Les alentours du stade Maurice Dufrasne ont été vandalisés par des supporters d'Anderlecht, à deux jours du Clasico.

Même après la démonstration de force contre Dortmund dans le "Klassiker" (5-0 le 6 avril), Karl-Heinz Rummenigge, président du directoire, s'est bien gardé de chanter les louanges du technicien de 47 ans.

"Il n'y a de job garanti pour personne au Bayern Munich", a-t-il lâché lorsqu'on lui a demandé si Kovac serait reconduit l'an prochain: "Tout le monde doit assurer, et celui qui n'est pas capable de supporter la pression s'est trompé de club!"

Le président Uli Hoeness, qui était allé chercher Kovac à Francfort en fin de saison dernière pour succéder à Jupp Heynckes, a immédiatement pris le contre-pied: "Comment pourrais-je travailler avec quelqu'un que je remettrais en question à chaque occasion?", a-t-il réagi. "On ne peut pas raisonnablement travailler sur la durée dans une atmosphère de tension comme notre entraîneur l'a vécu ces dernières semaines".

Ambiance... Même si, depuis des années, les frictions entre ces deux chefs de meute aux énormes personnalités n'ont jamais brisé leur solidarité, fondée sur une passion et une ambition communes.

Saison plombée

Cet automne, lorsque le Bayern a connu un trou d'air et s'est retrouvé à neuf points du leader Dortmund en Bundesliga, Kovac est effectivement passé tout près de la sortie. Il a rétabli la situation in extremis, ramené l'équipe en tête de la Bundesliga et l'a qualifiée pour la finale de la Coupe. A trois semaines de la fin de saison, le doublé est une perspective réaliste.

Sauf qu'à Munich, la vraie unité de mesure est l'Europe. La dernière victoire en Ligue des Champions remonte à 2013, et l'élimination cette année en 8e de finale, avec une rude défaite à domicile 3-1 contre Liverpool, a plombé la saison.

Et beaucoup se demandent si Niko Kovac, dont le palmarès se résume à une maigre Coupe d'Allemagne, est vraiment l'homme de la situation pour mener un club de stars au sommet de la hiérarchie continentale.

Constamment interrogé sur son avenir et le soutien de ses patrons, le Croate a de nouveau assuré jeudi que sa relation avec Rummenigge était tout à fait normale: "Il est faux de dire que nous nous évitons. Nous avons une relation normale, il n'y a aucun problème".

Quid de la petite phrase assassine sur le job "non garanti"? "J'entends bien, assure-t-il, mais je n'ai pas le temps de m'occuper de ça (...) M'occuper de questions secondaires ne va pas me faire avancer".

Plusieurs joueurs mécontents

Question secondaire? "Les joueurs enregistrent évidemment ce genre de déclarations", note le magazine du football Kicker, et Rummenigge "affaiblit en disant cela la position de l'entraîneur".

D'autant que Kovac, peu habitué à gérer un effectif comme celui du Bayern, ne s'est pas fait que des amis en cours de saison. Sa rotation systématique de l'automne a irrité les cadres. Il est revenu dessus depuis, mais du coup, ceux qui ne jouent pas, ou peu, laissent transparaître leurs états d'âme.

Le Colombien James, en prêt du Real Madrid, a dit ouvertement qu'il ne se sentait pas bien à Munich, et la presse espagnole affirme vendredi qu'il repartira en Espagne en fin de saison. Selon Kicker, plusieurs autres joueurs sont également mécontents de leur sort, dont le monument Jérôme Boateng, titularisé 18 fois seulement cette saison en 31 matches de Bundesliga.

Kovac le sait: le doublé est le minimum qu'il puisse faire pour tenter de conserver sa place l'an prochain. En cas d'échec, le débat sur l'entraîneur au Bayern pourrait bien redevenir d'actualité.