Puisque les droits télé gargantuesques font que la Premier League dépense ses millions avant d'avoir le temps de les compter, certains transferts historiques peuvent passer inaperçus. L'été dernier, sur le sol anglais, huit joueurs ont coûté plus d'argent que Mohamed Salah, pourtant devenu le joueur le plus cher de l'Histoire des Reds quand le board d'Anfield a déposé 42 millions d'euros sur le compte en banque de l'AS Roma.
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Puisque les droits télé gargantuesques font que la Premier League dépense ses millions avant d'avoir le temps de les compter, certains transferts historiques peuvent passer inaperçus. L'été dernier, sur le sol anglais, huit joueurs ont coûté plus d'argent que Mohamed Salah, pourtant devenu le joueur le plus cher de l'Histoire des Reds quand le board d'Anfield a déposé 42 millions d'euros sur le compte en banque de l'AS Roma. Moins cher que Gylfi Sigurdsson, seulement acheté pour la moitié du prix de Romelu Lukaku, l'Égyptien emmène pourtant des doutes dans ses valises. Certes, son association avec Edin Dzeko a permis aux Giallorossi de rester longtemps dans le sillage de l'intouchable Juventus, mais l'Angleterre se souvient surtout de ce joueur jugé insuffisant par José Mourinho et finalement lâché par Chelsea au bout d'une petite vingtaine d'apparitions sous le maillot des Blues. Aujourd'hui, quelques mois après son arrivée à Liverpool, le départ de Salah est considéré comme une autre erreur historique du Special One, déjà jugé coupable d'avoir snobé le potentiel de Lukaku et de Kevin De Bruyne. Sur la pelouse d'Anfield, Salah n'a pas traîné à se sentir chez lui. Alors que le mercato de Liverpool visait plutôt des cibles défensives, le gaucher égyptien a justifié sa venue à coups de buts répétés, au point de faire oublier les caprices estivaux de Philippe Coutinho et la blessure de Sadio Mané. Directement, Mo s'est trouvé un allié de poids en la personne de Roberto Firmino, sorte de version brésilienne de Karim Benzema qui déserte son rôle de numéro 9 pour laisser ses équipiers s'engouffrer dans les brèches libérées dans l'axe. Habitué à plonger dans le dos de Dzeko pour finir ses actions au Stadio Olimpico, Salah se régale de cette association différente, mais encore plus puissante. Il est actuellement le meilleur buteur des Scousers, et s'est installé dans la course au titre de meilleur buteur dans la foulée des Lukaku, Harry Kane et Sergio Agüero. Les compliments pleuvent autant que les buts. Jamie Carragher l'a rapidement adoubé comme " le transfert de l'été ", vantant son rapport qualité-prix sur des terres où l'argent n'est plus un problème pour personne. Steven Gerrard a enchaîné en faisant de Salah " le meilleur joueur de Liverpool, by a mile ", tandis que Michael Owen, dernier Ballon d'or de l'histoire rouge, reste ébahi par la capacité de l'Égyptien à multiplier les occasions de but : " Il est déjà proche d'un total à deux chiffres. Pour un ailier, c'est brillant ! " Même Luis Suárez et Fernando Torres n'étaient pas partis aussi vite. Pour retrouver la trace d'une adaptation aussi précoce, il faut remonter jusqu'aux premiers mois de Robbie Fowler sur les bords de la Mersey. Il faut dire que Salah y met les moyens. S'il n'est que le quatrième joueur au nombre de tirs tentés depuis le début de saison (derrière la mitraillette Kane, l'étonnant Richarlison et Lukaku), personne ne cadre autant que lui (24 tirs cadrés, déjà) en Angleterre. Un écho aux paroles de Jürgen Klopp, qui raconte comment Mo a été choisi par son équipe de scouting : un simple " come on, Mo is THE solution " en guise d'unanimité. Par Guillaume Gautier