Thiago Silva: C'est au Portugal que j'ai ressenti les premiers symptômes de la tuberculose que j'ai contractée ensuite en Russie, au Dynamo Moscou. Je me plaignais tous les jours de douleurs à la poitrine, mais personne au FC Porto ne s'en est inquiété. Je n'ai passé aucun examen là-bas et ma santé a fini par se dégrader fortement. Je pense sincèrement que Porto a eu sa part de responsabilité dans ma maladie. Mon cas s'est aggravé au point que quand je suis arrivé à Moscou, on m'a immédiatement ordonné de faire des examens.

Cette tuberculose, ça a été la période la plus difficile de ta carrière ?
(l'air grave) C'est sans aucun doute l'épisode le plus difficile de ma vie, même. Imagine, j'ai été interné dans un hôpital de Moscou pendant six mois alors que je ne comprenais ni le russe, ni l'anglais...

Dans quelles conditions tu vivais à l'hôpital en Russie ?
La chambre était bien plus petite que cette pièce (une salle d'environ 15 mètres carrés au Camp des Loges, ndlr). C'était vraiment très dur. Sur le coin gauche, il y avait le lit et juste à côté, un lavabo minuscule. Face au lit, il y avait une toute petite TV avec une console et quelques jeux vidéo. C'était le seul passe-temps que j'avais là-bas. A droite du lit, il y avait une grande fenêtre qui donnait sur la rue, dans un autre coin il y avait un petit frigo et enfin à côté de l'entrée, la salle de bains. Enfin, la salle de bains... Une douche avec un trou pour évacuer l'eau qui me servait aussi de toilettes. Je faisais mes besoins et me douchais au même endroit.

Tu as fait une dépression pendant ces six mois ?
Oui. Le froid, le manque de lumière naturelle, le fait de ne parler à presque personne... Tout ça était très difficile à vivre. Et encore, j'avais la chance d'avoir une excellente situation financière par rapport aux autres patients (chaque année, environ 24 000 personnes meurent de la tuberculose en Russie, ndlr). Je crois d'ailleurs que je suis le seul patient à avoir grossi (il rit). Parce que quand ma mère a débarqué à Moscou, elle est venue avec beaucoup de chocolat. Ça m'a bien aidé, car la bouffe de l'hôpital était froide et immangeable.

Tu es retourné en Russie après ça ?
Non, hors de question ! Je n'y retournerai jamais ! J'ai de très mauvais souvenirs là-bas... D'ailleurs j'ai quitté le pays de manière précipitée, sans rien prendre avec moi. J'ai tout abandonné, mes affaires, mes habits, ceux de ma femme, ma maison, tout, comme si je fuyais la fin du monde. Tout ! Je voulais repartir de zéro. Laisser derrière moi tout ce que j'avais vécu là-bas.

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans Sport/Foot Magazine.

William Pereira et Javier Prieto Santos

Thiago Silva: C'est au Portugal que j'ai ressenti les premiers symptômes de la tuberculose que j'ai contractée ensuite en Russie, au Dynamo Moscou. Je me plaignais tous les jours de douleurs à la poitrine, mais personne au FC Porto ne s'en est inquiété. Je n'ai passé aucun examen là-bas et ma santé a fini par se dégrader fortement. Je pense sincèrement que Porto a eu sa part de responsabilité dans ma maladie. Mon cas s'est aggravé au point que quand je suis arrivé à Moscou, on m'a immédiatement ordonné de faire des examens. Cette tuberculose, ça a été la période la plus difficile de ta carrière ? (l'air grave) C'est sans aucun doute l'épisode le plus difficile de ma vie, même. Imagine, j'ai été interné dans un hôpital de Moscou pendant six mois alors que je ne comprenais ni le russe, ni l'anglais... Dans quelles conditions tu vivais à l'hôpital en Russie ? La chambre était bien plus petite que cette pièce (une salle d'environ 15 mètres carrés au Camp des Loges, ndlr). C'était vraiment très dur. Sur le coin gauche, il y avait le lit et juste à côté, un lavabo minuscule. Face au lit, il y avait une toute petite TV avec une console et quelques jeux vidéo. C'était le seul passe-temps que j'avais là-bas. A droite du lit, il y avait une grande fenêtre qui donnait sur la rue, dans un autre coin il y avait un petit frigo et enfin à côté de l'entrée, la salle de bains. Enfin, la salle de bains... Une douche avec un trou pour évacuer l'eau qui me servait aussi de toilettes. Je faisais mes besoins et me douchais au même endroit. Tu as fait une dépression pendant ces six mois ? Oui. Le froid, le manque de lumière naturelle, le fait de ne parler à presque personne... Tout ça était très difficile à vivre. Et encore, j'avais la chance d'avoir une excellente situation financière par rapport aux autres patients (chaque année, environ 24 000 personnes meurent de la tuberculose en Russie, ndlr). Je crois d'ailleurs que je suis le seul patient à avoir grossi (il rit). Parce que quand ma mère a débarqué à Moscou, elle est venue avec beaucoup de chocolat. Ça m'a bien aidé, car la bouffe de l'hôpital était froide et immangeable. Tu es retourné en Russie après ça ? Non, hors de question ! Je n'y retournerai jamais ! J'ai de très mauvais souvenirs là-bas... D'ailleurs j'ai quitté le pays de manière précipitée, sans rien prendre avec moi. J'ai tout abandonné, mes affaires, mes habits, ceux de ma femme, ma maison, tout, comme si je fuyais la fin du monde. Tout ! Je voulais repartir de zéro. Laisser derrière moi tout ce que j'avais vécu là-bas. Retrouvez l'intégralité de cette interview dans Sport/Foot Magazine. William Pereira et Javier Prieto Santos