1985. Un certain Mauro "Brasilia" Carvalho, international brésilien de futsal, débarque à Madrid pour disputer avec les siens la Coupe du monde de futsal, qu'ils remporteront face aux hôtes de la compétition. Trente-cinq ans plus tard, Mauro retrouve la capitale espagnole, mais cette fois, aux côtés de son fils, un prodige, dernière signature en date de la Casa Blanca. Son nom ? Reinier Jésus Carvalho, dit Reinier. Lors de sa présentation officielle au club en janvier dernier, l'émotion est d'ailleurs plus que palpable pour le jeunot, lorsqu'il tente de remercier sa famille pour leurs sacrifices déjà consentis pour faire fleurir sa jeune carrière. Pisté dès son plus jeune âge par les cadors européens, il ne faut à l'adolescent que cinq mois chez les pros de Flamengo pour convaincre Florentino Pérez de sortir le chéquier. En quinze matches avec les pensionnaires du Maracaña, le milieu offensif claque six buts et deux passes décisives avant d'inscrire à son palmarès un titre de champion du Brésil et, cerise sur le gâteau, une Copa Libertadores.

Sa technique racée est complétée par une vision du jeu impressionnante, faisant de lui un véritable playmaker grâce à ses passes précises et efficaces.

Dans un pays où l'art du dribble et de la technique balle au pied sont rois, le jeune talent parvient à se distinguer. Ces qualités toutes brésiliennes sont complétées par une vision du jeu impressionnante, faisant de lui un playmaker indiscutable grâce à ses passes précises et efficaces. Véritable meneur de jeu, il porte le brassard de capitaine lors de performances remarquées avec le maillot de la Seleçao des U17. D'abord formé comme médian à vocation plutôt défensive, Reinier se révèle finalement comme un pion plutôt offensif, voire un indispensable numéro 10. Inspiré pas son idole absolue, Zinédine Zidane, il avoue tout de même ne jamais l'avoir vu jouer en direct : "Mon père me montrait des vidéos de lui et j'essayais toujours d'imiter ses mouvements. Si j'arrive à 1% de ce qu'il était comme joueur, je serai déjà content."

Reinier, lors de sa présentation au Real., belga
Reinier, lors de sa présentation au Real. © belga

Comparé à Kakà

Et si cet objectif avait déjà été atteint, après un transfert au Real Madrid à tout juste 18 ans et une comparaison avec le grand Kakà, dernier Brésilien ayant raflé le Ballon d'Or ? Grand, Reinier l'est aussi, du moins pour un joueur de son âge évoluant à cette position sur le terrain. Du haut de son mètre 85, son agilité et sa manière de se mouvoir rappelle la période de gloire de la légende de Gama, lorsqu'elle dansait sur la pelouse du San Siro. Sous l'aile du technicien portugais Jorge Jésus, désormais adulé à Rio, Reinier se découvre un instinct de buteur et sa polyvalence en attaque lui forge un profil atypique, qui ne manque pas de taper une fois de plus dans l'oeil du PSG, de l'Atlético et du Real Madrid.

Reinier sera probablement amené à combler les incertitudes planant autour de Marco Reus, un peu trop régulièrement victime de blessures.

L'influence et l'aura de ZZ joue un rôle déterminant dans le choix du numéro 10 de rejoindre l'armada brésilienne déjà bien présente chez les Merengues malgré un quota déjà saturé de joueurs extra-communautaires. Acheté pour trente millions d'euros, montant de sa clause libératoire, revue à la baisse après la prolongation de son contrat à Flamengo quelques temps plus tôt, Reinier signe pour six ans, soit jusqu'en 2026, à la Casa Blanca. Là-bas, il est d'abord prié, comme convenu, d'évoluer en D3 avec la Castilla, l'équipe B du Real, avant d'intégrer peu à peu l'équipe première, comme ont pu le faire ses jeunes compatriotes, Vinicius Junior et Rodrygo.

Mais pour parfaire son éclosion dans un championnat relevé, le Real préfère prêter son joyau. Alors que de nombreuses rumeurs l'envoyaient en prêt aux quatre coins de l'Espagne, l'aventure européenne commence finalement au Borussia Dortmund, où il rejoint le trio belge Witsel-Hazard-Meunier pour deux saisons. Grâce à sa brazilian touch, Reinier sera probablement amené à combler les incertitudes planant autour de Marco Reus, un peu trop régulièrement victime de blessures.

