Un jour, un coup de coeur. Chaque semaine, Sport Foot Magazine se propose d'égayer vos journées en rembobinant le fil de l'histoire. Pas forcément à travers des matchs mondialement réputés pour être "des moments clés de l'histoire du football", mais en vous soumettant une liste coup de coeur. Une visite dans les coulisses du football frisson. Celui qui surprend, attendri, rend fou ou amuse. Celui qui fait du football un sport différent. Une sélection forcément subjective donc décalée et discutable. Parce qu'un match ou un moment coup de coeur, c'est avant tout un plaisir coupable. Un frémissement, une euphorie, une émotion, un souvenir surtout. Celui d'avoir eu les poils. Magnéto.

1. Inter - Lazio 3-0 (06/05/1998)

En mai 1998, la Serie A est le meilleur championnat du monde. Del Piero, Inzaghi, Batistuta, Bierhoff, Weah, Crespo ou Djorkaeff leurs meilleurs ambassadeurs, et Ronaldo - le Brésilien - son plus beau joyau. En surrégime à un mois du Mondial français, Il Fenomeno profite d'un premier séjour dans la capitale française pour glisser un deuxième trophée continental dans sa poche, un an après une Coupe des Vainqueurs de Coupe avec le Barça. Dans la même poche, le Brésilien glissera aussi Alessandro Nesta, le défenseur laziale, considéré comme le meilleur à son poste, mais humilié ce soir-là. Comme le pauvre et moins connu Guerino Gottardi, victime de la première virgule (aussi bien) télévisée de l'histoire. D'aucuns disent qu'on aurait assisté là au meilleur match de l'histoire de Ronaldo. Le vrai.

2. Marseille - Montpellier 5-4 (22/08/1998)

Cyril Domoraud., belga
Cyril Domoraud. © belga

Est-ce parce que la France était championne du monde depuis moins de six semaines ou simplement parce que Rolland Courbis a toujours eu une grande bouche ? Tant l'accent chantant que la carrière en montagne russe du coach marseillais valide probablement la deuxième option. Mené 4-0 à la mi-temps par Montpellier à une époque où il n'y a personne pour nous casser les oreilles avec des remontadas à tout bout de champ, l'entraineur phocéen a cet échange mythique avec Louis Nicollin, président du MHSC, à la mi-temps. "Quand je pense qu'on va gagner 5 à 4 ", lâche Courbis. Réaction, fleurie forcément, mais admirative de Nicollin : " ça, c'est des couilles". Et Courbis de conclure : " Je le pense, sinon je reste au vestiaire. " Amusé, Nicollin regardera son alter ego d'un soir prendre la route de son petit banc. C'est là sans doute et quelques instants plus tôt au coeur du vestiaire olympien que le coach gagnera le respect éternel de la Canebière. Les 45 minutes qui suivent seront renversantes. Bien aidé par Laurent Blanc et Christophe Dugarry, tout fraîchement champion du monde, l'OM renverse Montpellier de façon ahurissante. La vraie remontada a 22 ans.

Le match en intégralité

3. Portugal - Angleterre 3-2 (12/06/2000)

Luis Figo., belga
Luis Figo. © belga

Le genre de match sur lequel on ne réenregistrait pas tout de suite. La VHS a pris la poussière, mais les images sont intactes. La moustache de David Seaman, les cheveux blonds peroxydés époque EPO d'Abel Xavier, le petit pansement sur le nez de Joao Pinto, le pantalon de Vitor Baia, la lenteur de Jorge Costa, les deux caviars en 18 minutes de David Beckham. Et puis la bourrasque portugaise. Le pruneau de Luis Figo, l'envolée de Joao Pinto et la folie Nuno Gomes éteindront finalement une équipe anglaise venue dans le Benelux pour gagner, mais qui ne passera pas les poules. Pour ce qui allait devenir un classique du siècle à venir. Bref, un match pour l'histoire, un plaidoyer pour le football libre. Celui qui se joue portes ouvertes et sans retenue. Indémodable.

