Le sélectionneur des champions du monde n'a pas attendu que le "droit à l'erreur" soit inscrit dans la loi, en 2018, pour se l'approprier. L'absolution du Madrilène et son rappel en vue de l'Euro, bien que spectaculaire, rappelle des souvenirs plus ou moins récents.

Adrien Rabiot, le réserviste boudeur écarté depuis 2018, s'est ainsi vu accorder une seconde chance à l'été 2020, une perche si bien saisie qu'il compte désormais parmi les titulaires potentiels à l'aube de l'Euro (11 juin-11 juillet).

Refuser d'être réserviste pour la Coupe du monde, "je considère que c'était une erreur de sa part, je pense que lui aussi. Mais il n'y a pas eu de propos durs ou d'agressivité", s'était justifié Deschamps au moment de convoquer le milieu de la Juventus.

"Si vous avez la moindre petite inquiétude sur mon autorité, je peux vous l'enlever dans la seconde, voire en un dixième de seconde", avait-il également plaisanté.

Pas de "positions radicales"

Se définissant alors comme "quelqu'un de pragmatique", opposé aux "positions radicales", le patron des Bleus avait surpris tout en restant pourtant fidèle à ses valeurs: la sélection est "au-dessus de tout", même de son "cas personnel", un mantra qu'il a répété mardi.

"Tout le monde a le droit à l'erreur. J'ai eu des situations compliquées, difficiles avec certains joueurs. J'ai mis mon cas personnel de coté", a-t-il déroulé après une question sur le retour surprise de Benzema.

L'actuel avant-centre du Real Madrid avait pourtant touché une corde sensible, et extra-sportive, en déclarant au moment de sa non-sélection à l'Euro-2016 que Deschamps avait "cédé sous la pression d'une partie raciste de la France".

Deux jours après cette formule choc, un mur de la résidence bretonne du sélectionneur avait été tagué du mot "raciste", épisode douloureux que l'entraîneur n'oubliera "jamais".

Mais "ce n'est pas lié qu'à Karim Benzema. Il y a des déclarations d'autres personnes aussi qui ont amené à ce fait violent et qui touche à ma famille", avait-il confié mi-janvier à RTL, dans une allusion voilée à l'accusation de racisme proférée à son encontre par Eric Cantona.

Rami, "voyou" rappelé

Avant l'Euro-2016, la gestion d'un autre international français avait donné un indice sur la capacité de Deschamps à passer outre ses propres sentiments. Confronté au forfait de Raphaël Varane, le sélectionneur avait en effet rappelé Adil Rami malgré les déclarations tapageuses du défenseur.

Vexé de n'être même pas réserviste, le tout récent vainqueur de la Ligue Europa avec Séville s'était montré "vraiment déçu" par le discours de Deschamps consistant à prendre non pas "les meilleurs joueurs sur le terrain, mais les meilleurs joueurs pour faire un groupe... J'ai l'impression qu'il insinue donc que je ne suis pas un bon garçon et que je suis un voyou", avait-il affirmé le 20 mai 2016 à l'antenne de RMC.

Finalement, Rami avait été convoqué aux dépens des réservistes Samuel Umtiti et Djibril Sidibé, se payant même le luxe de débuter la compétition dans les habits de titulaire, avant d'en être dépossédé progressivement à l'heure des matches à élimination directe.

Au Mondial-2018, Rami bénéficiera une nouvelle fois de la mansuétude de Deschamps. Dans la nuit suivant la victoire contre l'Argentine de Lionel Messi en huitièmes de finale, les Bleus avaient provoqué un joyeux chahut dans leur hôtel, jusqu'à ce que le défenseur remplaçant déclenche l'alarme en utilisant un extincteur dans les couloirs.

"Sur le moment, si j'étais plus que contrarié, j'ai pris le temps de me demander si cette situation m'était déjà arrivée, ou si je l'avais déjà vécue", a expliqué Deschamps début mai lors d'un entretien à l'AFP, en faisant référence à son passé de joueur.

"Dans l'analyse, il faut aussi se dire: 'Qu'est-ce qu'on demande à un groupe?'. D'être solidaire, sur le terrain et en dehors. Ce que j'ai vu et entendu de loin ce soir-là, c'était une belle preuve de solidarité. Mais à condition de gagner le match d'après", avait-il poursuivi dans un sourire.

La mansuétude et la gagne? La clé de la réussite, pour Deschamps.

