Dans chacun de ces trois matches, le Borussia a encaissé trois buts: contre Brême à domicile en coupe (3-3, élimination aux tirs au but), contre Hoffenheim de nouveau à domicile (3-3 après avoir mené 3-0), et à Wembley contre Tottenham mercredi en Ligue des champions, cette fois sans pouvoir même marquer le moindre but.

"Le rêve de quart-de-finale (de Ligue des champions) est passé", note jeudi le magazine du football Kicker: "le BVB a gâché presque toutes ses chances de poursuivre l'aventure, malgré une première période correcte".

"Seul un miracle peut encore le sauver", renchérit Bild, le quotidien le plus lu d'Allemagne.

"Tottenham n'est pas une équipe d'extra-terrestres", a commenté après la déroute de Londres le responsable du groupe pro à Dortmund Sebastian Kehl: "Le fait que ce soit le troisième match consécutif où nous encaissons trois buts nous donne évidemment à réfléchir. Il y a eu des erreurs individuelles (...) nous devons retrouver une stabilité défensive qui nous fait défaut en ce moment".

Dortmund, qui marchait sur l'eau en janvier, va-t-il tout perdre en quelques matches? Lundi, les "Borussen" se déplacent en championnat sur la pelouse de la lanterne rouge Nuremberg. Tout autre résultat qu'une victoire déclencherait un strident signal d'alarme. Le Bayern Munich n'est plus qu'à cinq points, après avoir été relégué à neuf longueurs à la fin des matches aller.

- "Nous ne tenons pas le choc" -

Pour le gardien suisse Roman Bürki, très critique mercredi soir, l'équipe est en train de perdre le fil: "Nous ne défendons pas avec toute l'énergie. Contre les équipes solides, nous avons des difficultés, parce que nous ne tenons pas le choc (...) Nous devons nous accrocher. Le caractère peut aussi faire la différence".

Le seul facteur visible qui pourrait expliquer le brutal décrochage est l'absence prolongée de joueurs clés. Le fer de lance de l'équipe, son capitaine et attaquant Marco Reus, n'était pas sur la pelouse pour les trois derniers matches, à cause d'un claquage à la cuisse. Sa mentalité de leader a peut-être fait défaut aux moments critiques.

En défense, le taulier suisse Manuel Akanji est absent depuis décembre en raison d'une blessure à une hanche. Et contre Tottenham, d'autres blessures (Weigl, Piszczek) avaient obligé Favre à bricoler une ligne de quatre expérimentale.

Le jeune latéral Marocain Hachraf Hakimi, âgé de 20 ans, est particulièrement visé par les critiques. Redoutable arme offensive, il manque beaucoup trop de rigueur défensive. Contre les Spurs, il est directement à l'origine du premier but par une relance trop risquée.

"Nous devons travailler avec lui sur son comportement défensif", a admis Kehl après le match.

Lucien Favre, le coach suisse de 61 ans, essaie de prendre du recul face à la première crise de son mandat à Dortmund: "Je ne me fais pas du souci, dit-il, des phases comme celle-là, ça arrive dans une saison". Certes. Mais celle-là arrive au plus mauvais moment.