Formé à Chelsea, le Londonien Tammy Abraham a intégré le noyau professionnel en 2016. Mais la concurrence est évidemment féroce et comme beaucoup de jeunes formés à l'ombre de Stamford Bridge, il est prêté dans les divisions inférieures afin de s'aguerrir au football des adultes. D'abord à Bristol (48 matches et 26 buts) puis à Swansea (39 matches et 8 buts) et enfin à Aston Villa (40 matches et 26 buts). Sa saison avec les Villans comfirme l'étendue de ses progrès puisqu'il est l'un des principaux acteurs du retour du club de Birmingham parmi l'élite. Fort de ces belles références dans l'antichambre de l'élite anglaise, il est rapatrité à Stamford Bridge lors de l'arrivée de Frank Lampard sur le petit banc.

Lancé par Lampard en Premier League

L'icône des Blues entend bien mettre les jeunes talents formés au club comme Mason Mount et Abraham, au coeur de son projet. Ils doivent incarner l'avenir d'un Chelsea qui veut retrouver les sommets du football anglais.

Le Londonien saisit cette opportunité à deux mains et le 24 août 2019, il inscrit ses deux premières réalisations sous le maillot bleu lors de la victoire sur la pelouse de Norwich (2-3). Vingt jours plus tard, il s'offre même son premier triplé en Premier League lors de la victoire de Chelsea 5-2 contre Wolverhampton. A l'image d'un Chelsea aussi séduisant que naïf, le jeune attaquant finit par connaître un creux lors de la deuxième moitié de la compétition. Cela ne l'empêche pas de terminer sa première saison complète avec les Blues avec un bilan plus qu'honnête de dix-huit buts en quarante-sept duels, toutes compétitions confondues.

le 14 septembre 2019, contre Wolverhampton, Tammy Abraham signe son premier triplé en Premier League., iStock
le 14 septembre 2019, contre Wolverhampton, Tammy Abraham signe son premier triplé en Premier League. © iStock

Mais les mois qui vont suivre vont faire basculer sa carrière à Londres. Chelsea a décidé de sortir le chéquier pour lutter pour le titre et Abraham finit par moins jouer, perd confiance et sa place de titulaire, en même temps que Lampard perd la sienne sur le banc des Londoniens.

Pas assez travailleur pour Tuchel

L'arrivée de Thomas Tuchel empêche le Blues de s'installer à Chelsea et le club va remporter la Ligue des Champions à la surprise générale. Mais ce bonheur ne fait pas les affaires d'un Abraham dont le profil ne plait guère au nouveau technicien allemand qui préfère aligner des éléments plus travailleurs en pointe comme Timo Werner ou Olivier Giroud. Le jeune Londonien est même écarté du groupe professionnel et voit son avenir au sein de son club formateur sérieusement s'assombrir.

Chelsea manque cependant toujours d'un buteur et envisage déjà de rapatrier Romelu Lukaku à Stamford Bridge. José Mourinho, arrivé en grande pompe à la tête de l'AS Roma après un passage raté à Tottenham, sent le bon coup et pousse sa direction à allonger 40 millions pour attirer Abraham dans la Ville Eternelle.

Loin de la pression du football anglais, dans un club où même Chris Smalling, ancien pestiféré de Manchester United, a retrouvé des couleurs, Tammy Abraham se développe et s'endurcit grâce aux conseils et aux entraînements du fantasque et rusé Special One.

"Que m'a-t-il appris au cours de mes trois premiers mois à Rome ? Juste à être un monstre, vraiment", explique le joueur de 24 ans dans les colonnes du Telegraph. "Je pense que l'une de ses premières remarques était que j'étais un joueur trop gentil, et que, avec l'expérience, je devais montrer plus d'agressivité pour m'affirmer en tant que buteur", poursuit Abraham.

Et l'Anglais applique ces conseils à merveille puisqu'il ne tarde pas à être décisif d'entrée de jeu avec les Giallorossi en signant deux passes décisives pour sa première à l'Olimpico contre la Fiorentina. Pour le premier but, il ne faut attendre qu'une semaine et le déplacement à Salernitana. Seize autres roses seront encore plantées dans les jardins de la Botte au cours de la saison et Abraham ne manque pas non plus de s'illustrer dans les duels contre les grandes équipes de la compétition.

Buteur des grandes occasions

Il signe un doublé sur la pelouse de l'Atalanta et marque encore une fois lors de la réception des Bergamasques. Il marque le seul but de la Roma lors de sa défaite 3-1 à San Siro, contre le futur champion de l'AC Milan, avant de récidiver une semaine plus tard à domicile contre la Juventus, toujours avec une défaite à la clé (3-4) pour les hommes de José Mourinho. Un véritable coup de mou qui remettra d'ailleurs en question la capacité du technicien portugais à redresser la situation du club romain.