Le match en intégralité

4. Belgique - Serbie 3-2 (22/08/2007)

Mousa Dembélé., belga
Mousa Dembélé. © belga

L'euphorie au milieu du néant. Si la campagne de qualification pour l'EURO 2008 des Diables est un échec cuisant - la Belgique terminera cinquième de son groupe de qualification derrière la Pologne, le Portugal, la Serbie et la Finlande - un match restera marqué du sceau de l'espoir. Déjà éliminé de la course à l'EURO, René Vandereycken n'a pas d'autres choix que de petit à petit laisser la place aux jeunes. Contre la Serbie, le néophyte du jour se nomme Kevin Mirallas. Associé à Mousa Dembélé, la doublette chère à Jean-Francois de Sart chez les Diablotins fait un malheur. Il fallait bien ça pour pimenter le jeu d'une équipe qui s'aligne avec un triangle dans le milieu composé de Steven Defour, Gaby Mudingayi et Karel Geraerts. On a fait plus attractif. Heureusement, le secteur offensif vend déjà du rêve. Un doublé pour Dembélé, un pion pour Mirallas et des étoiles dans les yeux pour toute une génération. Dans l'ambiance moins feutrée qu'à l'accoutumée du Heysel, les Diables prennent trois points anecdotiques, mais gagnent un public. Le début d'une longue aventure. La fin, petit à petit, du calvaire.

Le résumé

5. Athletic Bilbao - FC Barcelone 2-2 (06/11/2011)

Pep Guardiola et Marcelo Bielsa., belga
Pep Guardiola et Marcelo Bielsa. © belga

La légende raconte que la première rencontre entre Marcelo Bielsa et Pep Guardiola se serait déroulée autour d'un asado du côté de Rosario, en Argentine. À l'occasion d'un pèlerinage footballistique de Guardiola en 2006. Le Catalan s'apprête alors à faire ses débuts avec le Barça B et cherche à rencontrer quelques sommités du milieu. Les deux carnivores échangeront pendant 11h. Le temps de l'apprivoisement entre deux génies. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que cinq ans plus tard, ils allaient livrer, ensemble, une master class en mondiovision du côté de San Mamés. Une forme d'aboutissement professionnel pour ce qui est sans doute la plus belle bromance du football contemporain. Ce jour-là, Guardiola saluera en conférence de presse une "ode au football". Fondamentalement, un génie a rarement tort.

6. Anderlecht - Hambourg 4-3 (18/03/2010)

Romelu Lukaku., belga
Romelu Lukaku. © belga

Il faut se pincer pour se dire que l'Anderlecht le plus chatoyant des 15 dernières années jouait avec Jelle Van Damme ailier gauche. Une invention d'Ariel Jacobs pour pallier l'absence de Jonathan Legear, brillant à l'aller en Allemagne, mais blessé pour tenter d'inverser la tendance pour ce huitième de finale retour à Bruxelles. Battu 3-1 à Hambourg, les Mauves savent la mission impossible ou presque contre le HSV du Ruud van Nistelrooy. À la 66e minute, le score est pourtant de 4-2 pour Anderlecht et il ne manque qu'un but à la bande du jeune Romelu Lukaku, 16 ans, pour créer la sensation. Celle-ci n'arrivera finalement pas, mais Anderlecht offre ce soir-là à son jeune public l'un de ses plus beaux frissons européens. Avec de vrais morceaux de Lucas Biglia dedans.

