisé par l'UEFA jeudi en fin d'après-midi est la première étape d'un chemin menant jusqu'à la finale d'Istanbul le 30 mai 2020.

Les rives du Bosphore sont riches de souvenirs pour le club des bords de la Mersey, qui avait réussi une folle remontée contre l'AC Milan lors de la finale 2005: le fameux "miracle d'Istanbul".

"Nous portons le poids de l'histoire pour reproduire cela. Ce sera un objectif, je dirais, mais ce sera difficile", a prévenu Klopp.

Promenade pour les Anglais?

Grâce à leur statut de têtes de série, Liverpool (vainqueur sortant), Chelsea (vainqueur de la Ligue Europa) et Manchester City (champion d'Angleterre) peuvent espérer un tirage un peu plus clément.

Cela leur garantit d'éviter par exemple le FC Barcelone, la Juventus Turin, le Paris SG ou le Bayern Munich dans le chapeau 1, ainsi que Tottenham dans le pot 2 puisque deux clubs d'un même championnat ne peuvent s'affronter en poule.

De quoi permettre un carton plein anglais en huitièmes ? Si Chelsea, interdit de transferts par la Fifa, n'a pas pu recruter à l'intersaison, Liverpool et le Manchester City de Pep Guardiola sont des favoris logiques au sacre européen. Et Tottenham ne cesse de grandir.

L'Espagne en "reconquista"

Face aux Anglais, les Espagnols rêvent de "reconquista". A l'image du Real Madrid, qui a rappelé en mars son entraîneur fétiche Zinédine Zidane, triple vainqueur de l'épreuve (2016-2018), et a dépensé plus de 300 millions d'euros en transferts à l'intersaison.

"Le football espagnol a toujours sa place", a prévenu Zidane, rejetant l'idée d'une fin de cycle pour la Liga.

Comme le Real, l'Atlético Madrid a été éliminé dès les huitièmes la saison passée. Et comme le Real, l'"Atleti" a beaucoup dépensé, dont 126 M EUR pour la pépite Joao Felix, pour rebâtir une équipe revancharde.

Tous leurs adversaires voudront donc éviter un détour par Madrid en phase de poules. D'autant que la "Maison blanche" et l'"Atleti" figurent dans le chapeau 2 et risquent de faire partie des deux groupes les plus relevés jeudi.

Quant au FC Barcelone, il a été le grand animateur du marché des transferts avec le recrutement clinquant de la star française Antoine Griezmann (120 M EUR), en attendant le possible retour retentissant du Brésilien Neymar (Paris SG). L'objectif affiché par le capitaine Lionel Messi est clair: reconquérir la C1 et effacer la débâcle subie à Liverpool en demi-finale au printemps (3-0, 0-4).

Juve, Bayern, PSG en embuscade

Même si l'Ajax Amsterdam ou Tottenham ont fait souffler un vent de fraîcheur, l'épreuve-reine européenne semble progressivement réservée à un cercle restreint. Peut-être une préfiguration du projet de réforme très controversé de la compétition, qui pourrait en faire un club quasi fermé d'ici 2024...

Dans ce cénacle, il y a la Juventus Turin, finaliste en 2015 et 2017 avant de chuter l'an dernier en quarts malgré le recrutement de Cristiano Ronaldo, meilleur buteur de l'histoire de l'épreuve. Attention: le Portugais rêve toujours de remporter la C1 avec un troisième club différent.

Il y a aussi le Bayern Munich, qui craint un déclassement à l'échelle européenne, comme toute la Bundesliga, malgré quatre représentants en poules (avec Dortmund, Leverkusen et Leipzig).

Il y a enfin le Paris SG, dont les chances de victoire finale dépendront beaucoup de l'issue du dossier Neymar: à Monaco, les Parisiens auront un oeil sur le mercato, l'autre sur les fameuses boules étoilées.