Tammy Abraham s'élève dans les airs pour crucifier de la tête Kasper Schmeichel, le gardien de Leicester City. L'AS Roma est en finale de la première édition de la Conference League., iStock
Tammy Abraham s'élève dans les airs pour crucifier de la tête Kasper Schmeichel, le gardien de Leicester City. L'AS Roma est en finale de la première édition de la Conference League. © iStock

Il n'y a finalement que contre l'Inter qu'il n'apportera rien à ses couleurs, puisqu'il signera aussi une passe décisive contre le Napoli de Dries Mertens et surtout un doublé dans le derby remporté 3-0 contre la Lazio. De quoi gagner les coeurs d'une bonne moitié de Rome et d'engranger la confiance nécessaire.

"Il ne s'agit pas d'être tout le temps gentil sur le terrain. Vous avez besoin de caractère, de cette présence pour faire peur aux défenseurs, " détaillait encore Tammy Abraham dans les colonnes du Telegraph. Une phrase qui résume bien l'influence de Mourinho sur l'attaquant anglais.

"C'était plus facile pour moi de me trouver un autre club en Angleterre. Au lieu de cela, je voulais voler. J'aime le football, j'aime gagner", explique Abraham quand il revient sur son transfert estival.

La métamorphose du Londonien ne s'exprime pas que par un sens du but retrouvé. Il a aussi énormément progressé dans son jeu sans ballon et notamment dans son travail défensif. Ce dernier aspect était d'ailleurs ce qui lui avait valu d'être évincé par Tuchel.

Mourinho, l'entraîneur idéal

"Je l'ai dit plusieurs fois, mais Mourinho est l'entraîneur idéal pour moi en ce moment. C'est quelqu'un qui sait comment m'aider à me développer et à tirer le meilleur de moi", poursuit l'attaquant international anglais qui a retrouvé les joies de la sélection nationale grâce à cette renaissance romaine. Cet exil à l'étranger l'a aussi fait mûrir, surtout que les Anglais ne sont pas les plus enclins à quitter leur île. "Il y a toujours un petit doute pour un joueur qui est né et a grandi en Angleterre. Ils ne quittent pas facilement Londres et s'adaptent parfois difficilement. Tammy s'est parfaitement intégré à l'équipe et à Rome", confiait d'ailleurs Mourinho à Sky Italia, quelques mois après l'arrivée de celui qui porte le numéro 9 de la Louve.

L'Anglais devait aussi faire oublier un joueur qui avait marqué les esprits au stadio Olimpico. En cinq années sous le maillot giallorosso, Edin Dzeko avait fait trembler les filets à 119 reprises. Pas facile de remplacer un tel profil, même si le vécu du Bosnien, passé sans grand succès par Manchester City et la Premier League avant de rebondir en Italie, pouvait être une source d'inspiration pour le natif de la capitale anglaise.

José Mourinho évoque aussi les spécificités de son AS Roma et les tâches qu'il demande aussi à son avant-centre. "Il n'est pas dans une équipe dominante, où il suffit à l'attaquant d'être bien placé dans la surface de réparation pour empiler les buts. Chez nous, il faut aussi travailler dur. C'est un long processus pour lui, cela le limite un peu mais il travaille beaucoup pour l'équipe. Bien sûr, il est capable de marquer encore plus de buts, mais son attitude s'améliore aussi et c'est une évolution très importante", analysait le Special One pourSky Sport Italia.

Une Coupe d'Europe et un titre de meilleur buteur de la compétition pour convaincre Southgate de l'emmener au Qatar en novembre prochain ?, iStock
Une Coupe d'Europe et un titre de meilleur buteur de la compétition pour convaincre Southgate de l'emmener au Qatar en novembre prochain ? © iStock

Si Rome ne s'est pas faite en un jour, Abraham pourrait cependant offrir aux Giallorossi leur deuxième trophée européen après la Coupe d'Europe des villes de foire en 1961. La Conference League n'a évidemment pas le même attrait, mais 31 ans après une dernière finale européenne perdue (contre l'Inter), les Italiens entendent bien remplir leur vitrine à trophées.

Tirana pour convaincre définitivement Southgate

En demi-finale, Tammy Abraham avait réalisé une prestation remarquée face à Leicester à l'aller avant d'offrir la qualification aux siens sur leurs terres, lors du duel retour.

