L'été dernier, James Rodriguez (23 ans) a quitté l'AS Monaco pour le Real Madrid contre 80 millions. Ses nouveaux coéquipiers le connaissaient surtout grâce au Mondial brésilien. Le numéro dix colombien était le meilleur réalisateur du tournoi avec six buts, quatre du gauche, un du droit, un de la tête. Sa superbe reprise de volée contre l'Uruguay a fait le tour du monde. Il a remporté le FIFA Puskas Award qui récompense le but le plus esthétique du monde. Mais Rodriguez est capable de beaucoup plus encore, comme il l'a montré à Valdebebas. Au fil de la saison, il a gagné le respect de ses coéquipiers et du staff technique. Ce soir, le Real compte sur lui au match retour des demi-finales de la Ligue des Champions, pour trouver des brèches dans le fort turinois.

Ceux qui pensaient que le Real avait enrôlé un footballeur de salon ont dû revoir leur copie. Le Colombien au visage de bébé se révèle polyvalent. Il est également un atout en défense. Son nom figure dans le top cinq du club dans presque toutes les catégories. Après le fameux BBC (Bale, Benzema, Cristiano), c'est lui a marqué le plus de buts, 16 toutes compétitions confondues, et c'est lui qui tente le plus souvent sa chance. Après CR7, c'est lui qui délivre le plus d'assists (12). Plus étonnant, après Toni Kroos (9,96 kilomètres) et Gareth Bale (9,25), il est le plus gros travailleur du championnat espagnol : il court en moyenne 9,07 kilomètres par match. Il récupère souvent le ballon et il n'est pas inférieur à Luka Modric au nombre de tacles : 1,5 par partie.

"Normalement, les joueurs de talent sont puissants parce que certaines fibres musculaires sont prédominantes dans leur corps. James est talentueux mais aussi très résistant physiquement. Cette anomalie l'aide à évoluer dans l'entrejeu, qui requiert des efforts plus conséquents", explique Carlo Ancelotti. Suite à l'indisponibilité provisoire de Bale et de Benzema, Ancelotti est passé au 4-4-2 avec Cristiano Ronaldo et Chicharito en pointe. Bale étant revenu la semaine dernière contre la Juventus, l'avant mexicain a rejoint le banc. Rodriguez évolue à droite de l'entrejeu en 4-4-2. Depuis le forfait de Modric, on compte sur lui, comme sur Isco à gauche, pour la créativité. En quarts de finale, contre l'Atletico, il a adressé un ballon parfait à Cristiano Ronaldo, qui a ainsi pu offrir à Chicharito le but synonyme de qualification. La semaine dernière, contre la Juventus, CR7 a inscrit son 76e but en Ligue des Champions sur passe de Rodriguez. Le Colombien se meut intelligemment entre les lignes et bien qu'il ne soit pas rapide, son jeu de position lui permet généralement de devancer ses adversaires directs. En plus, il a le sens du but. Comme s'il n'était pas assez parfait comme ça, ses coéquipiers louent sa modestie, une qualité qui le distingue évidemment d'une grande partie des footballeurs du Real.

Par Steve Van Herpe