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Quitte ou double pour Michel Platini

Michel Platini présidera-t-il l’UEFA au coup d’envoi de l’Euro-2016 en France, le 10 juin ? C’est le Tribunal arbitral du sport de Lausanne qui décidera, un tribunal devant lequel le Français plaide sa cause depuis 08h00 vendredi pour obtenir la levée de sa suspension de six ans par la Fifa.

« Aujourd’hui c’est le début du match, un nouveau match, une finale, et on est tous sur la même ligne, avait déclaré Platini avant d’entrer dans le TAS, vers 07h30. Je suis optimiste, on va gagner ».

« L’audience Platini-Fifa a débuté à l’heure, à 08h00 ce matin », a déclaré Mathieu Reeb, le secrétaire général du TAS, la plus haute juridiction sportive internationale, quelques minutes après l’arrivée de l’ancien N°10. « Nous aurons besoin d’une journée complète d’audience et je ne m’attends pas à ce qu’une décision soit prise aujourd’hui », a-t-il ajouté, en soulignant ne pas savoir « quand sera disponible cette décision ».

« Aujourd’hui, c’est la dernière phase d’instruction du dossier », a insisté M. Reeb, en précisant que « les experts et témoins convoqués vont répondre aux questions qu’on leur posera et que dans l’après-midi nous aurons les plaidoiries des avocats ».

Le 21 décembre le Français a été suspendu pour huit ans par la justice interne de la Fifa, et privé donc de toute activité liée au football, peine réduite à six ans en appel en février.

Blatter témoin, à charge ?

Mis en cause à la suite de la révélation d’un paiement de 1,8 million d’euros reçu en 2011 de la Fifa, pour rémunérer un travail de conseiller de Joseph Blatter, alors président, Platini avait été jugé coupable par la Fifa « d’abus de position », de « conflit d’intérêts » et de « gestion déloyale ». Seule la charge de « corruption » avait été écartée.

Ce paiement suspect avait été dévoilé en septembre. Suspect car très en retard: le paiement était en effet intervenu neuf ans plus tard, pour un travail effectué en 2002, sans aucun contrat écrit. Ceux qui étaient alors les deux hommes les plus puissants de la planète football ont toujours affirmé qu’il s’agissait d’un solde de tout compte sur la base d’un contrat oral, engagement reconnu en Suisse.

Blatter, lui aussi suspendu six ans par la Fifa, pour ce dossier mais aussi pour une affaire de droits TV cédés à un tarif jugé trop bas, sera également présent entre les murs du TAS vendredi. Mais en tant que témoin, appelé à la barre à la demande de la Fifa.

Une situation qui semble pour le moins paradoxale, où l’un des deux condamnés par la Fifa est donc appelé à témoigner pour justifier la sanction prise contre son co-accusé. Pour le camp Platini, il est à craindre que ce témoignage soit à charge.

Le sort de Platini est donc maintenant entre les mains des trois arbitres du TAS. Chaque partie (la Fifa et Platini) en a désigné un, puis ces deux experts en ont nommé un troisième, comme président. Leur décision est cruciale pour Michel Platini: si le TAS casse la suspension de l’ancien N°10, il retrouvera son fauteuil de président de l’UEFA pour l’Euro organisé dans son pays. Si par contre le tribunal confirme la suspension de six ans de l’ancien Turinois, l’UEFA se retrouvera de facto sans patron. A charge alors pour elle de se choisir en urgence un nouveau président si elle ne veut pas être représentée par un intérimaire.

Après le TAS, « la dernière étape possible sera un recours au Tribunal fédéral, qui ne sera pas un recours sur le fond », mais seulement sur les questions de droit, souligne M. Reeb.

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