Les finales, Rémy Descamps connaît ça. Même s'il doit remonter à son adolescence pour en revivre une. C'était lorsqu'il évoluait dans l'équipe U19 du PSG, une équipe où les jeunes gardiens se sont succédés sans qu'aucun ne puisse prendre place entre les perches de l'équipe première.

Nous sommes en 2016 à Nyon et les Parisiens affrontent Chelsea (avec un certain Mason Mount qui est monté à l'heure de jeu), en finale de la Youth League. Les Bluesavaient battu Anderlecht au tour précédent 3-0. Le PSG s'était offert le scalp du Real Madrid. Pour cet épilogue en Suisse à proximité du siège de l'UEFA, Paris aligne une équipe avec quelques joueurs qui se sont ensuite imposés dans de très bons clubs européens, mais aucun au Parc des Princes.

Dans la défense devant Rémy Descamps, on retrouve un certain Fodé Ballo-Touré, désormais doublure de Theo Hernandez au Milan AC, après des passages à Lille et à Monaco. Dans l'entrejeu, Christopher Nkunku, l'un des hommes forts du RB Leipzig, est le maître à jouer. Sur le banc, se trouvent aussi un Dan-Axel Zagadou parti depuis au Borussia Dortmund ou un Jordan Ikoné, champion de France l'an dernier avec Lille avant de rejoindre la Fiorentina cet hiver. Titulaire en attaque lors de cette finale qui sera finalement perdue 1-2 par les Français, on retrouvait un certain Jean-Kévin Augustin, désormais au FC Nantes, tout comme Rémy Descamps.

Le gardien a rejoint la Beaujoire l'été dernier en profitant des liens étroits qui existent avec Charleroi, son ancien club, grâce à la présence d'un certain Mogi Bayat comme nouvel homme de confiance de Waldemar Kita, le président contesté des Canaris. Si Augustin n'était pas présent sur la feuille de match de cette demi-finale de Coupe de France contre l'AS Monaco de Philippe Clement et d'Eliot Matazo, Rémy Descamps prenait lui bien place entre les perches nantaises, alors que son entraîneur n'avait décidé qu'au dernier moment du nom de son titulaire du jour.

L'instinct et l'observation sur les tirs au but

Malgré l'importance de l'enjeu, Antoine Kombouaré n'a pas fait appel au titulaire habituel des Canaris Alban Lafont. Il faut dire que la doublure nantaise fait plutôt office de porte-bonheur en Coupe de France puisqu'en quatre titularisations avant ce match contre Monaco, elle avait su garder ses filets inviolés. Mais l'équipe du Rocher était évidemment d'une autre trempe que les précédents adversaires et Descamps a concédé deux buts lors de ce match. C'est tout d'abord le défenseur chilien Guillermo Maripan qui prenait le portier nantais à défaut après 12 minutes de jeu. Une entame de match parfaite pour les ouailles de Philippe Clement, qui avait gardé Matazo sur le banc, mais qui n'allait durer que 9 minutes avant l'égalisation des locaux aidés par un auto-but du taulier monégasque Djibril Sidibé.

A un quart d'heure du terme, Samuel Moutoussamy pensait offrir la qualification aux Nantais, mais c'était sans compter sur la réaction éclaire des Monégasques qui allaient profiter du relâchement de leurs hôtes pour recoller au score seulement deux minutes plus tard par l'entremise du réserviste néerlandais Myron Boadu, monté au jeu quatre minutes auparavant. Descamps, que l'on avait parfois senti hésitant pendant le duel, aurait pu faire un peu mieux sur les deux buts qu'il a concédés. Mais il allait pouvoir montrer sa force mentale avec la toujours stressante séance de tirs au but qui allait lui permettre de s'ériger en héros du peuple de la Beaujoire.

