A u cinéma, le regard de Dieu est un plan filmé depuis le plafond, massivement utilisé par l'Américano-Italien Martin Scorcese tout au long de de sa carrière. Que peut donc bien penser Diego Maradona, réalisateur des plus grands moments de gloire napolitains, du début de saison de "son" Napoli? De là où il est, on ne peut s'empêcher d'imaginer El D10S savourer le retour en grâce d'un club qui n'avait plus occupé la tête du classement quatre journées d'affilée depuis trois ans et demi.
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A u cinéma, le regard de Dieu est un plan filmé depuis le plafond, massivement utilisé par l'Américano-Italien Martin Scorcese tout au long de de sa carrière. Que peut donc bien penser Diego Maradona, réalisateur des plus grands moments de gloire napolitains, du début de saison de "son" Napoli? De là où il est, on ne peut s'empêcher d'imaginer El D10S savourer le retour en grâce d'un club qui n'avait plus occupé la tête du classement quatre journées d'affilée depuis trois ans et demi. Auteurs d'un sans-faute en Serie A (sept victoires sur sept), vainqueurs de la Juventus et d'une Fiorentina retrouvée, seulement surpris par le Spartak Moscou à domicile en Europa League, les Partenopei se mettraient presque à rêver. Et remiseraient au vestiaire leur costard d'éternels candidats aux accessits. Un habit qui avait déjà quelque peu pris la poussière après les septième et cinquième places acquises ces deux dernières années sous l'égide Gennaro Gattuso. Fini les airs bourrus de l'ancien milieu de terrain du Milan AC, c'est désormais LucianoSpalletti qui cornaque la destinée d'un club en quête d'un Scudetto depuis plus de trente ans. "J'ai coaché à Rome dans la cité du Pape, à Saint-Pétersbourg chez les Tsars, à Milan, capitale de la mode. Maintenant, c'est le Napoli, et je suis fier de me retrouver sur le banc du club où Diego Maradona a joué", déclare l'entraîneur de 62 ans au moment de prendre ses quartiers au stade qui porte aujourd'hui le nom de l'idole. Et visiblement, le Toscan manie aussi bien les mots que son 4-2-3-1 fétiche, sublimé par un collectif dépourvu de grandes stars, mais sacrément bien équilibré. Et dont la pointe est incarnée par un VictorOsimhen enfin sur les bons rails. Débarqué au pied du Vésuve fin juillet 2020 contre la somme astronomique de septante briques plus une dizaine de bonus, le Nigérian a d'abord bousculé les habitudes locales en matière de mercato (jusque-là, Naples s'était "limité" à quarante millions pour recruter GonzaloHiguain au Real Madrid en 2013). Puis a mis une saison à apprivoiser l'exigeant Calcio, pas aidé il est vrai par une luxation de l'épaule et le Covid, qui l'ont privé d'une quinzaine de matches sur l'ensemble de cette première année napolitaine. Aujourd'hui, l'ex-Carolo facture déjà sept buts en huit rencontres, dont quatre pions et une passe décisive rien qu'en championnat. Une compétition où, flanqué d' HirvingLozano ou MatteoPolitano à droite, et du capitaine LorenzoInsigne de l'autre côté, l'avant-centre se montre décisif une fois toutes les 87 minutes. Pas de bol pour lui, ces excellents états de service, combinés à une blessure à l'épaule (décidément...), ont réduit le temps de jeu de DriesMertens à six petites minutes toutes compétitions confondues. Qu'importe le statut de meilleur buteur de l'histoire du club, l'expérience et l'amour du Diable rouge pour la ville et l'institution, le numéro 1 dans la hiérarchie offensive, c'est Osimhen. Un joueur que son coach verrait bien en futur... tueur à gages! "Mais pour ça, il a besoin d'encore affiner la précision de ses choix, à la fois dans sa finition et dans ses courses", tempère toutefois un Spalletti perfectionniste, mais satisfait d'un rendement qui valait bien que Naples goûte à son tour aux joies d'un "super-transfert". Moins présent dans les airs que durant son année lilloise (trois duels aériens disputés par match cette saison contre dix en Ligue 1 il y a deux ans), mais toujours aussi à l'aise pour dévorer les espaces qui lui sont laissés grâce à sa vitesse, le Super Eagle semble bel et bien prêt à épouser la trajectoire déjà entre-aperçue au Mambourg. Au-delà de l'éclosion (attendue) d'Osimhen, la vraie surprise se situe sans doute une ligne plus bas, en la personne d' André-FrankZamboAnguissa, une des rares recrues de l'été. Révélé à Marseille, enterré à Fulham (avec deux descentes en Championship à la clé) et ressuscité à Villarreal lors de la saison 2019-2020, le Camerounais a trouvé sa planche de salut grâce à ce prêt surprenant en Campanie. Un coup de génie à 600.000 euros signé CristianoGiuntoli, le directeur sportif du club, capable de voir en un médian perdu sous la pluie de Millwall ou d'Huddersfield un titulaire en puissance au sein d'une équipe qui vise ouvertement la Ligue des Champions. Aujourd'hui, on imagine mal le board italien ne pas lever l'option d'achat (estimée à quinze millions d'euros) de ce milieu relayeur censé