Chloé Vincent (st.)

1985. Un certain Mauro "Brasilia" Carvalho, international brésilien de futsal, débarque à Madrid pour disputer avec les siens la Coupe du monde de futsal, qu'ils remporteront face aux hôtes de la compétition. Trente-cinq ans plus tard, Mauro retrouve la capitale espagnole, mais cette fois, aux côtés de son fils, un prodige, dernière signature en date de la Casa Blanca. Son nom ? Reinier Jésus Carvalho, dit Reinier. Lors de sa présentation officielle au club en janvier dernier, l'émotion est d'ailleurs plus que palpable pour le jeunot, lorsqu'il tente de remercier sa famille pour leurs sacrifices déjà consentis pour faire fleurir sa jeune carrière. Pisté dès son plus jeune âge par les cadors européens, il ne faut à l'adolescent que cinq mois chez les pros de Flamengo pour convaincre Florentino Pérez de sortir le chéquier. En quinze matches avec les pensionnaires du Maracaña, le milieu offensif claque six buts et deux passes décisives avant d'inscrire à son palmarès un titre de champion du Brésil et, cerise sur le gâteau, une Copa Libertadores. Dans un pays où l'art du dribble et de la technique balle au pied sont rois, le jeune talent parvient à se distinguer. Ces qualités toutes brésiliennes sont complétées par une vision du jeu impressionnante, faisant de lui un playmaker indiscutable grâce à ses passes précises et efficaces. Véritable meneur de jeu, il porte le brassard de capitaine lors de performances remarquées avec le maillot de la Seleçao des U17. D'abord formé comme médian à vocation plutôt défensive, Reinier se révèle finalement comme un pion plutôt offensif, voire un indispensable numéro 10. Inspiré pas son idole absolue, Zinédine Zidane, il avoue tout de même ne jamais l'avoir vu jouer en direct : "Mon père me montrait des vidéos de lui et j'essayais toujours d'imiter ses mouvements. Si j'arrive à 1% de ce qu'il était comme joueur, je serai déjà content." Et si cet objectif avait déjà été atteint, après un transfert au Real Madrid à tout juste 18 ans et une comparaison avec le grand Kakà, dernier Brésilien ayant raflé le Ballon d'Or ? Grand, Reinier l'est aussi, du moins pour un joueur de son âge évoluant à cette position sur le terrain. Du haut de son mètre 85, son agilité et sa manière de se mouvoir rappelle la période de gloire de la légende de Gama, lorsqu'elle dansait sur la pelouse du San Siro. Sous l'aile du technicien portugais Jorge Jésus, désormais adulé à Rio, Reinier se découvre un instinct de buteur et sa polyvalence en attaque lui forge un profil atypique, qui ne manque pas de taper une fois de plus dans l'oeil du PSG, de l'Atlético et du Real Madrid. L'influence et l'aura de ZZ joue un rôle déterminant dans le choix du numéro 10 de rejoindre l'armada brésilienne déjà bien présente chez les Merengues malgré un quota déjà saturé de joueurs extra-communautaires. Acheté pour trente millions d'euros, montant de sa clause libératoire, revue à la baisse après la prolongation de son contrat à Flamengo quelques temps plus tôt, Reinier signe pour six ans, soit jusqu'en 2026, à la Casa Blanca. Là-bas, il est d'abord prié, comme convenu, d'évoluer en D3 avec la Castilla, l'équipe B du Real, avant d'intégrer peu à peu l'équipe première, comme ont pu le faire ses jeunes compatriotes, Vinicius Junior et Rodrygo. Mais pour parfaire son éclosion dans un championnat relevé, le Real préfère prêter son joyau. Alors que de nombreuses rumeurs l'envoyaient en prêt aux quatre coins de l'Espagne, l'aventure européenne commence finalement au Borussia Dortmund, où il rejoint le trio belge Witsel-Hazard-Meunier pour deux saisons. Grâce à sa brazilian touch, Reinier sera probablement amené à combler les incertitudes planant autour de Marco Reus, un peu trop régulièrement victime de blessures. Chloé Vincent (st.)