Il allait s'interposer de façon magistral sur l'envoi du pourtant très efficace Wissam Ben Yedder avant qu'Aurélien Tchouaméni ne loupe la cible. L'ancien gantois Moses Simon s'élançait sur la quatrième tentative nantaise et offrait le stade de France à ses couleurs. Interrogé par les médias après cette qualification, Rémy Descamps est revenu sur sa prestation. "Il faut répondre présent le jour J. J'ai travaillé comme d'habitude avec la préparatrice mentale. Je savais que le match allait être compliqué", expliquait l'un des héros des Canaris. "C'est à moi de prendre le maximum d'infos pour essayer d'aller au bon endroit, leur mettre la pression. C'est ce que j'ai fait dès le premier tir au but, je suis entré dans la tête de Ben Yedder. Ça a payé, je la sors bien et ils ont la pression derrière. Le public a bien poussé aussi derrière. Tout nous a réussis.", expliquait ensuite à la presse le gardien de 25 ans. "J'avais les infos comme quoi il croisait ses penaltys. Au vu de sa prise d'élan, j'ai décidé de plonger à gauche, et ça nous a réussis. Il n'a pas croisé. C'est aussi l'instinct qui m'a fait aller de côté là."

Wissam Ben Yedder n'a pas trouvé la clé Descamps ce mercredi soir à la Beaujoire., belga
Wissam Ben Yedder n'a pas trouvé la clé Descamps ce mercredi soir à la Beaujoire. © belga

Son entraîneur est aussi revenu sur sa prestation en conférence de presse. "Je pense que Rémy peut faire beaucoup mieux, notamment sur les deux buts. Mais il a été très costaud, mentalement, car il a été très bon dans la séance de tirs au but. Il méritait de jouer, il avait été très bon, avant. Mais ça ne veut rien dire pour la finale.", estimait Antoine Kombouaré.

Descamps risque-t-il donc d'être privé de l'apothéose finale ? Une situation qui est déjà arrivée par le passé à certaines doublures autorisées à défendre les filets de leurs clubs lors du parcours en Coupe mais contraintes de s'effacer au profit du titulaire habituel lorsqu'un trophée était en jeu. Mais qu'il soit présent ou pas pour défendre les filets nantais le 8 mai prochain au stade de France, Descamps n'entend pas oublier cette folle soirée du 2 mars 2022. "Je garderai ce match en tête toute ma vie. Le peuple nantais a beaucoup souffert l'année dernière, et je suis très content d'emmener Nantes en finale de la Coupe de France.", a-t-il confié encore sur son nuage.

Les doutes concernant les aptitudes de Rémy Descamps continuent donc de rester. Il faut dire que l'homme de 25 ans peine à s'imposer comme numéro 1 d'une équipe malgré son passé au sein des catégories d'âge du PSG. Le natif de Marcq-en-Baroeul, en banlieue lilloise, n'a en effet joué que 61 matches de championnat professionnel dans sa carrière, mais il ne regrette pas pour autant d'être resté un bon moment à Paris. "J'ai profité des conseils dispensés par Kevin Trapp, Salvatore Sirigu, puis Alphonse Areola et par la suite Gianluigi Buffon. J'ai également eu la chance d'être gardien numéro 3 lors de prestigieuses rencontres de Champions League, notamment au Camp Nou (FC Barcelone), à Santiago-Bernabéu (Real Madrid), au Celtic Park (Celtic Glasgow) ou bien à l'Emirates Stadium (Arsenal). Même si l'espoir de disputer la rencontre était mince, j'ai grappillé le moindre détail pour enrichir mon approche de la compétition.", confiait-il au site officiel du PSG.

La mauvaise doublure de Penneteau

Le club de la Ville Lumière l'a prêté à deux reprises. Tout d'abord à Tours, pensionnaire de Ligue 2, lors de la saison 2017-2018 où il est devenu titulaire au mois de janvier et a disputé 19 rencontres. Ces performances lui ont offert une autre location du côté de Clermont lors de l'exercice suivant. Là-bas, il disputera sa première saison pleine (et toujours sa dernière) avec 28 matches en championnat. Les yeux de Charleroi, toujours prêts à flairer les bonnes affaires dans l'antichambre de l'élite du football français, pensent dénicher la bonne pioche amenée à prendre la succession d'un Nicolas Penneteau, vieillissant même s'il a conservé quelques beaux restes.

