Roger Claessen, le mémorable attaquant du Standard, a été le premier Belge en Bundesliga. Lors de l'été 1968, il a intégré l'Alemannia Aachen. 4.000 Liégeois franchissaient alors la frontière à chaque match à domicile de ce club de tradition, qui avait achevé la saison précédente en deuxième position, derrière le Bayern Munich. ...

Roger Claessen, le mémorable attaquant du Standard, a été le premier Belge en Bundesliga. Lors de l'été 1968, il a intégré l'Alemannia Aachen. 4.000 Liégeois franchissaient alors la frontière à chaque match à domicile de ce club de tradition, qui avait achevé la saison précédente en deuxième position, derrière le Bayern Munich. Il disputait ses matches au Tivolistadion, une arène vieillotte à l'ambiance intimidante, avec ses tribunes debout très raides. Les supporters se rappellent cette époque avec nostalgie. Une nostalgie en jaune et noir. Roger Claessen y a joué deux ans. Le club a ensuite sombré en D4, où il réside toujours. Pire, il en occupe actuellement une place synonyme de relégation. L'Alemannia a déjà connu deux faillites et est maintenant une SA. Il ne s'est pas pour autant débarrassé de ses problèmes financiers, partiellement dus à la construction du stade de 32.900 places, un des plus modernes d'Allemagne, pour un coût de cinquante millions d'euros. L'Alemannia évolue dans ce temple, désormais propriété de la ville depuis 2009. L'enceinte, qui possède son propre catering, des espaces VIP et des business seats, a sonné l'heure de son déclin. Les spectateurs ne découvrent que des places vides autour d'eux. Tous les projets de remontée au niveau professionnel ont échoué, ce n'est qu'un va-et-vient d'entraîneurs. Maintenant, le club est menacé de relégation en D5. La direction actuelle plaide toutefois en faveur de la stabilité et de la raison. Et les Belges? Ils ne se rendront sans doute plus à Aix-la-Chapelle, si ce n'est en cette période, pour le marché de Noël, considéré comme un des plus beaux d'Allemagne.