Ce soir, en plus de la Coupe, le jeune Anglais tiendra aussi à l'oeil le titre de meilleur réalisateur de la compétition. Notre compatriote Cyriel Dessers occupe actuellement la tête du classement avec un but de plus qu'Abraham. Ce serait évidemment une belle ligne en plus sur le CV en vue d'attirer l'attention de Gareth Southgate au moment de composer sa liste de convoqués pour la prochaine Coupe du monde au Qatar. "La Coupe du Monde qui arrivait a, en grande partie, motivé mon choix de quitter Chelsea pour rejoindre Rome. Je devais jouer et faire mes preuves. Je dois juste essayer de me préparer au mieux pour faire partie de l'équipe. Je pense que si vous faites les choses correctement dans votre club, vous attirez plus facilement l'attention du sélectionneur national", expliquait-il récemment.

A Tirana, ce mercredi soir, Tammy Abraham a l'occasion de vraiment lui taper dans l'oeil.

Formé à Chelsea, le Londonien Tammy Abraham a intégré le noyau professionnel en 2016. Mais la concurrence est évidemment féroce et comme beaucoup de jeunes formés à l'ombre de Stamford Bridge, il est prêté dans les divisions inférieures afin de s'aguerrir au football des adultes. D'abord à Bristol (48 matches et 26 buts) puis à Swansea (39 matches et 8 buts) et enfin à Aston Villa (40 matches et 26 buts). Sa saison avec les Villans comfirme l'étendue de ses progrès puisqu'il est l'un des principaux acteurs du retour du club de Birmingham parmi l'élite. Fort de ces belles références dans l'antichambre de l'élite anglaise, il est rapatrité à Stamford Bridge lors de l'arrivée de Frank Lampard sur le petit banc.Lancé par Lampard en Premier LeagueL'icône des Blues entend bien mettre les jeunes talents formés au club comme Mason Mount et Abraham, au coeur de son projet. Ils doivent incarner l'avenir d'un Chelsea qui veut retrouver les sommets du football anglais.Le Londonien saisit cette opportunité à deux mains et le 24 août 2019, il inscrit ses deux premières réalisations sous le maillot bleu lors de la victoire sur la pelouse de Norwich (2-3). Vingt jours plus tard, il s'offre même son premier triplé en Premier League lors de la victoire de Chelsea 5-2 contre Wolverhampton. A l'image d'un Chelsea aussi séduisant que naïf, le jeune attaquant finit par connaître un creux lors de la deuxième moitié de la compétition. Cela ne l'empêche pas de terminer sa première saison complète avec les Blues avec un bilan plus qu'honnête de dix-huit buts en quarante-sept duels, toutes compétitions confondues.Mais les mois qui vont suivre vont faire basculer sa carrière à Londres. Chelsea a décidé de sortir le chéquier pour lutter pour le titre et Abraham finit par moins jouer, perd confiance et sa place de titulaire, en même temps que Lampard perd la sienne sur le banc des Londoniens.L'arrivée de Thomas Tuchel empêche le Blues de s'installer à Chelsea et le club va remporter la Ligue des Champions à la surprise générale. Mais ce bonheur ne fait pas les affaires d'un Abraham dont le profil ne plait guère au nouveau technicien allemand qui préfère aligner des éléments plus travailleurs en pointe comme Timo Werner ou Olivier Giroud. Le jeune Londonien est même écarté du groupe professionnel et voit son avenir au sein de son club formateur sérieusement s'assombrir.Chelsea manque cependant toujours d'un buteur et envisage déjà de rapatrier Romelu Lukaku à Stamford Bridge. José Mourinho, arrivé en grande pompe à la tête de l'AS Roma après un passage raté à Tottenham, sent le bon coup et pousse sa direction à allonger 40 millions pour attirer Abraham dans la Ville Eternelle.Loin de la pression du football anglais, dans un club où même Chris Smalling, ancien pestiféré de Manchester United, a retrouvé des couleurs, Tammy Abraham se développe et s'endurcit grâce aux conseils et aux entraînements du fantasque et rusé Special One."Que m'a-t-il appris au cours de mes trois premiers mois à Rome ? Juste à être un monstre, vraiment", explique le joueur de 24 ans dans les colonnes du Telegraph. "Je pense que l'une de ses premières remarques était que j'étais un joueur trop gentil, et que, avec l'expérience, je devais montrer plus d'agressivité pour m'affirmer en tant que buteur", poursuit Abraham.Et l'Anglais applique ces conseils à merveille puisqu'il ne tarde pas à être décisif d'entrée de jeu avec les Giallorossi en signant deux passes décisives pour sa première à l'Olimpico contre la Fiorentina. Pour le premier but, il ne faut attendre qu'une semaine et le déplacement à Salernitana. Seize autres roses seront encore plantées dans les jardins de la Botte au cours de la saison et Abraham ne manque pas non plus de s'illustrer dans les duels contre les grandes équipes de la compétition.Il signe un doublé sur