"C'est un match particulier", avoue cet attaquant complet de 26 ans, avant la première journée de Ligue des champions. "Je suis heureux de jouer contre mon ex-équipe, et ça donne envie de bien jouer".

Arrivé à Dortmund en 2018, l'Espagnol est en train de devenir une sorte de "Ballon d'or des débuts de saison": l'an dernier, il avait marqué 11 buts lors de ses sept premiers matches, toutes compétitions confondues! Cette saison, il a marqué au moins une fois à chacune de ses sorties, avec Dortmund et avec l'Espagne.

Sous le maillot de la Roja, il a frappé trois fois la semaine dernière, une fois contre la Roumanie (2-1) et deux contre les Iles Féroé (4-0).

"C'est un privilège de l'avoir", se félicite son sélectionneur Robert Moreno.

"Je ne regrette rien"

A chacun de ses buts, l'Espagnol de 26 ans se signe, lève les bras, index tendus, et regarde le ciel. Il communie avec son père Francisco, foudroyé à 44 ans par une crise cardiaque en quittant le stade où il venait de voir jouer son fils pour la deuxième fois en équipe première avec Valence. Paco avait 17 ans.

Choyé comme une star en devenir dans le club de sa jeunesse, Alcacer a cru pouvoir viser plus haut en rejoignant Barcelone dès l'âge de 23 ans. Mauvais choix. Barré par la MSN (Messi/Suarez et Neymar lors de sa première saison), il a surtout joué des bouts de matches pendant deux ans.

Et après des débuts internationaux prometteurs en 2014/2015, il a été peu à peu oublié par le sélectionneur, manquant l'Euro-2016 en France puis le Mondial-2018 en Russie.

"Mais je ne regrette rien", assure aujourd'hui ce garçon lucide et réaliste. "Partir pour Barcelone a été une grande expérience pour moi et l'occasion de beaucoup apprendre dans le football. Je suis jeune et je suis convaincu que tout ce qui m'arrive peut m'aider, dans les bonnes situations comme dans les moins bonnes."

"Erreur historique"

Depuis août, il semble inarrêtable. "Je suis en confiance, je m'entends bien avec mes coéquipiers et c'est un plus sur le terrain", dit-il simplement pour expliquer son pic de forme. "La confiance est primordiale. Si tu la perds, tu deviens un autre joueur".

La confiance, Dortmund la lui a accordée, puisque le club a levé l'option d'achat de 23 millions d'euros pour s'attacher définitivement ses services, après une année de prêt de Barcelone.

"Il ressent le football", dit de lui l'entraîneur Lucien Favre. "Il est toujours là où un attaquant doit être", renchérit son gardien de but Roman Bürki, plein d'admiration.

Pour son compatriote Fernando Torres, champion du monde 2010, "Paco est à sa façon un phénomène, peut-être pas le plus fort techniquement, le plus rapide ou le plus puissant, mais il marque toujours des buts".

Dans sa vie privée, ce jeune père d'une petite Martina de presque deux ans passe pour un homme sage, très attaché à sa famille et peu enclin aux sorties "bling bling". Son père, cueilleur d'oranges, lui a inculqué des valeurs de travail et d'humilité.

L'an dernier, le quotidien sportif de Madrid Marca avait estimé qu'avoir laissé partir "Alcacer pourrait se révéler être une erreur historique du FC Barcelone". La double confrontation en Ligue des champions avec Dortmund dira, peut-être, si la prédiction était juste.