Un jour, un coup de coeur. Chaque semaine, Sport Foot Magazine se propose d'égayer vos journées en rembobinant le fil de l'histoire. Pas forcément à travers des matchs mondialement réputés pour être "des moments clés de l'histoire du football", mais en vous soumettant une liste coup de coeur. Une visite dans les coulisses du football frisson. Celui qui surprend, attendri, rend fou ou amuse. Celui qui fait du football un sport différent. Une sélection forcément subjective donc décalée et discutable. Parce qu'un match ou un moment coup de coeur, c'est avant tout un plaisir coupable. Un frémissement, une euphorie, une émotion, un souvenir surtout. Celui d'avoir eu les poils. Magnéto.

1. Espagne - Pays-Bas 1-5 (13/06/2014)

Robin van Persie. © belga

Les vrais savent que c'est souvent avant les huitièmes de finale que se jouent les plus belles émotions d'un Mondial. La ferveur d'un début de tournoi, c'est aussi deviner les nouvelles tendances. Et clairement, là, personne n'avait venu venir le flop espagnol. Encore moins la hype oranje quatre ans après la finale perdue de 2010 en Afrique du Sud. Une finale en guise d'apéro, du caviar au petit déjeuner, Louis van Gaal était prêt lui, visiblement. La défense espagnole un peu moins. Sergio Ramos humilié à la course par Robben, Iker Casillas trop large sur ses contrôles et lobé par Robin van Persie, ce troisième match du mondial brésilien est une plongée en enfer pour tout le foot espagnol. Et un tremblement de terre sans précédent sur l'échelle de la confiance en soi néerlandaise. Pourtant habituée à quelques secousses.

Le match en intégralité

2. Lille - Lyon 3-2 (04/03/2009)

Eden Hazard. © belga

Il y a des matchs dont on sent avant qu'ils aient lieux l'importance qu'ils prendront un jour dans l'histoire. A tous le moins dans l'évolution d'un joueur. Début mars 2009, le petit milieu du football belge sait déjà qu'après sept années de purge, l'éclaircie est en vue. Et Eden Hazard, un postulant crédible pour faire la pluie et le beaux temps en équipe nationale. Pas encore titulaire en club, l'Eden, version nuque longue et queue de rat profite du temps de jeu offert en Coupe de France pour se faire remarquer. Diffusé en clair sur France 3 à l'époque où le streaming en est encore à ses balbutiements, la rencontre ne déçoit pas. Virevoltant, le n°10 lillois fait la misère à Fabio Grosso, champion du monde en titre avec la Squadra trois ans plus tôt. Un but, deux assists, le statut d'homme du match et cette phrase signé Xavier Gravelaine, aux commentaires ce soir-là : "Mon dieu, quel monstre ! OHOHOHO ! 18 ans !!! Et bien dites-moi, s'il est timide, comme vous nous le disiez Daniel, ce soir, il a perdu sa timidité." Daniel. Daniel Lauclair bien sûr.

3. Portugal - Pays-Bas 1-0 (265/06/2006)

Portugal - Pays-Bas. © belga

Dans un classement qui ne ferait que l'apologie du beau, jamais ce match-ci ne devrait être mentionné. Principalement parce qu'il est tout l'inverse. Une forme d'éloge du vice. Une rixe géante en plein Mondial. Rebaptisé par les historiens du football comme "la bataille de Nuremberg". Et pour cause. Seize cartons jaunes, quatre cartons rouges, la star du match ce soir-là, c'est surtout l'arbitre. Le pire, c'est que le Russe Valentin Ivanov ne fera pas d'excès de zèle. Après deux minutes de jeu, le Néerlandais Mark Van Bommel avait déjà indiqué la marche à suivre. Et lancé les hostilités avec un tacle par derrière sur Cristiano Ronaldo. La suite sera dans la même veine. Et cette image, passée à la postérité de Deco et Van Bronckhorst, tous deux exclus, mais côte à côte en tribunes pour assister à la fin de match. Mythique.

