Si Massimiliano Allegri a survécu à la crise milanaise et est toujours sur le banc de l'AC Milan, il le doit à un gamin. Enfin plus tout à fait, comme l'a récemment fait remarquer Adriano Galliani, vice-président du vénérable club italien. "Et dire que l'année dernière, ce n'était qu'un bébé." Oui mais c'était l'année dernière. Aujourd'hui, le bébé est devenu sauveur. Stephan El Shaarawy, 20 ans, a donc sauvé la tête de son entraîneur grâce à ses huit buts en 11 journées. Pas mal pour quelqu'un qui n'en avait inscrit que deux lors des 24 bouts de matches (798 minutes de jeu exactement) qu'il avait disputé la saison dernière.

L'AC Milan a perdu sa noblesse mais a donc gagné un pharaon, Il Faraone comme on surnomme désormais ce joueur à la crête improbable, né d'un père égyptien et d'une mère italienne. "Est-ce que ce surnom me plaît ? Bien sûr puisque c'est moi qui l'ai inventé", clame-t-il dans la presse transalpine. Dans cette équipe orpheline de ses joueurs-cadres ( Paolo Maldini, Clarence Seedorf, Alessandro Nesta et Gennaro Gattuso ont tous quitté le club) et délestée de ses stars ( Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva ont émigré vers le PSG), El Shaarawy surnage et permet aux tifosi d'espérer des jours meilleurs.

Car avec un tel talent, tout est permis. Technique, habileté, explosivité, rapidité, travail incessant, El Shaarawy dispose de la panoplie complète de l'attaquant moderne. Sans oublier le sens du but. Des beaux buts. Comme ce déboulé face au Zenit en Ligue des Champions. Cinq hommes évités et un grand pont sur Nicolas Lombaerts. Ou cette fusée de 30 mètres contre l'Udinese. Pourtant, au pays, on ne le considère pas vraiment comme un voleur de buts mais plutôt comme un trequartista, ce type de joueurs capables de se faufiler entre les lignes pour marquer.

Sept millions d'euros pour un joueur de 18 ans !

Si aujourd'hui, tout Milan l'adule, ses débuts à l'AC furent hésitants. Arrivé dans la capitale lombarde le titre de meilleur joueur de Serie B 2010-2011 en poche et pour le prix de 7 millions d'euros, El Shaarawy, alors âgé de 18 ans, était attendu au tournant. Son style capillaire (il s'est fait chambrer par Gattuso pour ses sourcils épilés) et certaines déclarations dans lesquelles il se comparait à Kaka, avouait qu'il draguait sur internet et pestait contre le dieu Ibrahimovic lui reprochant de ne pas faire de passes, renforçaient cette attente.

Pourtant, pas facile pour lui de se faire une place au milieu d'une attaque composée des Ibrahimovic, Robinho, Pato et autre Antonio Cassano. En janvier dernier, face au manque de temps de jeu, les dirigeants lui proposèrent même de partir en prêt. Ce qu'il refusa !

Et il a eu raison. Quelques mois plus tard, persuadé de son talent et au retour d'un Euro convaincant, le sélectionneur italien, Cesare Prandelli le sélectionne pour le match amical contre l'Angleterre, lui offrant même un poste de titulaire. La machine est en marche. Car, en ce début de saison, les départs offensifs lui offrent une chance. Et ce n'est pas le triplé inaugural de Gianpaolo Pazzini qui va le freiner. La semaine suivante, El Shaarawy marque le premier de ses huit buts et endosse le costume de sauveur de l'AC Milan.

Et après tout, n'est-il pas fait pour entrer dans l'histoire des clubs ? Natif de Savone, il est devenu le 21 décembre 2008, à l'âge de 16 ans, un mois et 24 jours, le plus jeune joueur de l'histoire du Genoa. A l'été 2010, Genoa le prête à Padoue, en Serie B. Placé dans un premier temps derrière les attaquants, il ne trouve pas ses marques et ce n'est qu'en novembre, sous la houlette d'un nouvel entraîneur, Alessandro Dal Canto, lorsque l'équipe passe en 4-3-3, qu'il éclate sur son côté gauche.

Cette saison-là, il marque 9 buts en 28 matches et conduit Padoue, englué dans la zone rouge, aux play-offs de Serie B. En demi-finale, il claque un doublé face à Varese mais cela ne suffit pas et, en finale, Padoue échoue face à Novara. Peu importe, El Shaarawy a brillé et Milan s'arrange avec le Genoa pour le transférer définitivement. Le prix du transfert (7 millions) est conséquent mais ne monte pas à la tête de ce jeune joueur. "D'abord je passe mon bac en économie et puis à moi, Milan", lance-t-il. Le bac en poche, il rejoint donc le grand AC.

Un an plus tard, grâce à ce but face au Zenit, il devient le plus jeune buteur de l'AC Milan en Ligue des Champions. 19 ans, 11 mois et six jours. Un autre record...