la pelouse de l'Atalanta et marque encore une fois lors de la réception des Bergamasques. Il marque le seul but de la Roma lors de sa défaite 3-1 à San Siro, contre le futur champion de l'AC Milan, avant de récidiver une semaine plus tard à domicile contre la Juventus, toujours avec une défaite à la clé (3-4) pour les hommes de José Mourinho. Un véritable coup de mou qui remettra d'ailleurs en question la capacité du technicien portugais à redresser la situation du club romain.Il n'y a finalement que contre l'Inter qu'il n'apportera rien à ses couleurs, puisqu'il signera aussi une passe décisive contre le Napoli de Dries Mertens et surtout un doublé dans le derby remporté 3-0 contre la Lazio. De quoi gagner les coeurs d'une bonne moitié de Rome et d'engranger la confiance nécessaire."Il ne s'agit pas d'être tout le temps gentil sur le terrain. Vous avez besoin de caractère, de cette présence pour faire peur aux défenseurs, " détaillait encore Tammy Abraham dans les colonnes du Telegraph. Une phrase qui résume bien l'influence de Mourinho sur l'attaquant anglais."C'était plus facile pour moi de me trouver un autre club en Angleterre. Au lieu de cela, je voulais voler. J'aime le football, j'aime gagner", explique Abraham quand il revient sur son transfert estival.La métamorphose du Londonien ne s'exprime pas que par un sens du but retrouvé. Il a aussi énormément progressé dans son jeu sans ballon et notamment dans son travail défensif. Ce dernier aspect était d'ailleurs ce qui lui avait valu d'être évincé par Tuchel."Je l'ai dit plusieurs fois, mais Mourinho est l'entraîneur idéal pour moi en ce moment. C'est quelqu'un qui sait comment m'aider à me développer et à tirer le meilleur de moi", poursuit l'attaquant international anglais qui a retrouvé les joies de la sélection nationale grâce à cette renaissance romaine. Cet exil à l'étranger l'a aussi fait mûrir, surtout que les Anglais ne sont pas les plus enclins à quitter leur île. "Il y a toujours un petit doute pour un joueur qui est né et a grandi en Angleterre. Ils ne quittent pas facilement Londres et s'adaptent parfois difficilement. Tammy s'est parfaitement intégré à l'équipe et à Rome", confiait d'ailleurs Mourinho à Sky Italia, quelques mois après l'arrivée de celui qui porte le numéro 9 de la Louve.L'Anglais devait aussi faire oublier un joueur qui avait marqué les esprits au stadio Olimpico. En cinq années sous le maillot giallorosso, Edin Dzeko avait fait trembler les filets à 119 reprises. Pas facile de remplacer un tel profil, même si le vécu du Bosnien, passé sans grand succès par Manchester City et la Premier League avant de rebondir en Italie, pouvait être une source d'inspiration pour le natif de la capitale anglaise.José Mourinho évoque aussi les spécificités de son AS Roma et les tâches qu'il demande aussi à son avant-centre. "Il n'est pas dans une équipe dominante, où il suffit à l'attaquant d'être bien placé dans la surface de réparation pour empiler les buts. Chez nous, il faut aussi travailler dur. C'est un long processus pour lui, cela le limite un peu mais il travaille beaucoup pour l'équipe. Bien sûr, il est capable de marquer encore plus de buts, mais son attitude s'améliore aussi et c'est une évolution très importante", analysait le Special One pourSky Sport Italia. Si Rome ne s'est pas faite en un jour, Abraham pourrait cependant offrir aux Giallorossi leur deuxième trophée européen après la Coupe d'Europe des villes de foire en 1961. La Conference League n'a évidemment pas le même attrait, mais 31 ans après une dernière finale européenne perdue (contre l'Inter), les Italiens entendent bien remplir leur vitrine à trophées.En demi-finale, Tammy Abraham avait réalisé une prestation remarquée face à Leicester à l'aller avant d'offrir la qualification aux siens sur leurs terres, lors du duel retour.Ce soir, en plus de la Coupe, le jeune Anglais tiendra aussi à l'oeil le titre de meilleur réalisateur de la compétition. Notre compatriote Cyriel Dessers occupe actuellement la tête du classement avec un but de plus qu'Abraham. Ce serait évidemment une belle ligne en plus sur le CV en vue d'attirer l'attention de Gareth Southgate au moment de composer sa liste de convoqués pour la prochaine Coupe du monde au Qatar. "La Coupe du Monde qui arrivait a, en grande partie, motivé mon choix de quitter Chelsea pour rejoindre Rome. Je devais jouer et faire mes preuves. Je dois juste essayer de me préparer au mieux pour faire partie de l'équipe. Je pense que si vous faites les choses correctement dans votre club, vous attirez plus facilement l'attention du sélectionneur national", expliquait-il récemment. A Tirana, ce mercredi soir, Tammy Abraham a l'occasion de vraiment lui taper dans l'oeil.