Le match en intégralité

4. AC Milan - Club Bruges 0-1 (22/10/2003)

Andres Mendoza © belga

Rien que pour voir les 174 centimètres de Dany Verlinden s'envoyer en l'air pendant 90 minutes, ce match-ci vaut le détour. Acculé comme jamais, le Club Bruges repartira de San Siro et du Milan AC, champion d'Europe en titre, avec les trois points. Impensable. Sauf si vous comptez dans vos rangs l'illisible Andrés Mendoza. Avant d'être considéré comme l'un des pires transferts de l'histoire de l'Olympique de Marseille, le Péruvien avait fait les beaux jours du Club Bruges au début du siècle. En point d'orgue, ce match inoubliable contre l'AC Milan en Ligue des Champions et ce but venu d'ailleurs. Un extérieur du gauche improbable qui ira se loger tout droit dans la lucarne de Dida. Il se raconte qu'à l'échauffement, Mendoza avait tenté une dizaine de fois ce geste, sans jamais parvenir à cadrer. L'histoire d'une carrière passée à alterner l'exceptionnel et le médiocre. Magnifié par Trond Sollied, Mendoza vivra le climax de sa carrière ce soir-là, à Milan. Comme une belle partie de l'effectif brugeois d'alors. De Nastja Ceh à Dany Verlinden...

5. Pays-Bas - Belgique 5-5 (04/09/1999)

Edgar Davids. © belga

Et si le premier des 34 matchs de Robert Waseige à la tête des Diables rouges (en blanc pour l'occasion) avaient aussi été le plus frissonnant ? Bien sûr, il y allait avoir la Russie et le Brésil en 2002, bien entendu, ce n'était qu'un match amical, mais ce soir-là, à Rotterdam, dans le stade qui allait accueillir la finale de l'EURO 2000 dix mois plus tard, les Diables ont sans doute livré le match le plus spectaculaire de leur décennie. Une rencontre sans autre fil conducteur que l'improbable. Centre de Verheyen, aile de pigeon d'Emile Mpenza, volée de Strupar ! A lui seul, le premier but valait le déplacement. Mais ça aurait été sot de manquer la suite. Le solo d'Edgar Davids, la suffisance de Kluivert, les errances belges derrière, ce match, c'est un kamoulox géant. Quand l'absurde rencontre le splendide. Une ode au football total. Et quelque part, aux matchs amicaux. Ceux sans autre enjeu que le plaisir. Quel plaisir !

6. Belgique - Irlande 2-1 (15/11/1997)

Danny Boffin. © belga

Des trombes d'eau, un match à la vie, à la mort disputé sur un faux rythme, Georges Leekens et son écharpe jaune pâle façon éditorialiste raté, un sprint de Luis Oliveira, Shay Given, Tony Cascarino et même un but de Luc Nilis. Il y avait un casting de rêve et donc forcément tout pour vibrer ce 15 novembre 1997 pour ce match de barrage retour contre l'Irlande au Heysel. Au bout du suspense (et d'une certaine forme de purge) une qualification pour le Mondial 1998 en France. Après avoir concédé le nul à Lansdowne Road (1-1) quinze jours plus tôt, les Diables version Mike Verstraeten et Gordan Vidovic valident le pari fou de Georges Leekens. Dix mois après avoir accepté de relever un défi que beaucoup jugeaient impossible après la claque reçue contre les Pays-Bas (0-3) et le limogeage de Wilfrid Van Moer, Long Couteau tenait son (bref) moment de gloire. La suite allait être moins rose...

Le résumé du match

7. France - Bulgarie 1-2 (17/11/1993)

Emil Kostadinov. © belga

"Il n'y a que les Bulgares pour avoir un semblant de joie" lâchera, perdu, Thierry Roland, le souffle coupé. Le commentateur le plus critiqué du PAF est à côté de la plaque, encore une fois. Ce soir de novembre 1993, l'euphorie bulgare est juste proportionnelle à la détresse française. Les Bleus de Gérard Houllier qui n'avaient besoin que d'une victoire contre Israël un mois plus tôt ou d'un match nul contre la Bulgarie au Parc des Princes pour se qualifier pour la World Cup 1994 viennent de balancer en douze secondes et une remontée de terrain leur ultime chance de qualification. La faute à David Ginola pour Houllier, à Kostadinov pour beaucoup. Sa frappe dans le plafond de Bernard Lama entre illico au panthéon de la France qui perd. De l'autre côté de la frontière, 27 ans et une demi-finale de Coupe du Monde perdue plus tard, on en rigole encore. Ce n'est pas glorieux, mais c'est tout ce qu'on a.