Le résumé

7. Standard - Salzbourg 3-2 (18/02/2010)

Axel Witsel., belga
Axel Witsel. © belga

L'Europa League sur AB3, c'était tout un concept. Et si les footixs avaient vibré devant le but de Sinan Bolat deux mois plus tôt sur RTL en Ligue des Champions contre l'AZ, les puristes étaient aussi là deux mois plus tard pour voir les Rouches faire à nouveau vrombir Sclessin en mode AB Production. Mené 2-0 par les Autrichiens de Salzbourg, le Standard feuilletonne sa seconde période. Un Premier Baiser signé Axel Witsel, une frappe lunaire d'Igor de Camargo et un troisième but de Witsel, encore. Le Miracle de l'Amour, mais en mieux. Le sourire tellement vrai de Dominique D'Onofrio est un formidable résumé d'une saison européenne dantesque. Incomparable finalement avec une mauvaise telenovela.

Un jour, un coup de coeur. Chaque semaine, Sport Foot Magazine se propose d'égayer vos journées en rembobinant le fil de l'histoire. Pas forcément à travers des matchs mondialement réputés pour être "des moments clés de l'histoire du football", mais en vous soumettant une liste coup de coeur. Une visite dans les coulisses du football frisson. Celui qui surprend, attendri, rend fou ou amuse. Celui qui fait du football un sport différent. Une sélection forcément subjective donc décalée et discutable. Parce qu'un match ou un moment coup de coeur, c'est avant tout un plaisir coupable. Un frémissement, une euphorie, une émotion, un souvenir surtout. Celui d'avoir eu les poils. Magnéto.En mai 1998, la Serie A est le meilleur championnat du monde. Del Piero, Inzaghi, Batistuta, Bierhoff, Weah, Crespo ou Djorkaeff leurs meilleurs ambassadeurs, et Ronaldo - le Brésilien - son plus beau joyau. En surrégime à un mois du Mondial français, Il Fenomeno profite d'un premier séjour dans la capitale française pour glisser un deuxième trophée continental dans sa poche, un an après une Coupe des Vainqueurs de Coupe avec le Barça. Dans la même poche, le Brésilien glissera aussi Alessandro Nesta, le défenseur laziale, considéré comme le meilleur à son poste, mais humilié ce soir-là. Comme le pauvre et moins connu Guerino Gottardi, victime de la première virgule (aussi bien) télévisée de l'histoire. D'aucuns disent qu'on aurait assisté là au meilleur match de l'histoire de Ronaldo. Le vrai. Est-ce parce que la France était championne du monde depuis moins de six semaines ou simplement parce que Rolland Courbis a toujours eu une grande bouche ? Tant l'accent chantant que la carrière en montagne russe du coach marseillais valide probablement la deuxième option. Mené 4-0 à la mi-temps par Montpellier à une époque où il n'y a personne pour nous casser les oreilles avec des remontadas à tout bout de champ, l'entraineur phocéen a cet échange mythique avec Louis Nicollin, président du MHSC, à la mi-temps. "Quand je pense qu'on va gagner 5 à 4 ", lâche Courbis. Réaction, fleurie forcément, mais admirative de Nicollin : " ça, c'est des couilles". Et Courbis de conclure : " Je le pense, sinon je reste au vestiaire. " Amusé, Nicollin regardera son alter ego d'un soir prendre la route de son petit banc. C'est là sans doute et quelques instants plus tôt au coeur du vestiaire olympien que le coach gagnera le respect éternel de la Canebière. Les 45 minutes qui suivent seront renversantes. Bien aidé par Laurent Blanc et Christophe Dugarry, tout fraîchement champion du monde, l'OM renverse Montpellier de façon ahurissante. La vraie remontada a 22 ans. Le match en intégralitéLe genre de match sur lequel on ne réenregistrait pas tout de suite. La VHS a pris la poussière, mais les images sont intactes. La moustache de David Seaman, les cheveux blonds peroxydés époque EPO d'Abel Xavier, le petit pansement sur le nez de Joao Pinto, le pantalon de Vitor Baia, la lenteur de Jorge Costa, les deux caviars en 18 minutes de David Beckham. Et puis la