Le nom de Jakub Kiwior ne vous évoque probablement pas grand chose. En effet, à moins d'être un suiveur assidu des équipes d'âge d'Anderlecht, ce jeune Polonais est relativement inconnu du grand public. Il vient pourtant de connaître sa première cap, samedi dernier, à l'occasion du déplacement de sa sélection nationale aux Pays-Bas. Kiwior, qui évolue à La Spezia, était aligné au sein de la charnière centrale aux côtés de Jan Bednarek, qui porte les couleurs de Southampton. Ce gaucher, capable d'évoluer aussi comme latéral ou comme milieu défensif, s'en est plutôt bien sorti en restant pendant 90 minutes sur la pelouse, même si les Oranje sont parvenus à tromper par deux fois la vigilance de l'arrière garde des Aigles Blancs. Ces derniers auraient cependant pu s'incliner si leurs hôtes n'avaient pas raté la conversion d'un pénalty.
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Le nom de Jakub Kiwior ne vous évoque probablement pas grand chose. En effet, à moins d'être un suiveur assidu des équipes d'âge d'Anderlecht, ce jeune Polonais est relativement inconnu du grand public. Il vient pourtant de connaître sa première cap, samedi dernier, à l'occasion du déplacement de sa sélection nationale aux Pays-Bas. Kiwior, qui évolue à La Spezia, était aligné au sein de la charnière centrale aux côtés de Jan Bednarek, qui porte les couleurs de Southampton. Ce gaucher, capable d'évoluer aussi comme latéral ou comme milieu défensif, s'en est plutôt bien sorti en restant pendant 90 minutes sur la pelouse, même si les Oranje sont parvenus à tromper par deux fois la vigilance de l'arrière garde des Aigles Blancs. Ces derniers auraient cependant pu s'incliner si leurs hôtes n'avaient pas raté la conversion d'un pénalty.La Belgique a peut-être enfin donné un petit coup de pouce à ce joueur de 22 ans. La débâcle historique (6-1) subie par la Pologne contre les Diables rouges, trois jours auparavant, a sans doute joué un rôle dans sa titularisation à Rotterdam. Jakub Kiwior s'est donc retrouvé à la place de Kamil Glik, 34 ans, le monument Bialo-czerwoni qui compte 93 apparitions. Jakub Kiwior a vu le jour le 15 février 2000 à Tychy, ville située dans la région administrative de Silésie et connue pour être un des lieux de production de la Fiat 500. La ville brasse aussi une bière, la Tyskie.Est-ce que ce lien avec un breuvage houblonné l'a naturellement poussé vers un club dont la famille de l'ancien président fut à l'origine de la brasserie Belle-Vue ? Toujours est-il qu'après avoir été formé au GKS Tysty, l'équipe de sa localité natale, Kiwior débarque en 2016 à Neeperde. En Pologne, celui qu'on surnomme Kuba (le diminutif de Jakub), a découvert le football grâce à son père qui l'a emmené à une séance d'entraînement du club paroissial de Chrzciciel Tychy, alors qu'il n'avait que quatre ans. Krzysztof Berger, son premier entraîneur va l'emmener avec lui deux ans plus tard dans le club Grom, qu'il a fondé.Kiwior a été placé dans un groupe avec des garçons âgés de trois ans de plus que lui. "Je l'ai aligné dans le couloir gauche où il était notre "petit robot". Il avait une superbe frappe du pied gauche et il a marqué beaucoup de buts grâce à elle. Un vrai cadeau", se remémore Berger pour le média polonais Super Express.Cette patte gauche redoutable va lui valoir un surnom : "Roberto Carlos" ! Kuba avait aussi le "caractère combattif" du latéral brésilien qui fit les beaux jours du Real Madrid. Krzysztof Berger explique aussi que le jeune homme était très sérieux et très ponctuel. "S'il avait ne serait-ce qu'une minute de retard à une séance d'entraînement, il ne voulait pas entrer sur le terrain. Il était têtu. Parfois, je regardais mon père lutter pour le persuader de participer à l'entraînement", se souvient un Berger, plutôt hilare au moment de raconter l'anecdote.Lors qu'il pose ses valises à Anderlecht en juillet 2016, les commentaires à l'égard du jeune défenseur sont d'ailleurs élogieux. Après les tests auxquels Kiwior a participé à Bruxelles quelques mois avant sa venue définitive, on écrit qu'il est encore meilleur que ce que l'on en disait. Dans un article de l'époque, l'on peut notamment lire que le Polonais "est considéré comme l'espoir de son pays car il possède toutes les qualités d'un défenseur moderne : l'agilité, la vitesse, la force (il mesure 186 cm à 16 ans), une bonne lecture de jeu et une très belle technique, avec notamment une belle frappe du pied gauche."C'est Michel Thiry qui est à l'origine de sa venue dans le club le plus titré du Royaume. L'homme connaît bien le marché polonais, puisqu'il gérait des intérêts d'un autre joueur ayant laissé un excellent souvenir au Parc Astrid : Marcin Wasilewski. L'homme aux longs cheveux blonds cachés sous un bandana a même été commentateur