Stéphane Vande Velde

Si Massimiliano Allegri a survécu à la crise milanaise et est toujours sur le banc de l'AC Milan, il le doit à un gamin. Enfin plus tout à fait, comme l'a récemment fait remarquer Adriano Galliani, vice-président du vénérable club italien. "Et dire que l'année dernière, ce n'était qu'un bébé." Oui mais c'était l'année dernière. Aujourd'hui, le bébé est devenu sauveur. Stephan El Shaarawy, 20 ans, a donc sauvé la tête de son entraîneur grâce à ses huit buts en 11 journées. Pas mal pour quelqu'un qui n'en avait inscrit que deux lors des 24 bouts de matches (798 minutes de jeu exactement) qu'il avait disputé la saison dernière. L'AC Milan a perdu sa noblesse mais a donc gagné un pharaon, Il Faraone comme on surnomme désormais ce joueur à la crête improbable, né d'un père égyptien et d'une mère italienne. "Est-ce que ce surnom me plaît ? Bien sûr puisque c'est moi qui l'ai inventé", clame-t-il dans la presse transalpine. Dans cette équipe orpheline de ses joueurs-cadres ( Paolo Maldini, Clarence Seedorf, Alessandro Nesta et Gennaro Gattuso ont tous quitté le club) et délestée de ses stars ( Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva ont émigré vers le PSG), El Shaarawy surnage et permet aux tifosi d'espérer des jours meilleurs. Car avec un tel talent, tout est permis. Technique, habileté, explosivité, rapidité, travail incessant, El Shaarawy dispose de la panoplie complète de l'attaquant moderne. Sans oublier le sens du but. Des beaux buts. Comme ce déboulé face au Zenit en Ligue des Champions. Cinq hommes évités et un grand pont sur Nicolas Lombaerts. Ou cette fusée de 30 mètres contre l'Udinese. Pourtant, au pays, on ne le considère pas vraiment comme un voleur de buts mais plutôt comme un trequartista, ce type de joueurs capables de se faufiler entre les lignes pour marquer. Sept millions d'euros pour un joueur de 18 ans ! Si aujourd'hui, tout Milan l'adule, ses débuts à l'AC furent hésitants. Arrivé dans la capitale lombarde le titre de meilleur joueur de Serie B 2010-2011 en poche et pour le prix de 7 millions d'euros, El Shaarawy, alors âgé de 18 ans, était attendu au tournant. Son style capillaire (il s'est fait chambrer par Gattuso pour ses sourcils épilés) et certaines déclarations dans lesquelles il se comparait à Kaka, avouait qu'il draguait sur internet et pestait contre le dieu Ibrahimovic lui reprochant de ne pas faire de passes, renforçaient cette attente. Pourtant, pas facile pour lui de se faire une place au milieu d'une attaque composée des Ibrahimovic, Robinho, Pato et autre Antonio Cassano. En janvier dernier, face au manque de temps de jeu, les dirigeants lui proposèrent même de partir en prêt. Ce qu'il refusa ! Et il a eu raison. Quelques mois plus tard, persuadé de son talent et au retour d'un Euro convaincant, le sélectionneur italien, Cesare Prandelli le sélectionne pour le match amical contre l'Angleterre, lui offrant même un poste de titulaire. La machine est en marche. Car, en ce début de saison, les départs offensifs lui offrent une chance. Et ce n'est pas le triplé inaugural de Gianpaolo Pazzini qui va le freiner. La semaine suivante, El Shaarawy marque le premier de ses huit buts et endosse le costume de sauveur de l'AC Milan. Et après tout, n'est-il pas fait pour entrer dans l'histoire des clubs ? Natif de Savone, il est devenu le 21 décembre 2008, à l'âge de 16 ans, un mois et 24 jours, le plus jeune joueur de l'histoire du Genoa. A l'été 2010, Genoa le prête à Padoue, en Serie B. Placé dans un premier temps derrière les attaquants, il ne trouve pas ses marques et ce n'est qu'en novembre, sous la houlette d'un nouvel entraîneur, Alessandro Dal Canto, lorsque l'équipe passe en 4-3-3, qu'il éclate sur son côté gauche. Cette saison-là, il marque 9 buts en 28 matches et conduit Padoue, englué dans la zone rouge, aux play-offs de Serie B. En demi-finale, il claque un doublé face à Varese mais cela ne suffit pas et, en finale, Padoue échoue face à Novara. Peu importe, El Shaarawy a brillé et Milan s'arrange avec le Genoa pour le transférer définitivement. Le prix du transfert (7 millions) est conséquent mais ne monte pas à la tête de ce jeune joueur. "D'abord je passe mon bac en économie et puis à moi, Milan", lance-t-il. Le bac en poche, il rejoint donc le grand AC. Un an plus tard, grâce à ce but face au Zenit, il devient le plus jeune buteur de l'AC Milan en Ligue des Champions. 19 ans, 11 mois et six jours. Un autre record... Stéphane Vande Velde