Libre de tout contrat, Descamps débarque donc pour trois ans au Pays Noir lors de l'été 2019 et passe sa première saison dans l'ombre de son vétéran de compatriote qui a joué un rôle important dans la bonne saison de Charleroi. L'année qui suit (et donc celle qui vient de s'écouler), les hommes de Karim Belhocine réussissent un début d'exercice parfait avant de sombrer par la suite. Les contre-performances s'enchaînent et les approximations de Penneteau aussi. Le T1 zébré décide alors d'accorder sa chance à Descamps dans le costume du numéro 1. Mais dans une équipe qui ne tourne pas rond, l'ancien titi fait parfois preuve de suffisance et ses prestations sont loin de convaincre grand monde, même s'il avouait à La Libre Belgique "qu'il avait voulu en faire de trop lors de ses premiers matches". A la fin de la saison, et malgré douze rencontres jouées consécutivement, il apparaît évident que malgré qu'il lui reste encore un an de contrat, Descamps ne sera pas le prochain numéro 1 du Sporting zébré. Ce dernier fait déjà les yeux doux à Hervé Koffi et quand il faut recaser quelqu'un dans la cité du Marsupilami, l'on peut toujours compter sur le maître à jouer des mercatos belges, Mogi Bayat.

Ce dernier a ses entrées au FC Nantes et parvient à l'y recaser, même si avant de parapher un engagement jusqu'en 2024 avec les Canaris, Rémy Descamps pris ses renseignements auprès de deux futurus anciens camarades connaissant bien le club de Loire-Atlantique."J'en ai parlé à Guillaume Gillet et Joris Kayembe qui m'ont dit beaucoup de bien du stade et des installations. Que c'était top et que j'allais m'éclater. Ça change de Charleroi, où les conditions étaient difficiles.", expliquait-il à son arrivée à La Beaujoire.

Peu loquace lors de cette présentation à Nantes, l'ancien titi parisien est revenu sommairement sur son expérience mitigée en Begique. "Je n'ai pas joué la première saison. Lors de la seconde, j'ai commencé à jouer en décembre mais je restais en suspens. La hiérarchie avec Penneteau n'était pas très acté par l'entraîneur. J'ai manqué de régularité. Par la suite, j'étais vraiment numéro 1 et plus confiant. Malheureusement, on n'a pas réussi à se qualifier pour les play-offs", expliquait-il avec peu d'enthousiasme.

A Charleroi, Rémy Descamps n'est pas parvenu à prendre la succession de Nicolas Penneteau., belga
A Charleroi, Rémy Descamps n'est pas parvenu à prendre la succession de Nicolas Penneteau. © belga

Il débarque en Loire-Atlantique comme un numéro 2 bis, pour citer Kombouaré, qui doit entrer en concurrence avec Denis Petric et prendre place en alternance sur le banc. Mais au moment de choisir celui qui enfilera les gants pour les matches de Coupe, c'est finalement le Nordiste que celui qui fut aussi l'entraîneur du PSG choisira. Avec la réussite que l'on connaît. "Je suis un gardien moderne, c'est-à-dire grand avec un bon jeu au pied, je dois encore progresser dans le jeu aérien je pense. C'est ainsi que je décrirai mon style de jeu.", indiquait Descamps lors de sa présentation à Nantes. Une qualité au pied qui aura fait ricaner pas mal de supporters carolos qui ne le trouvaient pas spécialement brillant dans ce domaine.

En attendant, et malgré les critiques et les doutes sur sa capacité à réussir dans un club de Ligue 1, Rémy Descamps a réussi à prouver sa valeur en Coupe de France, l'une des plus belles scènes du football hexagonal. Il espère évidemment être de la partie sur la pelouse du stade de France, mais retrouvera son rôle de second couteau dès ce week-end. Un aller-retour de la lumière à l'ombre auquel il s'est habitué et qu'il prend désormais avec philosophie. "Bien sûr, je sais ce que je veux sur le long terme, je suis fixé dessus. Je sais aussi qu'Alban (Lafont) est indétrônable pour le moment. Il réalise de très bonnes performances. Il n'y a aucun souci là-dessus. À moi de travailler à l'entraînement pour pouvoir faire douter le coach. Quand on ne joue pas, ce n'est pas évident au niveau du mental, de la confiance. Mais il faut rester focus sur les objectifs à long terme et garder le cap.", confiait-il en février à Ouest France.