dans ce pays pour la chaîne SportKlub, qui appartient à Canal + Pologne. Pour Thiry, les qualités de Kiwior étaient évidentes, comme il l'expliquait à La Dernière Heure dernièrement :"Ses qualités, notamment sa force, sa taille, sa vitesse et son excellent pied gauche, étaient déjà présentes lorsqu'il est arrivé à Anderlecht" "C'est une promesse qui n'a que seize ans, il est gaucher et il n'a pas le même style que Marcin. J'aime beaucoup son calme, son sang-froid et sa maturité"", analysait l'agent belge au moment de présenter son poulain en 2016. Ce dernier évoquait pour sa part les raisons de son choix en faveur des Mauves : "Je suis très heureux de signer ici. Il y avait de l'intérêt de grands clubs polonais et du Borussia Dortmund. Anderlecht a été le premier à s'intéresser à moi puis à faire une offre. Je ne voulais pas aller ailleurs.""On ne peut que lui souhaiter d'avoir le même palmarès que Marcin dans sa carrière", rajoutait de son côté Michel Thiry. Si l'on ne peut pas encore dire quel sera le palmarès de Kiwior lorsqu'il rangera les crampons, il n'égalera en tout cas pas celui de Wasyl au Parc Astrid. Il n'a disputé aucune rencontre avec l'équipe première bruxelloise, comme d'autres joueurs étrangers arrivés très jeunes à Neerpede. Avant l'éclosion du Norvégien Kristian Arnstad lors des derniers Play-offs, il fallait remonter à Edo Kayembépour trouver trace d'un bambin mauve perçant en équipe première avec une autre nationalité que la Belge.Lors de la saison 2016-17, René Weiler l'avait invité à participer aux entraînements des A, mais le Suisse, qui ne l'estimait pas encore prêt pour ce niveau, le renverra ensuite avec les U21 où il restera jusqu'en 2019 (Hein Vanhaezebrouck ne lui a pas non plus donné sa chance), avant de partir librement. Anderlecht recevra cependant 10.000 euros de frais de formation pour un joueur dans lequel il ne croyait pas vraiment. Difficile de dire pourquoi, Jakub Kiwior ne s'est pas totalement épanoui dans la capitale belge. Le garçon est pourtant resté sérieux pendant ces années. Il envisageait que son avenir ne puisse pas se dessiner dans le football professionnel. Il a donc continué de suivre des cours par correspondance avec une école de son pays pour décrocher son diplôme. A Bruxelles, Kiwior n'a pas toujours eu le temps d'étudier comme l'explique le média polonais Gol24. Il se levait à 6 h 30 pour suivre, à 8h20, les cours dans une école francophone, avec le néerlandais comme langue supplémentaire. Après cela, il rentrait à la maison pour se préparer en vue de la séance d'entraînement de 18 heures, qui durait généralement jusqu'à 22 heures. Les mercredis, les cours se terminaient à midi avant d'enchaîner avec deux séances d'entraînement. Après son passage à Anderlecht, Kiwior va rebondir au sein du modeste FK Zeleziarne Podbrezova, club du championnat slovaque qui lutte pour éviter la rélégation. Après six mois, 16 rencontres et un but , le défenseur cental convainc le plus réputé MSK Zilina de dépenser 250.000 euros pour le faire venir. Un investissement qui va s'avérer judicieux puisqu'il sera revendu pour quasiment dix fois ce prix à Spezia, l'été dernier (2,2 millions d'euros).Chez le septuple vainqueur du championnat slovaque, Kiwior devient indiscutable dans l'axe de la défense. Il ne remportera aucun trophée, malgré un titre de vice-champion et une finale de la Coupe nationale. Il disputera 61 matches en deux saisons pour le MSK, marquera 4 fois et donnera 5 passes décisives, grâce à ses qualités de relanceur. Ce sont ces dernières qui vont probablement convaincre Spezia de le transférer.Le Polonais n'a pas éprouvé de difficultés à s'adapter à une compétition italienne bien plus exigeante que la Slovaque. Il est apparu à 22 reprises en Serie A et a disputé 61% du temps de jeu possible. Cependant, après une première dans la charnière centrale, contre l'Inter, où il se distingue négativement en provoquant un pénalty suite à une faute de main, il est replacé au milieu du terrain par Thiago Motta, son entraîneur.Ses qualités défensives couplées à la précision de son pied gauche vont apporter beaucoup et l'Aquilotti va sauver sa peau au sein de la plus haute division du football transalpin. Sous contrat jusqu'en 2025 avec Spezia, Jakub Kiwior devrait cependant retrouver sa place derrière, la saison prochaine. Le directeur sportif Riccardo Pecini envisage de renforcer son entrejeu si le nouvel entraîneur, Luca Gotti est d'accord. Tout dépendra de la forme de Leo Sena dont Kiwior a repris le rôle avec succès. S'il devait encore être blessé, un nouveau joueur expérimenté devrait arriver pour épauler le jeune Aimar Sher. Que ce soit en défense centrale ou en sentinelle, la percée ratée d'Anderlecht est de toute façon loin derrière Jakub Kiwior.