Le match en intégralité

Un jour, un coup de coeur. Chaque semaine, Sport Foot Magazine se propose d'égayer vos journées en rembobinant le fil de l'histoire. Pas forcément à travers des matchs mondialement réputés pour être "des moments clés de l'histoire du football", mais en vous soumettant une liste coup de coeur. Une visite dans les coulisses du football frisson. Celui qui surprend, attendri, rend fou ou amuse. Celui qui fait du football un sport différent. Une sélection forcément subjective donc décalée et discutable. Parce qu'un match ou un moment coup de coeur, c'est avant tout un plaisir coupable. Un frémissement, une euphorie, une émotion, un souvenir surtout. Celui d'avoir eu les poils. Magnéto. Les vrais savent que c'est souvent avant les huitièmes de finale que se jouent les plus belles émotions d'un Mondial. La ferveur d'un début de tournoi, c'est aussi deviner les nouvelles tendances. Et clairement, là, personne n'avait venu venir le flop espagnol. Encore moins la hype oranje quatre ans après la finale perdue de 2010 en Afrique du Sud. Une finale en guise d'apéro, du caviar au petit déjeuner, Louis van Gaal était prêt lui, visiblement. La défense espagnole un peu moins. Sergio Ramos humilié à la course par Robben, Iker Casillas trop large sur ses contrôles et lobé par Robin van Persie, ce troisième match du mondial brésilien est une plongée en enfer pour tout le foot espagnol. Et un tremblement de terre sans précédent sur l'échelle de la confiance en soi néerlandaise. Pourtant habituée à quelques secousses. Le match en intégralitéIl y a des matchs dont on sent avant qu'ils aient lieux l'importance qu'ils prendront un jour dans l'histoire. A tous le moins dans l'évolution d'un joueur. Début mars 2009, le petit milieu du football belge sait déjà qu'après sept années de purge, l'éclaircie est en vue. Et Eden Hazard, un postulant crédible pour faire la pluie et le beaux temps en équipe nationale. Pas encore titulaire en club, l'Eden, version nuque longue et queue de rat profite du temps de jeu offert en Coupe de France pour se faire remarquer. Diffusé en clair sur France 3 à l'époque où le streaming en est encore à ses balbutiements, la rencontre ne déçoit pas. Virevoltant, le n°10 lillois fait la misère à Fabio Grosso, champion du monde en titre avec la Squadra trois ans plus tôt. Un but, deux assists, le statut d'homme du match et cette phrase signé Xavier Gravelaine, aux commentaires ce soir-là : "Mon dieu, quel monstre ! OHOHOHO ! 18 ans !!! Et bien dites-moi, s'il est timide, comme vous nous le disiez Daniel, ce soir, il a perdu sa timidité." Daniel. Daniel Lauclair bien sûr. Dans un classement qui ne ferait que l'apologie du beau, jamais ce match-ci ne devrait être mentionné. Principalement parce qu'il est tout l'inverse. Une forme d'éloge du vice. Une rixe géante en plein Mondial. Rebaptisé par les historiens du football comme "la bataille de Nuremberg". Et pour cause. Seize cartons jaunes, quatre cartons rouges, la star du match ce soir-là, c'est surtout l'arbitre. Le pire, c'est que le Russe Valentin Ivanov ne fera pas d'excès de zèle. Après deux minutes de jeu, le Néerlandais Mark Van Bommel avait déjà indiqué la marche à suivre. Et lancé les hostilités avec un tacle par derrière sur Cristiano Ronaldo. La suite sera dans la même veine. Et cette image, passée à la postérité de Deco et Van Bronckhorst, tous deux exclus, mais côte à côte en tribunes pour assister à la fin de match. Mythique. Le match en intégralitéRien que pour voir les 174 centimètres de Dany Verlinden s'envoyer en l'air pendant 90 minutes, ce match-ci vaut le détour. Acculé comme jamais, le Club Bruges repartira de San