En attendant, le FC Nantes a pu prendre la clé Descamps pour s'offrir une chance de renouer avec le gain d'un trophée. Le dernier remonte à la Coupe de la Ligue en 2004 et la dernière Coupe de France date de 2000. Une éternité pour un club dont le football chorégraphié de Coco Suaudeau et Raynald Denoueix a fait vibrer les amateurs du football français dans les années 90.

Les finales, Rémy Descamps connaît ça. Même s'il doit remonter à son adolescence pour en revivre une. C'était lorsqu'il évoluait dans l'équipe U19 du PSG, une équipe où les jeunes gardiens se sont succédés sans qu'aucun ne puisse prendre place entre les perches de l'équipe première.Nous sommes en 2016 à Nyon et les Parisiens affrontent Chelsea (avec un certain Mason Mount qui est monté à l'heure de jeu), en finale de la Youth League. Les Bluesavaient battu Anderlecht au tour précédent 3-0. Le PSG s'était offert le scalp du Real Madrid. Pour cet épilogue en Suisse à proximité du siège de l'UEFA, Paris aligne une équipe avec quelques joueurs qui se sont ensuite imposés dans de très bons clubs européens, mais aucun au Parc des Princes. Dans la défense devant Rémy Descamps, on retrouve un certain Fodé Ballo-Touré, désormais doublure de Theo Hernandez au Milan AC, après des passages à Lille et à Monaco. Dans l'entrejeu, Christopher Nkunku, l'un des hommes forts du RB Leipzig, est le maître à jouer. Sur le banc, se trouvent aussi un Dan-Axel Zagadou parti depuis au Borussia Dortmund ou un Jordan Ikoné, champion de France l'an dernier avec Lille avant de rejoindre la Fiorentina cet hiver. Titulaire en attaque lors de cette finale qui sera finalement perdue 1-2 par les Français, on retrouvait un certain Jean-Kévin Augustin, désormais au FC Nantes, tout comme Rémy Descamps. Le gardien a rejoint la Beaujoire l'été dernier en profitant des liens étroits qui existent avec Charleroi, son ancien club, grâce à la présence d'un certain Mogi Bayat comme nouvel homme de confiance de Waldemar Kita, le président contesté des Canaris. Si Augustin n'était pas présent sur la feuille de match de cette demi-finale de Coupe de France contre l'AS Monaco de Philippe Clement et d'Eliot Matazo, Rémy Descamps prenait lui bien place entre les perches nantaises, alors que son entraîneur n'avait décidé qu'au dernier moment du nom de son titulaire du jour. Malgré l'importance de l'enjeu, Antoine Kombouaré n'a pas fait appel au titulaire habituel des Canaris Alban Lafont. Il faut dire que la doublure nantaise fait plutôt office de porte-bonheur en Coupe de France puisqu'en quatre titularisations avant ce match contre Monaco, elle avait su garder ses filets inviolés. Mais l'équipe du Rocher était évidemment d'une autre trempe que les précédents adversaires et Descamps a concédé deux buts lors de ce match. C'est tout d'abord le défenseur chilien Guillermo Maripan qui prenait le portier nantais à défaut après 12 minutes de jeu. Une entame de match parfaite pour les ouailles de Philippe Clement, qui avait gardé Matazo sur le banc, mais qui n'allait durer que 9 minutes avant l'égalisation des locaux aidés par un auto-but du taulier monégasque Djibril Sidibé. A un quart d'heure du terme, Samuel Moutoussamy pensait offrir la qualification aux Nantais, mais c'était sans compter sur la réaction éclaire des Monégasques qui allaient profiter du relâchement de leurs hôtes pour recoller au score seulement deux minutes plus tard par l'entremise du réserviste néerlandais Myron Boadu, monté au jeu quatre minutes auparavant. Descamps, que l'on avait parfois senti hésitant pendant le duel, aurait pu faire un peu mieux sur les deux buts qu'il a concédés. Mais il allait pouvoir montrer sa force mentale avec la toujours stressante séance de tirs au but qui allait lui permettre de s'ériger en héros du peuple de la Beaujoire.Il allait s'interposer de façon magistral sur l'envoi du pourtant très efficace Wissam Ben Yedder avant qu'Aurélien Tchouaméni ne loupe la cible. L'ancien gantois Moses