La semaine dernière, le Real Madrid a offert à l'Argentin Santiago Solari (42 ans) un contrat jusqu'en 2021. Solari, qui a repris l'équipe après le limogeage de Julen Lopetegui, a remporté quatre succès d'affilée, certes contres des adversaires peu renommés (Melilla, Real Valladolid, Viktoria Plzen et Celta de Vigo).

On pensait que le président Florentino Perez avait engagé Solari en attendant l'arrivée d'Antonio Conte mais l'Italien a posé trop d'exigences : un salaire de plus de dix millions d'euros par an et un contrat nettement plus long que ne le souhaitait le Real. En sus, il voulait être accompagné de cinq assistants, nettoyer le vestiaire dans les plus brefs délais et avoir tout à dire sur les transferts. Les dirigeants du Real en sont restés bouche bée.

Conte n'a pas non plus apprécié les déclarations de Sergio Ramos juste après la raclée 5-1 essuyée contre le FC Barcelone. Interrogé sur ce qu'il pensait de l'entraîneur italien, le capitaine a rétorqué: "Le respect se mérite, il n'est pas automatique." Thibaut Courtois se serait également ému, en interne, quand le nom de Conte a circulé dans les couloirs. Il n'était pas pressé de recroiser le chemin de l'Italien, après deux saisons sous ses ordres à Chelsea.

Reste à voir si Solari, qui a porté le maillot du Real de 2000 à 2005, est bien vu du groupe. Il serait perçu comme le relais de Perez, ce qui expliquerait, selon El Pais, que les préférés du président (Karim Benzema, Dani Ceballos, Vinicius Junior...) soient mis à l'avant-plan, au détriment d'Isco et de Luka Modric. Mais pour l'heure, les épouvantails que constituent Conte ou, pire, José Mourinho, incitent les joueurs à collaborer avec l'inexpérimenté Argentin. Jusqu'à présent, Solari a entraîné les équipes d'âge du Real. Depuis 2016 et la promotion de Zinédine Zidane en équipe A, il était chargé de la seconde formation madrilène.

Solari bénéficie donc de la même promotion que le Français. Il s'est rapidement fait accepter par le vestiaire grâce à sa réserve, à sa courtoisie et à son sens du dialogue. Solari n'est pas partisan des longues séances tactiques. Ses instructions sont courtes et claires, il emploie le langage des joueurs et ne se place pas au-dessus du groupe. Son style rappelle donc plutôt celui de Zidane que celui de Lopetegui.

Il a une prédilection pour le 4-2-3-1 avec des arrières latéraux qui jouent assez haut. c'est pour ça qu'il préfère Sergio Reguilon à Nacho à droite. Il a replacé Gareth Bale sur le flanc gauche et Lucas Vazquez à droite, à la place d'Isco et de Marco Asensio. Il a mis fin à la rotation pratiquée par son prédécesseur dans le but, alignant systématiquement Thibaut Courtois. Beaucoup d'observateurs considèrent toujours Solari comme un intérimaire mais Zidane avait aussi mis du temps à dissiper les doutes...

Par Steve Van Herpe