Siro et du Milan AC, champion d'Europe en titre, avec les trois points. Impensable. Sauf si vous comptez dans vos rangs l'illisible Andrés Mendoza. Avant d'être considéré comme l'un des pires transferts de l'histoire de l'Olympique de Marseille, le Péruvien avait fait les beaux jours du Club Bruges au début du siècle. En point d'orgue, ce match inoubliable contre l'AC Milan en Ligue des Champions et ce but venu d'ailleurs. Un extérieur du gauche improbable qui ira se loger tout droit dans la lucarne de Dida. Il se raconte qu'à l'échauffement, Mendoza avait tenté une dizaine de fois ce geste, sans jamais parvenir à cadrer. L'histoire d'une carrière passée à alterner l'exceptionnel et le médiocre. Magnifié par Trond Sollied, Mendoza vivra le climax de sa carrière ce soir-là, à Milan. Comme une belle partie de l'effectif brugeois d'alors. De Nastja Ceh à Dany Verlinden... Et si le premier des 34 matchs de Robert Waseige à la tête des Diables rouges (en blanc pour l'occasion) avaient aussi été le plus frissonnant ? Bien sûr, il y allait avoir la Russie et le Brésil en 2002, bien entendu, ce n'était qu'un match amical, mais ce soir-là, à Rotterdam, dans le stade qui allait accueillir la finale de l'EURO 2000 dix mois plus tard, les Diables ont sans doute livré le match le plus spectaculaire de leur décennie. Une rencontre sans autre fil conducteur que l'improbable. Centre de Verheyen, aile de pigeon d'Emile Mpenza, volée de Strupar ! A lui seul, le premier but valait le déplacement. Mais ça aurait été sot de manquer la suite. Le solo d'Edgar Davids, la suffisance de Kluivert, les errances belges derrière, ce match, c'est un kamoulox géant. Quand l'absurde rencontre le splendide. Une ode au football total. Et quelque part, aux matchs amicaux. Ceux sans autre enjeu que le plaisir. Quel plaisir ! Des trombes d'eau, un match à la vie, à la mort disputé sur un faux rythme, Georges Leekens et son écharpe jaune pâle façon éditorialiste raté, un sprint de Luis Oliveira, Shay Given, Tony Cascarino et même un but de Luc Nilis. Il y avait un casting de rêve et donc forcément tout pour vibrer ce 15 novembre 1997 pour ce match de barrage retour contre l'Irlande au Heysel. Au bout du suspense (et d'une certaine forme de purge) une qualification pour le Mondial 1998 en France. Après avoir concédé le nul à Lansdowne Road (1-1) quinze jours plus tôt, les Diables version Mike Verstraeten et Gordan Vidovic valident le pari fou de Georges Leekens. Dix mois après avoir accepté de relever un défi que beaucoup jugeaient impossible après la claque reçue contre les Pays-Bas (0-3) et le limogeage de Wilfrid Van Moer, Long Couteau tenait son (bref) moment de gloire. La suite allait être moins rose...Le résumé du match"Il n'y a que les Bulgares pour avoir un semblant de joie" lâchera, perdu, Thierry Roland, le souffle coupé. Le commentateur le plus critiqué du PAF est à côté de la plaque, encore une fois. Ce soir de novembre 1993, l'euphorie bulgare est juste proportionnelle à la détresse française. Les Bleus de Gérard Houllier qui n'avaient besoin que d'une victoire contre Israël un mois plus tôt ou d'un match nul contre la Bulgarie au Parc des Princes pour se qualifier pour la World Cup 1994 viennent de balancer en douze secondes et une remontée de terrain leur ultime chance de qualification. La faute à David Ginola pour Houllier, à Kostadinov pour beaucoup. Sa frappe dans le plafond de Bernard Lama entre illico au panthéon de la France qui perd. De l'autre côté de la frontière, 27 ans et une demi-finale de Coupe du Monde perdue plus tard, on en rigole encore. Ce n'est pas glorieux, mais c'est tout ce qu'on a.Le match en intégralité