Simon s'élançait sur la quatrième tentative nantaise et offrait le stade de France à ses couleurs. Interrogé par les médias après cette qualification, Rémy Descamps est revenu sur sa prestation. "Il faut répondre présent le jour J. J'ai travaillé comme d'habitude avec la préparatrice mentale. Je savais que le match allait être compliqué", expliquait l'un des héros des Canaris. "C'est à moi de prendre le maximum d'infos pour essayer d'aller au bon endroit, leur mettre la pression. C'est ce que j'ai fait dès le premier tir au but, je suis entré dans la tête de Ben Yedder. Ça a payé, je la sors bien et ils ont la pression derrière. Le public a bien poussé aussi derrière. Tout nous a réussis.", expliquait ensuite à la presse le gardien de 25 ans. "J'avais les infos comme quoi il croisait ses penaltys. Au vu de sa prise d'élan, j'ai décidé de plonger à gauche, et ça nous a réussis. Il n'a pas croisé. C'est aussi l'instinct qui m'a fait aller de côté là."Son entraîneur est aussi revenu sur sa prestation en conférence de presse. "Je pense que Rémy peut faire beaucoup mieux, notamment sur les deux buts. Mais il a été très costaud, mentalement, car il a été très bon dans la séance de tirs au but. Il méritait de jouer, il avait été très bon, avant. Mais ça ne veut rien dire pour la finale.", estimait Antoine Kombouaré.Descamps risque-t-il donc d'être privé de l'apothéose finale ? Une situation qui est déjà arrivée par le passé à certaines doublures autorisées à défendre les filets de leurs clubs lors du parcours en Coupe mais contraintes de s'effacer au profit du titulaire habituel lorsqu'un trophée était en jeu. Mais qu'il soit présent ou pas pour défendre les filets nantais le 8 mai prochain au stade de France, Descamps n'entend pas oublier cette folle soirée du 2 mars 2022. "Je garderai ce match en tête toute ma vie. Le peuple nantais a beaucoup souffert l'année dernière, et je suis très content d'emmener Nantes en finale de la Coupe de France.", a-t-il confié encore sur son nuage.Les doutes concernant les aptitudes de Rémy Descamps continuent donc de rester. Il faut dire que l'homme de 25 ans peine à s'imposer comme numéro 1 d'une équipe malgré son passé au sein des catégories d'âge du PSG. Le natif de Marcq-en-Baroeul, en banlieue lilloise, n'a en effet joué que 61 matches de championnat professionnel dans sa carrière, mais il ne regrette pas pour autant d'être resté un bon moment à Paris. "J'ai profité des conseils dispensés par Kevin Trapp, Salvatore Sirigu, puis Alphonse Areola et par la suite Gianluigi Buffon. J'ai également eu la chance d'être gardien numéro 3 lors de prestigieuses rencontres de Champions League, notamment au Camp Nou (FC Barcelone), à Santiago-Bernabéu (Real Madrid), au Celtic Park (Celtic Glasgow) ou bien à l'Emirates Stadium (Arsenal). Même si l'espoir de disputer la rencontre était mince, j'ai grappillé le moindre détail pour enrichir mon approche de la compétition.", confiait-il au site officiel du PSG. Le club de la Ville Lumière l'a prêté à deux reprises. Tout d'abord à Tours, pensionnaire de Ligue 2, lors de la saison 2017-2018 où il est devenu titulaire au mois de janvier et a disputé 19 rencontres. Ces performances lui ont offert une autre location du côté de Clermont lors de l'exercice suivant. Là-bas, il disputera sa première saison pleine (et toujours sa dernière) avec 28 matches en championnat. Les yeux de Charleroi, toujours prêts à flairer les bonnes affaires dans l'antichambre de l'élite du football français, pensent dénicher la bonne pioche amenée à prendre la succession d'un Nicolas Penneteau, vieillissant même s'il a conservé quelques beaux restes.Libre de tout contrat, Descamps débarque donc pour trois ans au Pays Noir lors de l'été 2019 et passe sa première saison dans l'ombre de son vétéran de compatriote qui a joué un rôle important dans la bonne saison de Charleroi. L'année qui suit (et donc celle qui vient de s'écouler), les hommes de Karim Belhocine réussissent