Centre-ville de Kharkiv, lundi soir: on a l'impression que pour les Ukrainiens, l'EURO a enfin commencé. Avant le match Ukraine - Suède, on ne se croyait pas vraiment à un Championnat d'Europe. Pas de supporters locaux déguisés, pas de vendeurs de drapeaux ou autre attirail, pas grand-chose rappelant le foot dans les vitrines, pas de concerts de klaxons, rien ! Mais ce lundi, c'était la folie, surtout dans la fan zone. Les fan zones (une par ville où des matches se jouent) sont ces immenses parcs dotés d'écrans géants où l'on peut suivre les matches gratuitement. Et en toute sécurité, vu l'impressionnant dispositif policier. Les Ukrainiens ont paniqué quand la Suède a ouvert la marque puis sont devenus complètement fous grâce aux deux buts de celui qui est le héros de tout un peuple depuis des années et sa présence au top du foot européen avec Milan et Chelsea : Andrei Shevchenko. Et dès le coup de sifflet final, ce sont des dizaines de milliers de furieux qui ont fait la fête. Portraits robots: le supporter ukrainien est torse nu, en short et sandales, une bouteille de bière à la main ; la supportrice est court vêtue (il faisait encore 25 degrés à minuit, heure de la fin de la rencontre) et pas beaucoup moins alcoolisée que l'homme ! Ce mardi, il fait à nouveau calme. Mais il ne faut pas savoir lire le cyrillique pour comprendre, en jetant un oeil sur la Une des journaux, que Shevchenko est désormais encore un peu plus immortel pour les Ukrainiens.

Côté hollandais, par contre, ça sent la panique à plein nez. Entendu de supporters oranges croisés à l'hôtel: "Si on perd demain contre l'Allemagne, c'est le feu au pays et la première victime sera Bert van Marwijk, il se fait dégager." Les Pays-Bas jouent déjà leur avenir mercredi soir. Une défaite et c'est l'élimination. Un couac historique pour les vice-champions du monde. Dans la presse hollandaise, ça chauffe depuis la défaite de samedi face au Danemark, le petit poucet théorique du groupe de la mort. Le débat concerne surtout le système (faut-il continuer à aligner deux médians défensifs?) et les hommes (Robin van Persie peut-il rester dans l'équipe alors que Klaas-Jan Huntelaar est traditionnellement beaucoup plus performant que lui comme avant-centre dès qu'il met le maillot de l'équipe nationale?). Tout le monde donne son avis (parfois bruyamment, un Hollandais reste un Hollandais), chaque journaliste est convaincu qu'il a raison dans son analyse. Dans la même salle de presse, les Allemands ont du mal à réprimer un sourire: demain, ils peuvent renvoyer au pays la révélation du dernier Mondial. La rivalité entre les deux nations est historique, encore exacerbée dès qu'il est question de foot. Sur Facebook aussi, ça balance. Un montage photo résume l'état d'esprit: un terrain, d'un côté une roue de fromage, de l'autre une râpe aux couleurs de l'Allemagne.

Pierre Danvoye, envoyé spécial en Ukraine

Centre-ville de Kharkiv, lundi soir: on a l'impression que pour les Ukrainiens, l'EURO a enfin commencé. Avant le match Ukraine - Suède, on ne se croyait pas vraiment à un Championnat d'Europe. Pas de supporters locaux déguisés, pas de vendeurs de drapeaux ou autre attirail, pas grand-chose rappelant le foot dans les vitrines, pas de concerts de klaxons, rien ! Mais ce lundi, c'était la folie, surtout dans la fan zone. Les fan zones (une par ville où des matches se jouent) sont ces immenses parcs dotés d'écrans géants où l'on peut suivre les matches gratuitement. Et en toute sécurité, vu l'impressionnant dispositif policier. Les Ukrainiens ont paniqué quand la Suède a ouvert la marque puis sont devenus complètement fous grâce aux deux buts de celui qui est le héros de tout un peuple depuis des années et sa présence au top du foot européen avec Milan et Chelsea : Andrei Shevchenko. Et dès le coup de sifflet final, ce sont des dizaines de milliers de furieux qui ont fait la fête. Portraits robots: le supporter ukrainien est torse nu, en short et sandales, une bouteille de bière à la main ; la supportrice est court vêtue (il faisait encore 25 degrés à minuit, heure de la fin de la rencontre) et pas beaucoup moins alcoolisée que l'homme ! Ce mardi, il fait à nouveau calme. Mais il ne faut pas savoir lire le cyrillique pour comprendre, en jetant un oeil sur la Une des journaux, que Shevchenko est désormais encore un peu plus immortel pour les Ukrainiens. Côté hollandais, par contre, ça sent la panique à plein nez. Entendu de supporters oranges croisés à l'hôtel: "Si on perd demain contre l'Allemagne, c'est le feu au pays et la première victime sera Bert van Marwijk, il se fait dégager." Les Pays-Bas jouent déjà leur avenir mercredi soir. Une défaite et c'est l'élimination. Un couac historique pour les vice-champions du monde. Dans la presse hollandaise, ça chauffe depuis la défaite de samedi face au Danemark, le petit poucet théorique du groupe de la mort. Le débat concerne surtout le système (faut-il continuer à aligner deux médians défensifs?) et les hommes (Robin van Persie peut-il rester dans l'équipe alors que Klaas-Jan Huntelaar est traditionnellement beaucoup plus performant que lui comme avant-centre dès qu'il met le maillot de l'équipe nationale?). Tout le monde donne son avis (parfois bruyamment, un Hollandais reste un Hollandais), chaque journaliste est convaincu qu'il a raison dans son analyse. Dans la même salle de presse, les Allemands ont du mal à réprimer un sourire: demain, ils peuvent renvoyer au pays la révélation du dernier Mondial. La rivalité entre les deux nations est historique, encore exacerbée dès qu'il est question de foot. Sur Facebook aussi, ça balance. Un montage photo résume l'état d'esprit: un terrain, d'un côté une roue de fromage, de l'autre une râpe aux couleurs de l'Allemagne. Pierre Danvoye, envoyé spécial en Ukraine