Le sélectionneur des champions du monde n'a pas attendu que le "droit à l'erreur" soit inscrit dans la loi, en 2018, pour se l'approprier. L'absolution du Madrilène et son rappel en vue de l'Euro, bien que spectaculaire, rappelle des souvenirs plus ou moins récents.Adrien Rabiot, le réserviste boudeur écarté depuis 2018, s'est ainsi vu accorder une seconde chance à l'été 2020, une perche si bien saisie qu'il compte désormais parmi les titulaires potentiels à l'aube de l'Euro (11 juin-11 juillet).Refuser d'être réserviste pour la Coupe du monde, "je considère que c'était une erreur de sa part, je pense que lui aussi. Mais il n'y a pas eu de propos durs ou d'agressivité", s'était justifié Deschamps au moment de convoquer le milieu de la Juventus. "Si vous avez la moindre petite inquiétude sur mon autorité, je peux vous l'enlever dans la seconde, voire en un dixième de seconde", avait-il également plaisanté.Pas de "positions radicales"Se définissant alors comme "quelqu'un de pragmatique", opposé aux "positions radicales", le patron des Bleus avait surpris tout en restant pourtant fidèle à ses valeurs: la sélection est "au-dessus de tout", même de son "cas personnel", un mantra qu'il a répété mardi."Tout le monde a le droit à l'erreur. J'ai eu des situations compliquées, difficiles avec certains joueurs. J'ai mis mon cas personnel de coté", a-t-il déroulé après une question sur le retour surprise de Benzema.L'actuel avant-centre du Real Madrid avait pourtant touché une corde sensible, et extra-sportive, en déclarant au moment de sa non-sélection à l'Euro-2016 que Deschamps avait "cédé sous la pression d'une partie raciste de la France".Deux jours après cette formule choc, un mur de la résidence bretonne du sélectionneur avait été tagué du mot "raciste", épisode douloureux que l'entraîneur n'oubliera "jamais". Mais "ce n'est pas lié qu'à Karim Benzema. Il y a des déclarations d'autres personnes aussi qui ont amené à ce fait violent et qui touche à ma famille", avait-il confié mi-janvier à RTL, dans une allusion voilée à l'accusation de racisme proférée à son encontre par Eric Cantona.Rami, "voyou" rappeléAvant l'Euro-2016, la gestion d'un autre international français avait donné un indice sur la capacité de Deschamps à passer outre ses propres sentiments. Confronté au forfait de Raphaël Varane, le sélectionneur avait en effet rappelé Adil Rami malgré les déclarations tapageuses du défenseur.Vexé de n'être même pas réserviste, le tout récent vainqueur de la Ligue Europa avec Séville s'était montré "vraiment déçu" par le discours de Deschamps consistant à prendre non pas "les meilleurs joueurs sur le terrain, mais les meilleurs joueurs pour faire un groupe... J'ai l'impression qu'il insinue donc que je ne suis pas un bon garçon et que je suis un voyou", avait-il affirmé le 20 mai 2016 à l'antenne de RMC.Finalement, Rami avait été convoqué aux dépens des réservistes Samuel Umtiti et Djibril Sidibé, se payant même le luxe de débuter la compétition dans les habits de titulaire, avant d'en être dépossédé progressivement à l'heure des matches à élimination directe.Au Mondial-2018, Rami bénéficiera une nouvelle fois de la mansuétude de Deschamps. Dans la nuit suivant la victoire contre l'Argentine de Lionel Messi en huitièmes de finale, les Bleus avaient provoqué un joyeux chahut dans leur hôtel, jusqu'à ce que le défenseur remplaçant déclenche l'alarme en utilisant un extincteur dans les couloirs."Sur le moment, si j'étais plus que contrarié, j'ai pris le temps de me demander si cette situation m'était déjà arrivée, ou si je l'avais déjà vécue", a expliqué Deschamps début mai lors d'un entretien à l'AFP, en faisant référence à son passé de joueur."Dans l'analyse, il faut aussi se dire: 'Qu'est-ce qu'on demande à un groupe?'. D'être solidaire, sur le terrain et en dehors. Ce que j'ai vu et entendu de loin ce soir-là, c'était une belle preuve de solidarité. Mais à condition de gagner le match d'après", avait-il poursuivi dans un sourire.La mansuétude et la gagne? La clé de la réussite, pour Deschamps.