un début d'exercice parfait avant de sombrer par la suite. Les contre-performances s'enchaînent et les approximations de Penneteau aussi. Le T1 zébré décide alors d'accorder sa chance à Descamps dans le costume du numéro 1. Mais dans une équipe qui ne tourne pas rond, l'ancien titi fait parfois preuve de suffisance et ses prestations sont loin de convaincre grand monde, même s'il avouait à La Libre Belgique "qu'il avait voulu en faire de trop lors de ses premiers matches". A la fin de la saison, et malgré douze rencontres jouées consécutivement, il apparaît évident que malgré qu'il lui reste encore un an de contrat, Descamps ne sera pas le prochain numéro 1 du Sporting zébré. Ce dernier fait déjà les yeux doux à Hervé Koffi et quand il faut recaser quelqu'un dans la cité du Marsupilami, l'on peut toujours compter sur le maître à jouer des mercatos belges, Mogi Bayat. Ce dernier a ses entrées au FC Nantes et parvient à l'y recaser, même si avant de parapher un engagement jusqu'en 2024 avec les Canaris, Rémy Descamps pris ses renseignements auprès de deux futurus anciens camarades connaissant bien le club de Loire-Atlantique."J'en ai parlé à Guillaume Gillet et Joris Kayembe qui m'ont dit beaucoup de bien du stade et des installations. Que c'était top et que j'allais m'éclater. Ça change de Charleroi, où les conditions étaient difficiles.", expliquait-il à son arrivée à La Beaujoire.Peu loquace lors de cette présentation à Nantes, l'ancien titi parisien est revenu sommairement sur son expérience mitigée en Begique. "Je n'ai pas joué la première saison. Lors de la seconde, j'ai commencé à jouer en décembre mais je restais en suspens. La hiérarchie avec Penneteau n'était pas très acté par l'entraîneur. J'ai manqué de régularité. Par la suite, j'étais vraiment numéro 1 et plus confiant. Malheureusement, on n'a pas réussi à se qualifier pour les play-offs", expliquait-il avec peu d'enthousiasme.Il débarque en Loire-Atlantique comme un numéro 2 bis, pour citer Kombouaré, qui doit entrer en concurrence avec Denis Petric et prendre place en alternance sur le banc. Mais au moment de choisir celui qui enfilera les gants pour les matches de Coupe, c'est finalement le Nordiste que celui qui fut aussi l'entraîneur du PSG choisira. Avec la réussite que l'on connaît. "Je suis un gardien moderne, c'est-à-dire grand avec un bon jeu au pied, je dois encore progresser dans le jeu aérien je pense. C'est ainsi que je décrirai mon style de jeu.", indiquait Descamps lors de sa présentation à Nantes. Une qualité au pied qui aura fait ricaner pas mal de supporters carolos qui ne le trouvaient pas spécialement brillant dans ce domaine. En attendant, et malgré les critiques et les doutes sur sa capacité à réussir dans un club de Ligue 1, Rémy Descamps a réussi à prouver sa valeur en Coupe de France, l'une des plus belles scènes du football hexagonal. Il espère évidemment être de la partie sur la pelouse du stade de France, mais retrouvera son rôle de second couteau dès ce week-end. Un aller-retour de la lumière à l'ombre auquel il s'est habitué et qu'il prend désormais avec philosophie. "Bien sûr, je sais ce que je veux sur le long terme, je suis fixé dessus. Je sais aussi qu'Alban (Lafont) est indétrônable pour le moment. Il réalise de très bonnes performances. Il n'y a aucun souci là-dessus. À moi de travailler à l'entraînement pour pouvoir faire douter le coach. Quand on ne joue pas, ce n'est pas évident au niveau du mental, de la confiance. Mais il faut rester focus sur les objectifs à long terme et garder le cap.", confiait-il en février à Ouest France.En attendant, le FC Nantes a pu prendre la clé Descamps pour s'offrir une chance de renouer avec le gain d'un trophée. Le dernier remonte à la Coupe de la Ligue en 2004 et la dernière Coupe de France date de 2000. Une éternité pour un club dont le football chorégraphié de Coco Suaudeau et Raynald Denoueix a fait vibrer les amateurs du football français dans les années 90.