bourrasque portugaise. Le pruneau de Luis Figo, l'envolée de Joao Pinto et la folie Nuno Gomes éteindront finalement une équipe anglaise venue dans le Benelux pour gagner, mais qui ne passera pas les poules. Pour ce qui allait devenir un classique du siècle à venir. Bref, un match pour l'histoire, un plaidoyer pour le football libre. Celui qui se joue portes ouvertes et sans retenue. Indémodable. Le match en intégralitéL'euphorie au milieu du néant. Si la campagne de qualification pour l'EURO 2008 des Diables est un échec cuisant - la Belgique terminera cinquième de son groupe de qualification derrière la Pologne, le Portugal, la Serbie et la Finlande - un match restera marqué du sceau de l'espoir. Déjà éliminé de la course à l'EURO, René Vandereycken n'a pas d'autres choix que de petit à petit laisser la place aux jeunes. Contre la Serbie, le néophyte du jour se nomme Kevin Mirallas. Associé à Mousa Dembélé, la doublette chère à Jean-Francois de Sart chez les Diablotins fait un malheur. Il fallait bien ça pour pimenter le jeu d'une équipe qui s'aligne avec un triangle dans le milieu composé de Steven Defour, Gaby Mudingayi et Karel Geraerts. On a fait plus attractif. Heureusement, le secteur offensif vend déjà du rêve. Un doublé pour Dembélé, un pion pour Mirallas et des étoiles dans les yeux pour toute une génération. Dans l'ambiance moins feutrée qu'à l'accoutumée du Heysel, les Diables prennent trois points anecdotiques, mais gagnent un public. Le début d'une longue aventure. La fin, petit à petit, du calvaire. Le résuméLa légende raconte que la première rencontre entre Marcelo Bielsa et Pep Guardiola se serait déroulée autour d'un asado du côté de Rosario, en Argentine. À l'occasion d'un pèlerinage footballistique de Guardiola en 2006. Le Catalan s'apprête alors à faire ses débuts avec le Barça B et cherche à rencontrer quelques sommités du milieu. Les deux carnivores échangeront pendant 11h. Le temps de l'apprivoisement entre deux génies. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que cinq ans plus tard, ils allaient livrer, ensemble, une master class en mondiovision du côté de San Mamés. Une forme d'aboutissement professionnel pour ce qui est sans doute la plus belle bromance du football contemporain. Ce jour-là, Guardiola saluera en conférence de presse une "ode au football". Fondamentalement, un génie a rarement tort. Il faut se pincer pour se dire que l'Anderlecht le plus chatoyant des 15 dernières années jouait avec Jelle Van Damme ailier gauche. Une invention d'Ariel Jacobs pour pallier l'absence de Jonathan Legear, brillant à l'aller en Allemagne, mais blessé pour tenter d'inverser la tendance pour ce huitième de finale retour à Bruxelles. Battu 3-1 à Hambourg, les Mauves savent la mission impossible ou presque contre le HSV du Ruud van Nistelrooy. À la 66e minute, le score est pourtant de 4-2 pour Anderlecht et il ne manque qu'un but à la bande du jeune Romelu Lukaku, 16 ans, pour créer la sensation. Celle-ci n'arrivera finalement pas, mais Anderlecht offre ce soir-là à son jeune public l'un de ses plus beaux frissons européens. Avec de vrais morceaux de Lucas Biglia dedans. Le résuméL'Europa League sur AB3, c'était tout un concept. Et si les footixs avaient vibré devant le but de Sinan Bolat deux mois plus tôt sur RTL en Ligue des Champions contre l'AZ, les puristes étaient aussi là deux mois plus tard pour voir les Rouches faire à nouveau vrombir Sclessin en mode AB Production. Mené 2-0 par les Autrichiens de Salzbourg, le Standard feuilletonne sa seconde période. Un Premier Baiser signé Axel Witsel, une frappe lunaire d'Igor de Camargo et un troisième but de Witsel, encore. Le Miracle de l'Amour, mais en mieux. Le sourire tellement vrai de Dominique D'Onofrio est un formidable résumé d'une saison européenne dantesque. Incomparable finalement avec une mauvaise telenovela.