pallier le départ de TiémouéBakayoko et devenu l'une des pierres angulaires du Napoli. Passée la surprise de voir ce joueur qui avait incarné le côté, disons, dépensier de certains clubs anglais quand les Cottagers avaient claqué trente millions d'euros pour lui, force est de constater que son abattage au milieu a apporté un certain équilibre à la squadra napolitaine. "Il nous complète", estime pour sa part Spalletti. "Il récupère un grand nombre de ballons, ce qui permet à Lozano et Insigne de prendre la profondeur et perforer les flancs." Costaud, mais doté d'une technique plus que correcte (meilleur dribbleur de son équipe avec 2,4 tentatives réussies en moyenne par rencontre) et capable de tenir la baraque tout seul pour passer en 4-3-3, Zambo Anguissa est un profil physique et atypique dans un club qui manquait de percussion au milieu, notamment depuis le départ du Brésilien Allan à Everton. Un joueur qui permet également de libérer la force offensive du Polonais PiotrZielinski ou du Macédonien EljifElmas. Et pour diriger la manoeuvre, c'est FabiánRuiz qui s'y colle. Avec ses 75,3 passes de moyenne par rencontre (meilleur total de Serie A) et ses 93% de réussite dans l'exercice, l'Espagnol est le chef de chantier du jeu de Spalletti. Tout ou presque passe par les pieds d'un joueur que l'on citait encore au Real Madrid pour des sommes folles il y a à peine plus d'un an. En attendant de rejoindre les aristos madrilènes, c'est dans la populaire Naples que se situe son présent. À 25 ans, Ruiz excelle toujours dans l'art de repérer les espaces pour mettre ses équipiers sur orbite, à coups de longs ballons ou de passes rasantes. Si le club figure en tête du Calcio en matière de passes par rencontre et de possession (qui frise les 60%), tout en imposant un style énergique et efficace, il le doit en bonne partie à son numéro 8, pourtant pas repris par LuisEnrique au moment de choisir ses hommes pour la Ligue des Nations. Fort de cet exceptionnel 21 sur 21, qui le place à une victoire du meilleur démarrage de l'histoire de la Serie A, le Napoli est actuellement seul en tête d'un classement qui réveille le souvenir des années 90-2000, celles où Ronaldo ( R9, évidemment), FrancescoTotti, PaoloMaldini, JuanSebastiánVerón, ManuelRuiCosta et autres ZinédineZidane ensorcelaient un Calcio alors au faîte de sa gloire. Sauf qu'on est bien en 2021 et qu'en 25 ans, Naples a tout connu, de la Serie B à l'espoir de revivre la folie maradonesque des années 80. Las, trois fois deuxièmes lors des six dernières saisons, les Partenopei ont à chaque fois dû baisser pavillon devant une Juve aussi riche qu'insatiable. D'où le côte piquant de voir aujourd'hui Luciano Spalletti prendre les rênes napolitaines, lui qui a aussi dû se contenter du strapontin de dauphin à quatre reprises lors de ses deux passages à la Roma. "Profitons du moment, mais on doit continuer à travailler sereinement. Le nombre de points à atteindre pour disputer la Ligue des Champions, c'est 80, 85, ou 87... Donc, ça veut dire qu'il nous manque 72 points et qu'il reste un long chemin à parcourir", affirmait d'ailleurs le coach à la barbichette fin septembre pour calmer les ardeurs d'une ville déjà en fusion. Les affres des titres manqués, KalidouKoulibaly les a connues. Annoncé partant à chaque mercato depuis son arrivée de Genk en 2014, le Sénégalais se profile plus que jamais comme le commandant d'une défense qui n'a encaissé que trois buts en championnat jusqu'à présent (aucune équipe ne fait mieux dans la Botte). Au point d'être logiquement élu Joueur du mois de septembre. À trente ans, le patron est bien aidé dans ses tâches par le Kosovar AmirRrahmani, qui semble avoir pris le dessus sur le Grec KostasManolas dans l'axe. Sans oublier cet assist et ces deux buts claqués contre la Juve et Udinese. On comprend mieux pourquoi Spalletti se disait prêt "à s'enchaîner quelque part" pour prévenir un éventuel départ du défenseur central, à nouveau lié à Manchester United cet été... C'est toujours bien dans la bouillonnante cité du sud de l'Italie que Koulibaly impose son gabarit de costaud et son intransigeance dans les duels. Une présence qui permet aussi à MárioRui et GiovanniDiLorenzo, très en vue à l'EURO avec la Nazionale, de s'aventurer haut sur les côtés. Une audace qui paye, étant donné que les latéraux ont déjà délivré trois passes décisives à eux deux en ce début de saison. Seule ombre au tableau, cette Coupe d'Afrique des Nations prévue entre janvier et février, qui privera sans doute l'actuel leader de Koulibaly, Zambo Anguissa, Osimhen et l'ailier algérien AdamOunas. Hardiesse, verticalité, mais surtout équilibre et calme (pas vraiment le style de son prédécesseur Gattuso), Luciano Spalletti est parvenu à imposer un peu tout cela au sein de la maison azzurra. Tout en confiant les clés du but à DavidOspina et ses 33 piges, cantonnés dans l'ombre du jeune AlexMeret depuis trois ans. Toujours se méfier des vieux volcans. Toujours...